jeudi 23 novembre 2017

Ali Khamenei : l'élimination de Daech est un service rendu à toute l'humanité

Réponse du Guide Suprême Sayed Ali Khamenei à la lettre du général Qassem Soleimani annonçant la fin de Daech : 
Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Je remercie Dieu Tout-Puissant, du plus profond de mon cœur, de vous avoir béni ainsi que les efforts sincères de vos collègues contre l’entité maléfique de Daech, fondée par une puissance mondiale tyrannique, et éradiquée en Syrie et en Irak par vos mains, vous les pieux serviteurs de Dieu.

Cela ne constitue pas seulement un coup porté à ce groupe cruel et notoire qu’est Daech. C’est un coup porté à tous les hommes politiques sans scrupules qui se sont évertués à allumer les feux des guerres civiles dans la région, détruire la résistance antisioniste et affaiblir les États indépendants par l’intermédiaire des infâmes dirigeants de ce groupe usurpateur. C’est un coup porté à l’actuel gouvernement des États-Unis et au précédent, ainsi qu’à leurs régimes vassaux dans la région, qui ont créé ce groupe et ont cherché, par tous les moyens, à étendre leur hégémonie atroce en Asie occidentale pour renforcer l’emprise du régime sioniste occupant sur cette région.

En détruisant cette tumeur cancéreuse, vous avez fait une grande faveur, non seulement aux pays de la région et au monde de l’Islam, mais à toutes les nations et à toute l’humanité. 

C’est là une récompense divine, un vrai exemple du verset coranique « Ce n’est pas vous qui avez porté les coups, mais Dieu (qui l’a fait à travers vous) » [Coran, s. 8, v. 17], accordé à vous et à vos soldats en rétribution de vos efforts continus pour Dieu. 

Je vous félicite sincèrement, mais j’insiste sur la nécessité de ne pas être négligents face aux méfaits de l’ennemi. Ceux qui ont tramé et financé cette sinistre conspiration ne resteront pas les bras croisés, et ils vont essayer de la revivifier dans une autre partie de la région ou d’une autre manière. 

Il faut rester alertes et vigilants, préserver l’unité, éliminer tous les éléments dangereux et maintenir un travail culturel intelligent ; en somme, il faut rester prêts à tout.

Je prie Dieu pour qu’Il vous protège ainsi que tous les frères moudjahidines (combattants) d’Irak, de Syrie et des autres pays.

Je vous fais part à tous de toute ma gratitude et de mes meilleures salutations. 

Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur vous.

Sayed Ali Khamenei 

21 novembre 2017

mercredi 22 novembre 2017

Le général iranien Qassem Soleimani annonce la fin de Daech en Syrie et en Irak



Dans une lettre adressée au Guide Suprême de la République Islamique d'Iran Sayed Ali Khamenei le 21 novembre 2017, le commandant en chef de la Force Al-Quds (Jérusalem) du Corps des Gardiens de la Révolution Iranienne (IRGC), le Général Qassem Soleimani, responsable des opérations extérieures, a annoncé la fin de Daech en Syrie et en Irak. Ce message est retranscrit intégralement ci-dessous.

Voir la réponse de Ali Khamenei ici : http://sayed7asan.blogspot.nl/2017/11/ali-khamenei-lelimination-de-daech-est.html?m=1



Au Nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

« En vérité, nous t’avons accordé (ô Prophète Muhammad) une victoire éclatante. » [Coran, s. 48, v. 1] 

A notre cher et courageux leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Khamenei.

Paix et salutations sur vous.

Il y a six ans, un complot dangereux, semblable à ceux qui furent fomentés du temps du Commandeur des Croyants [l’Imam Ali b. Abi Talib], paix sur lui, et empêchèrent les musulmans de vraiment comprendre l’Islam pur de Muhammad, paix et bénédictions sur lui et sur sa famille, cette fois mêlé au poison du sionisme et de l’Arrogance mondiale [les Etats impérialistes], a frappé le monde islamique telle une tempête ravageant tout sur son passage. 

Cette sédition dévastatrice et infectieuse a été fomentée par les ennemis de l’Islam dans le but d’initier une guerre généralisée au sein du monde islamique et une lutte (fratricide) entre les musulmans. Ce mouvement malfaisant, sous le nom (usurpateur) d’ « État Islamique d’Irak et du Levant » (Daech), a réussi, au cours des premiers mois, à tromper des dizaines de milliers de jeunes musulmans dans les deux pays, provoquant une crise très dangereuse dans les pays influents et cruciaux pour le monde islamique que sont l’Irak et la Syrie. 

Ils ont occupé des centaines de milliers de kilomètres carrés de territoire de ces pays ainsi que des milliers de villages, de villes et de centres provinciaux ; ils ont détruit des milliers d’usines, de manufactures et de grandes infrastructures de ces pays – y compris des routes, des ponts, des raffineries, des puits, des oléoducs et gazoducs et des centrales électriques ; ils ont détruit ou brûlé des villes importantes qui abritaient de précieux monuments historiques et des civilisations nationales en les bombardant. 

Bien qu’il ne soit pas encore possible de calculer l’étendue réelle des dommages causés, l’enquête préliminaire les estime à environ 500 milliards de dollars. Cet événement (funeste) a inclus des crimes d’une horreur extrême qui ne pouvaient pas être montrés, notamment la décapitation d’enfants, l’écorchement d’hommes à vif sous les yeux de leurs familles, l’enlèvement et le viol de jeunes filles et de femmes, le supplice par le feu et le massacre de centaines de jeunes gens. 

Les habitants de ces pays, tétanisés par cette épidémie déferlante, sont devenus les victimes des criminels takfiris ou ont quitté leurs foyers, déplacés dans d’autres villes et pays. 

Au cours de cette sédition terrible, des milliers de mosquées et de centres sacrés des musulmans ont été détruits ou ruinés, parfois avec leur Imam et tous les fidèles présents à l’intérieur. Plus de 6.000 jeunes, trompés au nom de la défense de l’Islam, se sont fait exploser dans des attentats-suicides en utilisant des véhicules piégés sur les places publiques, dans les mosquées, les écoles, et même les hôpitaux et les lieux publics fréquentés par les musulmans ; du fait de ces actes criminels, des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants innocents sont tombés martyrs. 

Tous ces crimes ont été conçus et mis en œuvre par des dirigeants et des organisations américains, selon l’aveu du plus haut fonctionnaire américain, l’actuel Président des États-Unis ; de plus, ce plan est encore en cours de modification et de mise en œuvre par les dirigeants américains actuels.

En plus de la Grâce de Dieu et de la bénédiction spéciale du grand Prophète Muhammad – paix et bénédiction sur lui et sur sa famille – ainsi que de son honorable demeure – la paix soit sur eux –, ce qui a conduit à la défaite de cette sombre et dangereuse conspiration a été le sage leadership de Son Excellence l’Ayatollah Sistani, qui [par sa fatwa ordonnant la mobilisation générale contre Daech] a tout mobilisé pour faire face à cette tempête infectieuse. De manière certaine, la résistance des gouvernements irakiens et syriens et la persévérance des armées et des jeunes de ces deux pays, en particulier les saintes forces de mobilisation populaire (FMP), Al-Hashd Al-Shaabi, et d’autres jeunes musulmans d’autres pays, avec la présence proéminente du Hezbollah dirigé par son grand chef, Sayed Hassan Nasrallah, ont joué un rôle décisif dans le reflux de ce danger. 

En toute certitude, le rôle précieux de la Nation et du gouvernement de la République Islamique d’Iran – et en particulier de l’honorable Président –, du Parlement, du ministère de la Défense, ainsi que des organisations policières, militaires et de sécurité de notre pays, qui ont soutenu ces États et nations, est admirable. 

L’humble serviteur que je suis, soldat appelé par Votre Eminence à servir sur ce champ de bataille, vous annonce la fin de l’emprise (territoriale) de cette entité maudite et malfaisante, après le succès de l’opération de libération d’Abou Kamal, dernier rempart de Daech, où le drapeau de ce groupe terroriste américano-sioniste a été mis à bas et remplacé par le drapeau de la Syrie. Au nom de tous les commandants et de tous les combattants anonymes sur le champ de bataille, au nom des milliers de défenseurs iraniens, irakiens, syriens, libanais, afghans et pakistanais du Saint Mausolée, tombés martyrs ou blessés, ayant donné leur vie pour défendre la vie et l’honneur des musulmans et leurs lieux saints, je vous félicite ainsi que la noble nation islamique d’Iran et félicite les nations d’Irak, de Syrie et tous les musulmans du monde. Je me prosterne devant le Dieu Tout-Puissant en signe de gratitude pour cette grande victoire. 

« Et la victoire ne peut venir que de Dieu, le Tout-Puissant, le Sage. » [Coran, s. 3, v. 126] 

Votre fils et soldat, 

Qassem Soleimani

vendredi 17 novembre 2017

Stop aux persécutions infligées à Norman Finkelstein !

Source: http://www.europalestine.com/spip.php?article13578&lang=fr


Le Professeur américain Norman Finkelstein, qui a perdu son poste à l’université pour avoir défendu la cause palestinienne, se trouve désormais agressé, humilié et menacé de prison pour avoir pris la défense d’un de ses anciens étudiants face à des avocats requins, qui nagent en eau trouble. Il passe en procès le 3 novembre prochain. Signons la pétition adressée à la présidente du tribunal de New York.






Plus de 15.000 personnes, dont Silvia CATTORI, Olivia ZEMOR, Bruno GUIGUE, Charles GLASS, Sara ROY, Mihalis YANNAKAKIS, Alice WALKER, Khaled ABOU EL FADL & Grace SONG, Lee SWANSON, Alfred DE ZAYAS, and Mouin RABBANI, ont signé une pétition adressée à Janet DiFiore, présidente des juges de l’Etat de New York, pour réclamer la relaxe du Pr. Norman Finkelstein.

Nous avons exposé cette affaire dans notre article du 29 septembre dernier :
http://www.europalestine.com/spip.php?article13486

Norman Finkelstein, libéré sous caution, doit comparaître le 13 décembre devant la cour criminelle de New York et risque jusqu’à deux ans de prison pour sa mise en cause de ces deux avocats, Michael Chetkof et Allyson Burger, qui essaient de soutirer un maximum d’argent à son ancien étudiant, le Dr Baldeo, et maintenant à lui-même.

Il décrit dans cette vidéo, la manière dont il a été kidnappé à son domicile le 9 octobre dernier, et brutalisé par la police suite à son intervention auprès de ces deux avocats :




Nous appelons à signer la pétition pour sa relaxe et la fin de ce harcèlement contre cet universitaire, historien et auteur de livres — qui n’ont certes pas plu au lobby israélien (comme "L"Industrie de l’Holocauste", dans lequel il dénonce l’instrumentalisation aux Etats-Unis du génocide des juifs, lui qui appartient à une famille de déportés, victimes de ce génocide.)

Pétition : https://www.change.org/p/janet-difiore-chief-judge-of-the-state-of-new-york-norman-g-finkelstein-must-walk-free

CAPJPO-EuroPalestine

jeudi 16 novembre 2017

Hassan Nasrallah: are Saudi Arabia and Israel preparing a war against Hezbollah?

Speech of Hezbollah Secretary General, Sayed Hassan Nasrallah, on November 5th, 2017, after the resignation of Lebanon’s Prime Minister Saad Hariri 




Transcript: 

[…] My speech tonight will be devoted exclusively to this point (the resignation of Prime Minister Saad Hariri). In order not to begin by analysis or not simply rely on (disputable) analyzes, I want to start with (well-established) facts and data. Facts known by all ministers of the current government, that they heard directly from him, the head of government, and especially the ministers who gathered at the Council of Ministers responsible for implementing the (new) election law. 

What I will say now is (already) widespread in the media, but I want to stress it because our ministers have also heard directly and witnessed the whole process I am about to describe. And that is why we consider this as data, facts, and not an analysis made by far. 

You know that a few days ago, a Saudi official spoke and made long and acrimonious statements against Lebanon and Hezbollah, and spoke about hunting Hezbollah from the government and denied the intention to bring down the government. He made threats, solemn promises, vituperation, ranting, and it was then said that the head of the (Lebanese) government was quickly summoned to Saudi Arabia. And it is absolutely reliable information because he has canceled all his appointments and went to Saudi Arabia. The whole country – the leaders, ministers, political forces – were awaiting the outcome of this visit. I mean the first visit, and not the second, during which he announced his resignation. And everyone was awaiting the result. 

Of course, during that first visit, everyone expected that pressure be exerted on Prime Minister Saad Hariri for him to resign and thus bring down the government. But when the Prime Minister returned from Saudi Arabia, and the Minister’s Council met, as well as the various ministerial committees, along with all the guests who met him, this is something certain and known to all, he said to all, and he also announced it in different ways, that Saudi Arabia supported the stability and security in Lebanon, the maintaining of the current government and dialogue among the Lebanese, and more, that he had obtained promises of very substantial subsidies, that they were prepared to set a fourth Paris Conference, and that we would get further aid for the Lebanese army. He said all this (many times and to different people, publicly and privately). He was comfortable, enthusiastic, and his behavior showed it clearly, and he announced for Monday or Tuesday a meeting of the Ministerial Committee responsible for implementing the (new) election law. 

Then again, the Prime Minister traveled to Saudi Arabia, and he announced his resignation from there. This is (indisputable) data. 

Naturally, you have seen the announcement of his resignation, its form. First, the news was broadcast by the (official Saudi) channel Al-Arabiya, and not by Future Movement’s (Saad Hariri's party) channel or by the Lebanese official channels. And secondly, the statement was recorded by Al-Arabiya channel, and other channels have only rebroadcasted it. The form of the statement, how this statement was read (laboriously and without any conviction from a printed paper), its content and scope, that you all saw, I will return to it shortly.  

mardi 14 novembre 2017

Norman Finkelstein vs Michael Chetkof et Allyson Burger : mise à jour

Par Norman Finkelstein 

Source : http://normanfinkelstein.com/2017/11/04/michael-chetkof-allyson-burger-the-truth-shall-set-us-free/

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr


Ma comparution devant la Cour a été reportée au 13 décembre 2017.

Ce serait une négligence morale de ma part de ne pas utiliser cette occasion pour remercier tous ceux qui m'ont soutenu. 

Aux plus de 15 000 signataires de ma pétition, je dis: MERCI! JE VOUS REMERCIE! JE VOUS REMERCIE! 

Un mot spécial de gratitude à Maren, Mary, Denis, Salah, Sana, Sanjeev, Shannon. 

Bien que la perspective d'une peine d'emprisonnement soit imminente, j'attends toujours avec impatience l'occasion de rappeler à la barre les horreurs dont j'ai personnellement été témoin ces 17 derniers mois : 

Comment deux avocats-vautours de Long Island ont piégé, fait chanter et terrorisé un immigrant sans le sou qui a réussi. 

Comment ces avocats-vautours ont-ils laissé le Dr Rudolph Baldeo sans abri, sans argent et à la limite du suicide.

Comment j'ai supplié et imploré désespérément ces avocats-vautours d'accepter un règlement juste et équitable. 

Comment ces avocats-vautours n'ont pas voulu se considérer rassasiés autrement qu'avec la dernière bouchée de chair de la carcasse du docteur Baldeo.

Comment ces avocats-vautours m'ont ensuite chargé d'accusations fabriquées, frivoles et forgées de toutes pièces [visant à m'intimider et me faire taire]. 

Quel que soit mon sort, je n'aurai aucun regret. 

Le Dr Baldeo a été crucifié en plein jour. 

C'était mon devoir de prendre sa défense. 

Peu importe où et comment je finirai, le procès-verbal indélébile de ma déposition hantera toujours Michael Chetkof et Allyson Burger, les suivant comme une ombre noire de leurs mauvaises actions. 

N'oubliez pas de signer et de partager les pétitions! 


lundi 13 novembre 2017

Hassan Nasrallah : Saad Hariri et le Liban, otages de l’Arabie Saoudite ?

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 5 novembre 2017, suite à la démission du Premier ministre libanais Saad Hariri 





Transcription :  

[…] Mon discours de ce soir sera exclusivement consacré à ce point (la démission du Premier ministre Saad Hariri). Afin de ne pas commencer directement par des analyses ou pour ne pas nous baser simplement sur des analyses (sujettes à discussion), je veux commencer par des faits et des données (avérés). Des faits connus par tous les ministres du gouvernement actuel, qu'ils ont entendu directement de lui, du chef du gouvernement, et en particulier les ministres qui sont réunis au Conseil des ministres chargé de faire appliquer la (nouvelle) loi électorale. 

Ce que je vais dire maintenant a (déjà) été répandu dans les médias, mais je souhaite le souligner car nos ministres l'ont également entendu directement et ont assisté à tout ce processus dont je vais parler au début. Et c'est pourquoi nous considérons cela comme des données, des faits, et non pas une analyse formulée de loin. 

Vous savez qu'il y a quelques jours, un responsable saoudien s'est exprimé et a fait des déclarations longues et acerbes contre le Liban et le Hezbollah, et a parlé de chasser le Hezbollah du gouvernement et a nié l'intention de faire tomber le gouvernement. Il a fait des menaces, des promesses solennelles, des vitupérations, des rodomontades, et il a alors été dit que le chef du gouvernement (libanais) avait été appelé rapidement en Arabie Saoudite. Et c'est une information absolument sûre, car il a annulé tous ses rendez-vous et s'est rendu en Arabie Saoudite.  

Tout le pays – les dirigeants, les ministres, les forces politiques - attendaient le résultat de cette visite. Je parle de la première visite, et non de la deuxième durant laquelle il a annoncé sa démission. Et tout le monde en attendait donc le résultat. Bien sûr, tout le monde s'attendait, durant cette première visite, à ce que des pressions soient exercées sur le Premier ministre Saad Hariri pour qu'il remette sa démission et fasse ainsi chuter le gouvernement. 

Mais lorsque le chef du gouvernement est revenu d'Arabie Saoudite, et que le Conseil des ministres s'est réuni, ainsi que les différents comités ministériels, ainsi que tous les invités qui l'ont rencontré, c'est là quelque chose de certain et connu de tous qu'il a dit à tous, et qu'il a également annoncé, de différentes manières, que l'Arabie Saoudite soutient la stabilité et la sécurité au Liban, le maintien du gouvernement actuel et du dialogue entre les Libanais, et plus encore, qu'il avait obtenu des promesses d'aides très conséquentes, qu'on allait se préparer ensemble à une quatrième Conférence de Paris, et qu'on allait obtenir de nouvelles aides pour l'armée libanaise. 

Il a déclaré tout cela (à maintes reprises et à différents interlocuteurs, publics et privés). Il était à l'aise, enthousiaste, et son comportement le manifestait clairement, et il avait annoncé pour lundi ou mardi une réunion du Comité ministériel chargé de faire appliquer la (nouvelle) loi électorale.  

Puis à nouveau, le chef du gouvernement a voyagé en Arabie Saoudite, et il a annoncé sa démission depuis là-bas. Ce sont des données (incontestables). 

dimanche 12 novembre 2017

La démission de Saad Hariri, une manoeuvre saoudienne (Robert Fisk)



Edité par Fausto Giudice pour Tlaxcala


Lorsque l’avion de Saad Hariri a atterri à Riyad le 3 novembre au soir, la première chose qu’il a vue a été un groupe de policiers saoudiens entourant l’avion. Quand ils sont montés à bord, ils ont confisqué son téléphone portable et ceux de ses gardes du corps. C’est ainsi que le Premier ministre du Liban a été réduit au silence. 

Ce fut un moment dramatique en phase avec le drame d’opérette joué à travers l’Arabie saoudite la semaine dernière : l’assignation à résidence de 11 princes – dont l’immensément riche Al Walid ben Talal –, quatre ministres et des dizaines d’autres anciens laquais du gouvernement, sans mentionner le gel de jusqu’à 1 700 comptes bancaires. La « Nuit des longs couteaux » du Prince héritier Mohamed ben Salman a effectivement commencé de nuit, quelques heures seulement après l’arrivée de Hariri à Riyad. Que manigance donc le Prince héritier ?

Pour le dire clairement, il étrangle tous ses rivaux et, comme le craignent les Libanais, il essaie de détruire le gouvernement de Beyrouth, de chasser le Hezbollah chiite du gouvernement et de relancer une guerre civile au Liban. Cela ne marchera pas, car les Libanais – bien que moins riches – sont beaucoup plus malins que les Saoudiens. Tous les groupes politiques du pays, y compris le Hezbollah, n’exigent qu’une seule chose : le retour de Hariri. Quant à l’Arabie saoudite, ceux qui ont dit que la révolution arabe arrivera un jour à Riyad – non pas via une minorité chiite montante, mais via une guerre au sein de la famille royale sunnite wahhabite – regardent les événements de la semaine passée avec stupéfaction.

Mais revenons à Hariri. Le vendredi 3 novembre, il participait à une réunion du cabinet à Beyrouth. Puis il a reçu un coup de téléphone l’appelant auprès du roi Salman d’Arabie Saoudite. Hariri, qui, comme son père assassiné Rafiq, a la double nationalité saoudienne et libanaise, est parti immédiatement. On ne dit pas non à un roi, même si on l’a vu quelques jours plus tôt, comme l’avait fait Hariri. Et surtout quand le royaume doit à la compagnie « Oger » de Hariri 9 milliards de dollars, car tel est l’état de fait communément répandu dans ce qu'on appelle maintenant « l’Arabie Saoudite à court de liquidités » [selon d’autres sources, ce serait Hariri qui serait lourdement endetté envers l’Arabie Saoudite et au bord de la faillite]. 

Mais des choses plus extraordinaires devaient venir. De manière totalement imprévisible et au choc total des ministres libanais, Hariri, lisant un texte écrit, a annoncé samedi sur la chaîne de télévision Al-Arabiya – les lecteurs peuvent deviner quel royaume du Golfe la possède – qu’il démissionnait de son poste de Premier ministre du Liban. Il y a eu des menaces contre sa vie, a-t-il dit – bien que les services de sécurité à Beyrouth n’en aient eu nulle connaissance –, le Hezbollah devait être désarmé et partout où l’Iran interférait au Moyen-Orient, le chaos régnait. 

Indépendamment du fait que le Hezbollah ne peut pas être désarmé sans une autre guerre civile – l’armée libanaise est-elle supposée les attaquer alors que les chiites sont la plus grande communauté du pays (beaucoup d’entre eux servant dans l’armée) ? C’étaient des mots que Hariri n’avait jamais utilisés auparavant. En d’autres termes, ils n’avaient pas été écrits par lui. Comme quelqu’un qui le connaît bien a dit cette semaine, « ce n’était pas lui qui parlait ». En d’autres termes, les Saoudiens avaient ordonné au Premier ministre libanais de démissionner et de lire à haute voix la déclaration de son propre départ depuis Riyad.

Je devrais ajouter, bien sûr, que la femme et la famille de Hariri sont à Riyad, donc même s’il retournait à Beyrouth, il laisserait des otages derrière lui. Ainsi, après une semaine de cette farce politique scandaleuse, on parle même à Beyrouth de demander au frère aîné de Saad Hariri, Bahaa, de siéger au cabinet. Mais qu’en est-il de Saad lui-même ? Certaines personnes ont pu le joindre par téléphone à son domicile de Riyad, mais il n’a dit que quelques mots. « Il dit ‘Je reviendrai’ ou ‘Je vais bien’, c’est tout, seulement ces mots, ce qui ne lui ressemble pas du tout », dit quelqu’un qui sait de quoi il parle. Et si Hariri revenait ? Affirmerait-il que sa démission lui avait été imposée ? Les Saoudiens oseront-ils prendre ce risque ?

En toute certitude, Hariri n’avait pas prévu ce qui lui est arrivé. En effet, il avait des réunions prévues à Beyrouth le lundi suivant – avec le FMI, la Banque mondiale et une série de discussions sur l’amélioration de la qualité de l’eau : pas exactement l’action d’un homme qui a prévu de démissionner de son poste de Premier ministre. Cependant, les mots qu’il a lus – rédigés pour lui – sont entièrement en phase avec les discours du prince héritier Mohamed ben Salman et avec le Président US fou qui parle de l’Iran avec la même colère, comme le fait le Secrétaire US à la Défense.

Bien sûr, la vraie question est de savoir exactement ce qui se passe en Arabie Saoudite même, car le prince héritier a brisé à jamais le grand compromis qui existe dans le royaume : entre la famille royale et le clergé, et entre les tribus. C’était toujours le socle sur lequel le pays tenait ou tombait. Et Mohamed ben Salman a maintenant rompu cela. Il est en train de liquider ses ennemis – les arrestations, cela va sans dire, sont censées faire partie d’une «campagne anti-corruption », un dispositif que les dictateurs arabes ont toujours utilisé pour écraser leurs opposants politiques.


Il n'y aura pas de plaintes de Washington ou de Londres, dont le désir de profiter du dépeçage  de la compagnie pétrolière Saudi Aramco (un autre projet du prince héritier) étouffera toute vélléité de protestation ou de mise en garde. Et compte tenu du ridicule compte-rendu des récents discours du prince héritier dans le New York Times, je soupçonne que même ce vieil organe de presse ne sera pas inquiété par le coup d'État saoudien [même chose pour L'Immonde et la presse française mainstream dans son ensemble]. Car c'est bien de ça qu’il s’agit. MBS a dégommé le ministre de l'Intérieur plus tôt cette année et maintenant il se débarrasse du pouvoir financier de ses adversaires.

Mais les hommes impitoyables peuvent aussi être humbles. Hariri a été autorisé à voir le roi - la raison originale pour laquelle il croyait qu'il se rendait à Riyad - et a même rendu visite cette semaine au prince héritier des Émirats Arabes Unis, un pays allié des Saoudiens qui l'empêcherait de sauter sur un vol à destination de Beyrouth. Mais pourquoi diable Hariri aurait-il voulu aller aux Émirats ? Pour prouver qu'il était encore libre de voyager alors qu'il ne peut même pas retourner dans le pays qu'il est censé gouverner ?


Les Saoudiens peuvent retenir le Premier ministre libanais en otage, mais leur plan apparent de renverser le gouvernement de Beyrouth s’est glorieusement retourné contre eux. Loin de briser le gouvernement et de jeter les ministres du Hezbollah aux chiens, la nation libanaise s’est soudainement réveillée à l'union – contre les Saoudiens. 

Le gouvernement libanais a annoncé qu’il n’acceptait pas la déclaration de démission que Saad Hariri a été obligé de lire à Riyad, et des hashtags sont apparus dans plusieurs rues de Beyrouth proclamant « Kul’na Saad » – « Nous sommes tous Saad ». Même les musulmans sunnites du Liban sont furieux contre leurs homologues sunnites d’Arabie Saoudite.

Le Président français Macron a été le premier à se rendre à Riyad, faisant un détour alors qu’il se dirigeait vers Dubaï, pour demander au prince héritier Mohamed ben Salman, âgé de 32 ans, de savoir ce qu’il était en train de faire. Presque toute la réunion de deux heures a été consacrée aux raisons pour lesquelles Hariri a été détenu – ou contraint, ou kidnappé ou pris en otage ou traité comme un invité d’honneur  (faites votre choix) - en Arabie Saoudite. Pour le gouvernement libanais – et pour plusieurs dizaines de milliers de Libanais –, la décision saoudienne de présenter à Hariri une lettre de démission à lire sur la chaîne de télévision Al-Arabiya constituait une insulte nationale.

Le Liban traverse toujours la plus grande crise depuis sa dernière grande crise. Mais cette fois, c'est pour de vrai.