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mardi 1 janvier 2019

Voeux du Nouvel An de Vladimir Poutine : la Russie n'a jamais reçu d'aide de quiconque

Vœux du Nouvel an du Président de la Fédération de Russie, 31 décembre 2018.

Kremlin, 23h55


Traduction : sayed7asan.blogspot.fr


Transcription :

Chers concitoyens de Russie, chers amis,

Une nouvelle année, l'année 2019, approche à grands pas. Derrière nous, il y a un mois de décembre très chargé, durant lequel nous nous sommes dépêchés de mener à bien toutes nos tâches urgentes, de finaliser nos plans pour l'avenir et, bien entendu, nous nous sommes préparés pour les célébrations du Nouvel An. Remplis d'enthousiasme et d'espoir, nous attendons maintenant la venue de la nouvelle année. Nous voyons les yeux de nos enfants briller d’enthousiasme. Nous ressentons la joie de nos parents et grands-parents, si toute la famille est réunie en ce moment. Leurs cœurs sont réchauffés par la tendresse et l’attention, et ils peuvent expérimenter la magie du Nouvel An créée par la générosité de nos esprits. Cette générosité est essentielle non seulement lors des fêtes et célébrations, mais aussi dans notre vie quotidienne, lorsque nous sommes là pour soutenir ceux qui ont besoin de notre aide, ceux qui sont seuls ou qui ne vont pas bien. Après tout, nous devons être attentifs aux malheurs des autres, et prendre soin d’autrui est toujours récompensé par la gentillesse et les bienfaits, tout en nous procurant la joie d’avoir fait une bonne action.

Chers amis,

Bien que nos attentes en ce moment particulier puissent différer, ce que nous voulons tous, c’est la santé pour ceux que nous aimons, que notre maison soit pleine d’harmonie, que nos enfants nous apportent la joie, que notre vie soit paisible et que nos rêves, même les plus sacrés, se réalisent.

Comme lorsque nous étions enfants, à la veille du Nouvel An, nous faisons des vœux et espérons que cette nuit nous apportera chance et succès. Puisse tout cela se réaliser. En même temps, nous savons tous avec certitude que ce n’est que par nos propres efforts et en travaillant ensemble que nous pourrons construire une vie meilleure pour nous-mêmes, nos familles et notre patrie.

Nous sommes confrontés à de nombreuses tâches urgentes dans les domaines de l’économie, de la recherche, de la technologie, de la santé, de l’éducation et de la culture. Ce qui compte le plus, c’est que nous progressions régulièrement dans l’amélioration du bien-être et de la qualité de vie en Russie, afin que tous les citoyens, chacun de nous, ressente un changement pour le mieux dès l’année prochaine.

Nous réussirons, mais seulement si nous sommes capables de travailler ensemble. Nous n'avons jamais reçu aucune aide extérieure dans ces efforts, et nous n’en recevrons jamais. Pour cette raison, nous devons former une équipe unie, forte et agissant comme un seul homme, comme un tout. Que l’amitié et les bienveillants espoirs qui nous réunissent tous nous accompagnent pour aller de l’avant et nous aident dans notre travail et dans la réalisation de nos objectifs communs.

Chers amis,

La nouvelle année n’est plus qu’à quelques secondes. Souhaitons le bonheur à ceux qui sont proches de nous. Disons les mots les plus chaleureux à tous ceux que nous chérissons, remercions nos parents, embrassons tendrement nos enfants et ouvrons notre cœur les uns aux autres. Après tout, lorsque des millions de personnes partagent ces sentiments merveilleux, le monde est rempli d'amour et de confiance.

De tout mon cœur, je vous souhaite joie et bien-être, ainsi que réussite et prospérité à notre patrie, à notre Russie bien-aimée.

Bonne année 2019 !

Hymne de la Fédération de Russie 


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dimanche 30 décembre 2018

L’avertissement d’un général de Tsahal : une guerre serait un désastre pour Israël

Reportage d'Al-Manar, chaîne du Hezbollah, 27 décembre 2018 (VOSTFR / sous-titres français).


Traduction : sayed7asan.blogspot.fr

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Transcription : 

Journaliste d'Al-Manar : De l'aveu même de généraux sionistes, l'armée israélienne n'est pas prête à la guerre, et les Israéliens paieront un prix énorme. 

Reportage : Le témoignage vient (d'un Israélien éminent) de leurs propres rangs : l'armée israélienne n'est pas prête à la guerre, et les Israéliens paieront un prix énorme à cause des mensonges dangereux autour de la situation sécuritaire.

Contrairement à ce qui se passait précédemment, la réponse du responsable des affaires des soldats, le Général Isaac Brek, a été publique et cinglante, suite aux prétentions des communiqués de l'armée et des ministère des affaires étrangères et de la défense à la Knesset, qui ont affirmé que l'armée était prête à la guerre.

Brek s'en est pris violemment à ces prétentions, et comme s'il voulait s'en laver publiquement les mains, a affirmé que personne ne pourrait prétendre qu'il n'avait pas averti (le public des dangers de l'aventurisme israélien).
 

Analyste sioniste : Brek affirme dans sa lettre (ouverte) que les citoyens israéliens paieront un prix énorme du fait des dangereux mensonges des institutions militaires, et que personne ne pourra dire qu'il n'a pas alerté le public sur cette situation. Et il a insisté une nouvelle fois sur les nombreuses failles et manques au niveau de l'approvisionnement et de la capacité des forces terrestres, qui ne sont pas prêtes à faire face à la prochaine guerre.

Reportage : Et dans sa position qui révèle la vérité sur les capacités israéliennes, Brek confirme que les prétentions selon lesquelles l'armée est prête ne reflètent pas la dangereuse réalité de l'armée sur le terrain.


Analyste sioniste : Lorsqu'on prête attention aux détails, on voit beaucoup de points communs entre ce qu'affirment les Comités internes de l'armée et Isaac Brek. Les comités parlent de problèmes dans l'état d'entraînement de l'armée et la coordination, et ils savent bien qu'il y a un problème dans l'élément humain, ce qu'a évoqué Brek. Brek a dit de nombreuses choses vraies.

Al-Manar : Face à cette situation, Brek décrit ensuite ce qui se passe comme un manque de responsabilité chez les hauts dirigeants du gouvernement de l'occupant.


Analyste sioniste : Parlons des capacités insuffisantes de l'infanterie, qui représentent un défi complexe exigeant beaucoup d'argent et de stabilité. Et le problème persistant est très important, à savoir que ces forces ont parfois reçu le financement requis, et parfois non. Et lorsque cela ne se produit pas, la chute est très dure. Les cas particuliers évoqués par Brek en 2014 et 2015 concernent des réductions drastiques du budget qui ont fortement grevé les forces d'infanterie.

Reportage : Cet aveu est devenu un débat houleux au sein de l'entité sioniste, et décrit la véritable situation actuelle de l'armée israélienne, en net recul, ce qui entraîne de fortes craintes et de l'inquiétude pour toute confrontation à venir.

Frappes de Noël en Syrie : Panique en Israël face à l'efficacité des défenses syriennes et à la réaction russe

Reportage d'Al-Manar, chaîne du Hezbollah, 27 décembre 2018 (VOSTFR / sous-titres français).


Traduction : sayed7asan.blogspot.fr

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Transcription : 

Journaliste d'Al-Manar : Des sources sécuritaires sionistes ont répondu à la déclaration de Moscou selon laquelle les dernières frappes israéliennes en Syrie ont mis en danger deux avions civils au-dessus du Liban en disant que Moscou n'a pas tenu ses engagements au sujet de la présence iranienne là-bas, et les analystes sionistes ont reconnu que la liberté d'action en Syrie se réduit dramatiquement.

L'entité occupante a clairement manifesté sa gêne face à la position russe qui a dénoncé la mise en danger de deux avions civils au-dessus du Liban durant son agression contre la Syrie ce mardi soir. Cette position a été exprimée à l'Associated Press par une source sécuritaire sioniste anonyme qui a accusé la Russie de ne pas avoir tenu sa promesse d'éloigner les forces iraniennes à 80 km de la frontière avec le Golan occupé, reconnaissant par là même que les avions sionistes sont responsables des dernières frappes contre la Syrie.

Ayhud Ya'ri, analyste sioniste des affaires arabes : C'est la première fois que la Russie décrit l'attaque israélienne comme une provocation, et cela indique clairement que le Ministère de la Défense russe a perdu patience.

Et des sources syriennes affirment que les missiles anti-aériens qui ont été tirés contre les avions israéliens pourraient tomber, la prochaine fois, par hasard ou volontairement, sur les positions de l'armée israélienne sur le Mont Hermon (territoire syrien occupé).

Rouni Daniel, analyste militaire sioniste : La position russe nous amène à un point critique, car ils refusent catégoriquement la liberté d'action israélienne et veulent y mettre fin. Et je ne pense pas qu'Israël soit capable de répondre favorablement à cette demande.

Al-Manar : Le journal Yediot Aharonoth a commenté l'agression sioniste en Syrie en disant qu'à la lumière de la fin du chaos là-bas, la capacité d'Israël à mener des agressions contre la Syrie sans payer de prix est révolue.

Tzveka Yahzkalay, analyste sioniste des affaires arabes : Les opportunités d'action en Syrie se referment inexorablement, et il est douteux qu'Israël puisse mener des attaques chaque fois qu'il le souhaite, car ces fenêtres d'action disparaissent, et la question est celle-ci : Israël parviendra-t-il à empêcher la présence iranienne après le retrait américain ? Il est difficile d'affirmer à 100% qu'Israël y parviendra.

Al-Manar : Contrairement à leur usage, des analystes sionistes ont reconnu que les système de défense aérienne syriens sont maintenant capables de faire face aux missiles sionistes au-dessus de la Syrie, et qu'ils ont intercepté un certain nombre d'entre eux durant la dernière agression près de Damas. 

jeudi 27 décembre 2018

Frappes de Noël en Syrie : Israël se cache derrière des avions civils pour empêcher l'utilisation du S-300

Reportage de Rossiya 24, 26 décembre 2018 (VOSTFR / sous-titres français).


Transcription : 

Journaliste : « Prolonger le conflit et soutenir les terroristes ». Telle est la déclaration du ministère des Affaires étrangères syrien au sujet des objectifs probables de l'attaque israélienne contre la Syrie, d'après les diplomates et politiciens locaux.

La nuit dernière, pendant 1 heure 30, la banlieue de Damas était sous le feu de missiles tirés depuis l'espace aérien libanais. Le système de défense aérienne syrien a intercepté la plupart des missiles, mais il y a tout de même des victimes, et un dépôt de munitions a été endommagé.

« Cela constitue une violation flagrante de la souveraineté syrienne et des termes d'une Résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. » Telle est la réaction du ministère russe des Affaires étrangères. Les membres de la Douma appartenant au Comité d'amitié avec le Parlement syrien sont d'accord, et affirment que c'est là une tentative éhontée de déstabiliser la situation, et, de toute évidence, d'aider les militants qu'Israël prétend combattre.

Un autre détail important du ministère russe de la Défense : comme il est apparu, les frappes israéliennes ont eu lieu juste au moment où des avions civils atterrissaient dans les aéroports de Beyrouth et Damas.

Nous allons demander à Vadim Zavodchenkov quel est le but de telles tactiques.

Vadim, bonsoir.


Vadim Zavodchenkov : Bonsoir.

Journaliste : Se sont-ils cachés derrière les avions civils ?


Vadim Zavodchenkov : Eh bien, Alexey, les initiateurs de l'attaque savaient sûrement que leurs actions constituaient un danger pour les avions et les passagers civils. Voici les données de FlightRadar24.com sur le trafic dans le ciel au-dessus de la Syrie juste avant l'attaque contre Damas. On peut voir qu'il y a à la fois des avions en transit et les avions qui ont décollé de la capitale dans le sud du pays. Bien sûr, le trafic de l'aéroport de Damas ne peut pas être comparé au trafic des aéroports israéliens ou d'autres pays du Moyen-Orient. Néanmoins, 15 avions au total devaient partir et arriver ce jour, à destination du Koweït, d'Irak, des Emirats Arabes Unis et de Jordanie. 

Les opérateurs de vol syriens ont dû dérouter d'urgence un avion civil vers l'aérodrome de Khmeimim à cause des bombes aériennes de fabrication américaine qu'Israël avait déjà utilisées auparavant. La bombe GBU-39 est équipée d'ailes de pliage et capable de planer, ce qui augmente considérablement sa portée de combat. Malgré le fait qu'elle soit considérée comme une bombe de précision d'un petit diamètre, les dégâts causés peuvent se révéler assez considérables.

Victor Zabolotsky, pilote d'essai décoré : Si le contrôle du trafic aérien ne prévient pas le pilote qu'il y a quelque chose d'anormal dans la zone, par exemple, une attaque de missiles ou autre chose, alors la seule chose qui reste à faire est de quitter la zone parce que personne ne sait où ils vont frapper, que ce soit l'aéroport, un hangar, ou des entrepôts. Même s'ils font sauter un dépôt, les fragments peuvent se disperser jusqu'à 15 kilomètres, et ainsi de suite. 

Vadim Zavodchenkov : La dernière version de la bombe américaine est capable d'éliminer même des cibles mobiles. Une telle capacité est accordée par l'utilisation conjointe du GPS, d'un autodirecteur infrarouge et de radars. Cependant, même ces munitions avancées ne peuvent pas rester non détectées par les défenses aériennes syriennes.

Selon certaines données, les forces gouvernementales syriennes auraient pu utiliser le complexe de défense aérienne Pantsir S-1. Il a été utilisé à plusieurs reprises auparavant, par exemple pour lutter contre les drones terroristes. Le Pantsir S-1, fonctionnant en déplacement, est capable d'éliminer une cible volant à une vitesse de 1000 mètres par seconde. Il est presque impossible d'y échapper. Le Pantsir est capable de détecter une cible jusqu'à 80 km de distance, il peut acquérir jusqu'à 10 cibles par minute, et suivre jusqu'à 4 cibles en même temps.

Cependant, les Syriens ont dû limiter le déploiement de systèmes de défense aérienne et des systèmes de contre-mesures électroniques en raison de la menace pour les avions civils. L'objectif des contre-mesures électroniques est d'interrompre le signal satellite, laissant ainsi les missiles ou les bombes aériennes sans aucun moyen d'atteindre leurs cibles. Cependant, en raison du brouillage radar, des avions civils peuvent aussi devenir aveugles parce que leur trajectoire est corrigée à l'aide du GPS.

Alexey Leonkov, expert militaire du magazine Arsenal Otechestva : Les moyens de contre-mesures électroniques fonctionnent sur certaines fréquences et peuvent affecter des avions civils. Les Israéliens ont commencé leurs frappes au moment précis où les avions civils ont commencé à atterrir. Ces avions civils étaient près de Damas, ils ont attaqué l'aéroport de Damas. Officiellement, il n'y a plus de guerre là-bas, donc il n'y avait pas de restrictions pour l'atterrissage. 

Vadim Zavodchenkov : Grâce à la mise en œuvre précise et méthodique des systèmes de défense aérienne syriens, 14 des 16 bombes aériennes guidées ont été détruites, Alexey.

Journaliste : Je vous remercie. C'était Vadim Zavodchenkov sur les objectifs et moyens de l'agression israélienne. 


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mardi 25 décembre 2018

Vladimir Poutine : En Syrie, nous ne voyons aucun signe du retrait des Etats-Unis annoncé par Trump

Conférence de presse annuelle de Vladimir Poutine, 20 décembre 2018.




Transcription :

[...] Rachel Marsden : M. le Président, Rachel Marsden pour le Chicago Tribune, aux États-Unis.

Hier, le Président Donald Trump a annoncé le retrait des troupes américaines de Syrie. Il a également annoncé qu'à son avis, les États-Unis avaient vaincu Daech en Syrie, c’est ce qu’il a clairement dit.

Quelle est votre position concernant ses déclarations, à la fois sur le retrait des troupes américaines de Syrie et sur ses déclarations concernant le fait que Daech ait été vaincu par les États-Unis ?

Et deuxièmement, craignez-vous que les troupes américaines restent sous une forme ou une autre ? On a beaucoup parlé, par exemple, de la présence potentielle de sous-traitants dans d'autres juridictions où les États-Unis seraient absents militairement ou voudraient l’être, mais maintiendraient ainsi une certaine présence de manière plus discrète.

Merci beaucoup.

Vladimir Poutine : En ce qui concerne la défaite de Daech, je suis globalement d'accord avec le Président des États-Unis. J'ai déjà dit que nous avions réalisé des progrès significatifs dans la lutte contre le terrorisme sur ce territoire et mené des frappes majeures contre Daech en Syrie.

Il y a le risque que ces groupes et d’autres groupes similaires émigrent vers des régions voisines, en Afghanistan, vers d’autres pays, ou retournent vers leur pays d’origine, et ils y retournent en partie.

C'est un grand danger pour nous tous, y compris la Russie, les États-Unis, l'Europe et les pays asiatiques, y compris l'Asie centrale. Nous le savons et nous comprenons parfaitement le risque. Donald a raison à ce sujet et je suis d'accord avec lui.

En ce qui concerne le retrait des troupes américaines, je ne sais pas ce que c'est. Les États-Unis sont présents, en Afghanistan par exemple, depuis combien de temps ? Dix-sept ans ! Et chaque année, ils parlent de retirer leurs troupes. Mais ils sont toujours là. Ceci est mon deuxième point.

Troisièmement, jusqu'à présent, nous n'avons vu aucune preuve de leur retrait, mais je suppose que c'est possible, d'autant plus que nous progressons vers une résolution politique du conflit. L’actuel sujet à l’ordre du jour est la création d’un comité constitutionnel.

D’ailleurs, lorsque nous nous sommes réunis à Istanbul – la Russie, la Turquie, la France et l’Allemagne –, nous avons convenu de tout mettre en œuvre pour créer ce comité constitutionnel, et la Russie, pour sa part, a fait tout ce qui était en son pouvoir pour que cela se fasse.

Aussi étrange que cela puisse paraître, nous nous sommes entièrement mis d’accord sur la liste des membres avec le Président al-Assad, qui a désigné 50 personnes et qui a participé à la sélection de 50 autres personnes parmi la société civile. Malgré le fait qu'il ne soit pas satisfait de tout, il a accepté.

La Turquie, qui représente les intérêts de l'opposition, a également accepté. L'Iran a accepté. Nous avons soumis la liste à l'ONU, et comme le ministre Lavrov m'en a informé hier, de façon inattendue, à l'initiative de nos partenaires – l'Allemagne, la France et les États-Unis –, le représentant de l'ONU, M. de Mistura, a décidé d'attendre et de voir.

Je ne comprends pas ce qui se passe, mais de toute façon, je veux croire que ce travail est dans sa phase finale. Peut-être pas avant la fin de cette année, mais au début de l’année prochaine, la liste sera approuvée et cela ouvrira la prochaine étape du règlement du conflit, à savoir un règlement politique.

La présence de troupes américaines est-elle requise en Syrie ? Je ne pense pas que ce soit le cas. Cependant, n'oublions pas que leur présence, celle de vos troupes, est illégitime, car elle n'a pas été approuvée par une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies. Le contingent militaire ne peut être présent que sur résolution du Conseil de sécurité des Nations unies ou à l'invitation du gouvernement syrien légitime. Les troupes russes ont été invitées par le gouvernement syrien. Les États-Unis n’ont reçu aucun de ces éléments. Par conséquent, s’ils décident de retirer leurs troupes, c’est la bonne décision.

Il existe un autre élément très important dans ce processus. En dépit de tous les désaccords, nos spécialistes, notre personnel militaire, nos services de sécurité et nos ministères des Affaires étrangères respectifs ont instauré un dialogue plutôt constructif pour traiter les problèmes graves de la lutte contre le terrorisme en Syrie. Globalement, nous sommes satisfaits de notre coopération. […]


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lundi 17 décembre 2018

Norman Finkelstein : les soldats israéliens sont des cibles légitimes


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Transcription :

[...] Les manifestations (à Gaza) ont été très majoritairement non-violentes. Si elles avaient été violentes, comment se fait-il que ce n'est qu'après 6 semaines qu'un soldat israélien a été « blessé », se faisant une égratignure le 14 mai ? Comment serait-ce possible si ces manifestations étaient vraiment violentes ? 

Mais même si ces manifestations étaient violentes, je dirais au peuple de Gaza : « Que Dieu vous bénisse ! J'espère que vous franchirez la barrière ! » Et ces soldats, ces snipers, ces assassins, qui contrôlent le destin et la frontière de Gaza, s'ils étaient tués tous autant qu'ils sont, je ne verserais pas une seule larme sur leur sort. Je vous le dis. Et je vous le dis parce que je connais mes parents : auraient-ils versé la moindre larme si un soldat allemand avait été tué pendant qu'ils se trouvaient dans les camps de concentration ? Auraient-ils pleuré pour ce soldat ? Non ! 

Un jour, j'ai demandé à ma mère ce qu'elle ressentait quand elle était dans les camps de concentration et qu'elle entendait que les alliés bombardaient les villes allemandes. Ils tuaient des civils. N'oublions pas les trois pays qui ont perdu le plus de vies durant la Second Guerre Mondiale : premièrement les Russes, deuxièmement les Chinois, et troisièmement les Allemands (9 millions d'Allemands ont péri). J'ai demandé à ma mère ce qu'elle ressentait à leur égard. Elle s'est tournée vers moi et m'a dit : « On se disait que si on devait mourir, autant que le maximum d'Allemands soient emportés avec nous ! » 

Et aujourd'hui, vous voudriez que je trahisse la souffrance de mes parents en versant des larmes sur ces soldats ? Pour une simple égratignure sur leur visage ? Alors que ces assassins rémunérés massés autour du périmètre de Gaza tuent les enfants, les handicapés, tirent sur les journalistes dans le dos ? Et quel est leur crime ? Quel est leur crime ? Ils ne veulent pas mourir empoisonnés (par l'eau contaminée de Gaza qui les condamne à une mort lente). Tel est leur crime. [...]

dimanche 16 décembre 2018

Frontière israélo-libanaise : l'opération « Bouclier du Nord » et le silence de Hassan Nasrallah

L'opération « Bouclier du Nord » a été lancée en grande fanfare par l'occupant israélien le 4 décembre, visant prétendument à  « exposer et neutraliser les tunnels d’attaque transfrontaliers que le Hezbollah a creusés depuis le Liban vers Israël ». En effet, la Résistance libanaise a maintes fois promis de ne plus se camper sur une position défensive en cas d'agression ou de guerre, et de porter les combats en Palestine occupée, voire même de libérer la Galilée. Les porte-parole du gouvernement israélien se sont ostensiblement félicités de ce qu'ils présentaient comme une mise en échec du plan du redoutable Hassan Nasrallah. 

La propagande israélienne et ses dociles relais médiatiques occidentaux ont présenté cette opération comme une offensive militaire de grande envergure, qui porterait un grand coup au Parti de Dieu. Même les titres d'un journal a priori pro-palestinien comme L'Humanité parlent d'une « incursion israélienne au Liban », comme si l'entité sioniste avait pénétré dans le territoire libanais (ou s'apprêtait à le faire), que ce soit sur terre ou de manière souterraine. Un discours du Secrétaire Général du Hezbollah a été annoncé pour le jour même par les médias israéliens et occidentaux, ce qui aurait tendu à confirmer l'importance de l'opération israélienne. Et face au mutisme du Hezbollah, il a été affirmé que ce silence était dû à l'état de choc dans lequel la Résistance libanaise se trouverait après cette opération surprise qui aurait ruiné ses plans les plus secrets.

Mais qu'en est-il réellement ? Il faut avant tout souligner qu'il est ridicule d'assimiler à une offensive, ou même à une opération militaire, des travaux de forage et d'excavation qui prennent place à l'intérieur de la Palestine occupée, et n'empiètent nullement sur le territoire libanais. De lourds travaux de construction, de terrassement et de fortification à la frontière nord d'Israël sont menés depuis 2015 par Tsahal, et visent à créer une ligne de défense type Maginot face au Hezbollah (pour souligner son caractère anachronique, Al-Manar l'a surnommée Le Mur de l'Illusion)


Si les médias israéliens et occidentaux se sont abstenus de toute médiatisation à ce sujet, c'est parce que ces travaux d'ingénierie ne servaient pas la propagande d'Israël, soulignant au contraire sa faiblesse : l'entité sioniste est en effet acculée à une position défensive pour la première fois de son existence. Mais le Hezbollah lui-même a clairement souligné ce bouleversement, en organisant notamment une tournée médiatique en avril 2017 pour exposer aux yeux du monde les mesures israéliennes. La promesse du 16 février 2011, dans laquelle Hassan Nasrallah annonce à ses combattants qu'ils doivent être prêts à recevoir un jour l'ordre de libérer la Galilée, a en effet été prise très au sérieux par Israël. D'autant plus qu'en Syrie, le Hezbollah a acquis et fait la démonstration de ses capacités offensives en libérant de très vastes étendues de territoire de la présence de Daech, prenant part à des combats qui, par leur nature, leur étendue et les effectifs et armements déployés, ne sont plus de la guerre de guérilla. Les capacités offensives du Hezbollah n'ont jamais reposé sur l'existence de tunnels, comme l'a prouvé l'opération de capture de soldats israéliens en juillet 2006, et s'apparentent aujourd'hui davantage aux opérations menées par des armées classiques, comme le soulignait Hassan Nasrallah dans une interview du 19 août 2016 :
Lorsque le Hezbollah intervient dans la guerre en Syrie, et combat comme une formation très grande, et avec des armements très divers, ou en tant que partie d'une très grande formation aux armements divers, et qu'il participe à des opérations offensives majeures et très étendues, qu'il parvient à repousser les hommes armés (terroristes de Daech), qui ne sont pas des combattants normaux, surtout les étrangers, des combattants d'un tel niveau (d'engagement, prêts à mourir), lorsqu'il les expulse d'aires géographiques très vastes, cela veut dire que le Hezbollah gagne une expérience offensive, une vaste expérience de libération de territoire à travers des opérations militaires continues et directes, et non à travers la guerre de guérilla. Et le Hezbollah n'avait pas une telle expérience avant la guerre en Syrie.
C'est là qu'Israël est apeuré et terrifié. Car ce que fait le Hezbollah en Syrie, si une guerre est lancée contre lui, il le fera en Galilée. [...] Si le Hezbollah est sorti de la guerre de juillet (2006) comme une puissance régionale, il sortira de cette guerre (en Syrie) comme une puissance militaire véritable représentant une force de libération de territoire non pas (seulement) dans la guerre de guérilla, mais même dans une guerre qui ressemble bien plus aux guerres classiques (entre armées nationales).
Le Hezbollah n'est pas le Hamas, et croire que leurs stratégies et tactiques sont les mêmes alors que leurs capacités et leurs expériences sont incommensurables est à la fois une illusion et une mystification à laquelle, bien naturellement, Hassan Nasrallah n'a pas daigné répondre.

Pourquoi cette opération-spectacle a-t-elle été lancée maintenant ? Netanyahou, qui est à la fois Premier ministre, et, par interim, Ministre de la Défense, Ministre des Affaires étrangères et Ministre de la Santé, est plus discrédité que jamais en Israël, du fait du récent échec militaire face à Gaza –après lequel son Ministre de la Défense Avigdor Lieberman à démissionner, manquant de provoquer une chute de son gouvernement–, et de ses innombrables casseroles judiciaires, qui ont amené la police israélienne à demander, début décembre, son inculpation ainsi que celle de son épouse dans une énième affaire de corruption. L'opposition israélienne, dès les premiers jours, a pu exprimer ouvertement des doutes quant à la véritable portée de l'opération « Bouclier du Nord », à l'instar de Tzipi Livni, qui a dénoncé la sur-dramatisation de cette opération :
Nous ne sommes pas dans une situation où nos soldats sont derrière les lignes ennemies. Il s'agit simplement d'activités d'ingénierie au sein du territoire souverain de l'Etat d'Israël. Netanyahou a exagéré les proportions réelles de cet événement au-delà du raisonnable. Il a transformé des activités d'ingénierie défensive en une opération militaire spectaculaire. Il y a deux explications possibles à cela : soit le Premier ministre panique, soit il veut semer la panique pour justifier ses actions, à la fois en retardant les élections et en abandonnant les habitants du sud d'Israël [face aux roquettes de Gaza].
Mais il ne faut pas compter sur les médias occidentaux pour nous rapporter ces données aisément accessibles. Pour eux, seule la propagande israélienne officielle fait foi.

Plus affaibli que jamais, Netanyahou souhaite se présenter comme un homme fort face au Hezbollah, mais l'opération lancée contre des tunnels présumés, qui n'est qu'une grossière manœuvre pour détourner l'attention de la presse et de l'opinion publique israélienne, ne révèle que l'impuissance d'Israël face au Parti de Dieu. Le Hezbollah sait bien que Netanyahou n'osera jamais lancer une guerre d'agression contre le Liban, et que face au Hezbollah, Israël n'a plus d'autre recours que les sanctions économiques de Washington et les appels aux institutions internationales ces mêmes institutions et lois piétinées depuis des décennies par Tel-Aviv pour qu'elles condamnent les supposées violations de la souveraineté israélienne par le Hezbollah –alors que pour sa part, Israël continue à violer quotidiennement l'espace aérien libanais et prennent des mesures contre lui.

Face à de tels enfantillages –l'armée israélienne a plus de chances de trouver des Taupiqueur et autres Pokémon souterrains que des tunnels opérationnels du Hezbollah–, Hassan Nasrallah s'est bien gardé d'apporter de l'eau au moulin à paroles du fier-à-bras Netanyahou : tout discours de sa part aurait ajouté de la crédibilité à cette tentative de mystification, et donné plus de grain à moudre au battage médiatique autour de cette pseudo-opération. Les médias et les civils libanais partisans du Hezbollah se sont chargés de répondre, tournant amplement en ridicule cette opération, raillant Israël sur les réseaux sociaux, et pique-niquant en famille à la frontière pour narguer des soldats israéliens sur le pied de guerre.


Un clip intitulé « On se retrouve à Haïfa », et sous-titré en hébreu, a été réalisé par un artiste libanais, parodiant une chanson populaire juive qui célèbre la Déclaration Balfour. On y voit des combattants du Hezbollah parvenant jusqu'à Haïfa par tunnel, et espionnant Netanyahou dans sa propre maison.


Pour sa part, le média de guerre du Hezbollah, en publiant une photo de troupes israéliennes prise depuis le territoire israélien, a démontré que même lorsque l'ennemi est en état d'alerte maximale, son territoire lui restait aisément accessible. 


Plus encore, il est certain que les combattants du Hezbollah ont dérobé deux mitrailleuses FN MAG sous le nez des soldats israéliens (les médias israéliens ont largement rapporté ce vol), armes qui réapparaîtront certainement entre leurs mains au moment le plus opportun pour humilier l'armée israélienne et son gouvernement.


Et le 12 décembre, le Hezbollah a publié cette vidéo sous-titrée en hébreu qui rappelle la réalité de la situation : c'est bien Israël qui craint le Hezbollah et prend toutes les mesures pour s'en prémunir, et non l'inverse.


Il est peu probable que la confrontation entre Israël et le Hezbollah tourne à l'affrontement direct dans un futur proche. Mais la guerre psychologique continue de faire rage, et les bataillons électroniques de Hassan Nasrallah y démontrent jour après jour leur supériorité.

Sayed Hasan

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