Interview d'un djihadiste afghan, combattant internationaliste aux côtés de l'Union des Républiques populaires de Novorussia (Nouvelle-Russie) contre la junte fasciste ukrainienne.
Alors que la notion de « jihad » est dévoyée par des bouchers fanatiques, obscurantistes et manipulés par l'Occident en Syrie, en Irak et ailleurs, il est particulièrement enthousiasmant d'entendre ce combattant afghan s'exprimer avec noblesse et clairvoyance sur la situation actuelle en Ukraine, où une junte fasciste soutenue par les Etats-Unis et leurs valets fait face à des « combattants de la liberté » locaux et patriotes soutenus par la Russie, ainsi que par des combattants internationalistes authentiques, dans la lignée des Brigades Internationales ayant combattu aux côtés des Républicains contre Franco en Espagne.
Une véritable leçon de géopolitique, d'histoire mais aussi de lucidité et d'altruisme.
Traduction en français : http://www.sayed7asan.blogspot.com
Retranscription :
Je suis Afghan, de
l’ethnie afghane. Je suis venu ici à mon initiative et de mon plein gré.
Beaucoup diront : « Que
fait-il ici, va-t-en et occupe-toi de tes propres affaires, blablabla, etc. »
Mais en l’occurrence, ce
qui s’est passé en Ukraine s’est également produit dans notre pays. Il y a
environ 36 ans. Notre pays a été divisé en deux camps. L’un était aidé par
l’Union Soviétique, l’autre par le monde entier avec les USA à leur tête. Malheureusement,
nous avons perdu cette guerre, et les conséquences sont manifestes.
Regardez ce qui s’est
passé en Afghanistan – combien de personnes sont mortes. Et pour ajouter
l’affront à la blessure, ceux qui ont aidé les USA à l’époque, ont été
automatiquement inclus dans les rangs des « Séparatistes ». C’est
tout. Et la majorité, presque la totalité sont morts.
Je me suis retrouvé en
URSS en 1985, dans le cadre d’un accord bilatéral entre l’URSS et l’Afghanistan.
J’ai fait ma scolarité à la Boarding School 9 de la ville de Volgograd. Fondamentalement,
j’ai reçu une bonne éducation soviétique. Une éducation soviétique.
Et si ils commencent
tous à dire : « Il est pro-russe, il est pro-russe, pro-ci ou pro-ça » :
croyez-moi, en réalité, nous avons eu de sérieux problèmes avec les nouvelles
autorités russes démocratiques. Nous étions traités en étrangers.
Je ne suis pas venu ici
pour le gouvernement russe ni pour aucun autre gouvernement. Je suis ici pour
les Slaves, pour ce peuple, le peuple le plus amical qui soit, peuple qui est
malgré ça victime d’une campagne d’extermination.
Nous [les Afghans,] on
nous a « réglé notre compte »? Pas tout à fait, mais ils l’ont
presque fait. Et maintenant ils sont venus faire la même chose aux Slaves. C’est
ici qu’ils doivent être arrêtés.
Vous voyez, tous ces
gens, qui pensent soutenir la cause juste, on leur montre des atrocités, on
leur montre comment des gens portant la croix de St. George [décoration russe]
violent, tuent. Ce sont des saboteurs. Comment ils tuent quelqu’un. On leur
montre ça. Ils le regardent, et croyant en ce qu’on leur montre, ils viennent
nous attaquer. Ils nous combattent, et ils pensent que leur côté est le bon
côté. La même chose, exactement la même chose a été faite en Afghanistan. Exactement
la même chose, comme une copie carbone. Vous comprenez ? Et maintenant, le
problème n’est plus de savoir s’ils sont bons ou mauvais. Le problème est
qu’ils restent ignorants du mal qu’ils portent sur leurs épaules. Ils ne savent
pas ce qu’ils font.
Q: Dites-nous, s’il vous plaît, combien vous êtes payé ici ?
[Rires] Ils me paient si
bien que je dois mendier les cigarettes !
Je suis ici par ma
propre volonté. Je ne tue pas des gens pour de l’argent. Je ne tue pas les gens
pour de l’argent. Je suis ici par mes propres moyens.
Mes camarades,
combattant à mes côtés, ce sont des Ossètes, des Russes, des Cosaques, des Kalmuks, des Iakoutes
... une famille entière de l’Union Soviétique combat à mes côtés ! Nous sommes
l’union des tribus, comme auparavant, vous comprenez. Il y a même des
Ukrainiens ici avec nous ! Vous ne pouvez pas diviser les gens comme ça !
Ce n’est pas comme si on
était venus et qu’on avait commencé (la violence). Vous ne pouvez pas dire :
« Oh, vous êtes tous venus ici et c’est à ce moment que les problèmes ont
commencé. Personne ne vous veut ici. »
Ils [les Américains] ne veulent personne ici, pas les Slaves, personne !
Ces Ukrainiens, qui ont oublié leurs racines, ils ne se considèrent plus comme des Slaves. Mais même eux n’auront pas leur place ici ! Ils n’ont pas besoin de Slaves ici ! Ils ont besoin de ces types comme le vainqueur de l’Eurovision – et si vous êtes comme ça, vous serez bien installé, vous aurez un foyer ici. Personne d’autre ne sera toléré. Croyez-moi, regardez juste comment ils ont fait en Afghanistan !
Q: Ils feront la même chose ici qu’en Afghanistan ?
Avec des Slaves, ils
feront bien pire. Car les Slaves, ils sont cette couche qui porte sa propre
civilisation, son propre impératif de civilisation.
Et à sa racine, [cet impératif] est opposé à tout ce business, opposé à toute
cette domination du monde. Ils ne veulent pas de Slaves. Vous comprenez ? Ils
ne veulent pas leur esprit. Vous comprenez ? C’est comme ça.
Maintenant, ils disent
que nous ne sommes que des mercenaires payés. Mais c’est exactement le
contraire. Le côté ukrainien a essayé de
m’enrôler, en me disant: « On paie bien, viens de notre côté. » Mais en
fait, je suis un musulman, et je ne tue pas les gens pour de l’argent. Vous
comprenez ?
C’est écrit dans le Coran que si quelque chose de mal se passe quelque part, tu
dois essayer de t’y opposer. C’est écrit dans le Coran qu’on ne doit rien faire
pour de l’argent – oui, on a le droit de faire du commerce.
On peut commercer, acheter, vendre, mais seulement dans les limites autorisées.
On n’a pas le droit de faire des choses basses et abjectes – comme ce qu’ils
font. Et c’est pourquoi je suis ici.
C’était attendu depuis
longtemps. C’était attendu depuis longtemps, et en principe il n’y a rien de
surprenant dans le fait que des musulmans prennent parti pour les Slaves
maintenant. Parce que le monde s’est divisé en deux camps, et les petits pays,
les petits Etats, ils ne peuvent plus vivre tout seuls. Ils doivent choisir un
camp. Ils doivent s’associer à d’autres, et il n’y a pas tellement de choix. Ou
bien les Slaves, ou bien l’Amérique, avec l’Angleterre.
Il y a aussi d’autres
personnes qui disent: « Regardez, il y a la Syrie, il y a l’Irak. » Mais
là-bas, à la fois le gouvernement et l’opposition ne sont que des marionnettes
entre les mains des mêmes maîtres. Et c’est tout.
Et cette idée du Jihad
qui a été créée au Moyen-Orient, il est bien facile de voir pour qui ils
travaillent. Vous comprenez ? On m’a dit qu’il y a une journaliste charmante de
l’Echo de Moscou qui décrit les
choses comme si… elle a parlé de la
manière dont « l’Islam radical », soi-disant, pour une raison ou pour une autre, plus ou moins, nourri par la Russie en
quelque sorte. Mais la réalité est que du côté ukrainien, il y a des
mercenaires qui tuent des gens pour de l’argent, et elle oublie commodément de
le mentionner. Elle n’en parle même pas ! Et bien sûr, il est facile de deviner
qui tire les ficelles. Il est facile de savoir qui donne le ton en ce qui
concerne nos journalistes.
Nous étions tout
récemment à Donetsk ; nous sommes allés à un magasin, et le propriétaire nous a
dit: « Les gars, pas besoin de payer, prenez ce que vous voulez, prenez-le
gratuitement, vous êtes nos seuls défenseurs. Vous êtes des gens bien! Continuez
à nous défendre. Vous êtes les meilleurs ! » Mais on ne peut rien prendre
gratuitement. Nous avons l’obligation de payer. Nous devons montrer que nous ne
sommes pas des pillards, ni des tueurs, ni des voleurs.
Nous ne nous attendons
pas à du favoritisme ; nous ne créons aucun problème. Nous sommes là, et nous
voulons que tout le monde sache que nous sommes venus ici pour défendre cette
terre même. Pour la protéger du mal qu’apportent ces pro-Occidentaux. Je veux
signaler que notre terre a encore beaucoup d’hommes forts.
Le moment est venu de
payer notre dette. Lorsque je suis venu étudier en URSS, j’étais nourri trois
fois par jour, j’avais tellement de nourriture que 5 enfants [en Afghanistan] auraient
pu se gaver. Le moment est venu pour moi de payer cette dette.
Il y a très longtemps,
mon père – il est mort en Afghanistan. Il a été assassiné par des valets des
Américains. Maintenant c’est le moment pour moi, son fils, de combattre leurs
chiens. Et c’est tout.
Je voudrais leur dire
ceci: « Ne craignez rien, nous sommes tous avec vous, tous à vos côtés, Russes,
Ossètes, Tchétchènes, Afghans, nous sommes tous là, juste à côté de vous, comme
une même et grande famille. »
Contact : 7asan.saleh [at] gmail.com
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