mercredi 4 mars 2015

De Soljenitsyne au discours de Netanyahu au Congrès : « Ne soyez jamais le premier à vous arrêter d’applaudir ! »




Voir le discours complet : http://www.vox.com/2015/3/3/8140947/netanyahu-speech-congress-watch

Transcription : http://www.jpost.com/Israel-News/Politics-And-Diplomacy/Full-transcript-of-Netanyahus-Speech-to-Congress-392803



Avec la force de persuasion d'un serpent à sonnette et le charisme d'un veau, le terroriste-en-chef adjoint Netanyahu a pu obtenir pas moins de 43 ovations soit plus d'une par minute, la plupart debout de la part des membres du Congrès américain. Elles retentirent sans cesse pour les déclarations les plus creuses, les plus absurdes ou les plus scandaleuses, y compris un vibrant hommage posthume – plus de 2500 ans après ! – rendu à la figure biblique d'Esther, convoquée pour dénoncer les prétendues intentions génocidaires de l'Iran, nouvel Haman, à l'encontre du peuple juif. De tels abîmes de servilité peuvent laisser perplexe, surtout de la part des représentants de la première superpuissance mondiale. Ils évoquent cet extrait de L'Archipel du Goulag de Soljenitsyne, décrivant la Terreur sous Staline :





« À la fin de la conférence du parti, on appela à un hommage en faveur du camarade Staline. Bien entendu tous se levèrent, comme ils s'étaient tous levés durant la conférence à chaque mention de son nom. Des “applaudissements frénétiques se transformant en ovations” éclatèrent dans la petite salle. Pendant trois, quatre, cinq minutes, les “applaudissements frénétiques se transformant en ovations” persistèrent. Mais déjà les mains commençaient à faire mal et les bras levés étaient douloureux. Déjà les hommes d'un certain âge gémissaient de fatigue. Cela devenait insupportablement absurde, même pour ceux qui adoraient Staline. Cependant, qui oserait s'arrêter le premier ? Le secrétaire du Comité du Parti du district aurait pu le faire. Il était debout sur la plate-forme, et c'est lui qui venait d'appeler à l'ovation. Mais c'était un nouveau venu. Il avait pris la place d'un homme qui avait été arrêté. Il avait peur ! Dans cette salle, parmi ceux qui étaient debout et qui applaudissaient, il y avait des membres du NKVD, et ils surveillaient qui cesserait le premier ! Et dans cette petite salle obscure, inconnue du Chef, les applaudissements continuèrent, six, sept, huit minutes ! Ils n'en pouvaient plus ! Les carottes étaient cuites ! Ils ne pouvaient plus s'arrêter maintenant, jusqu'à ce qu'ils s'effondrent d'une crise cardiaque ! A l'arrière de la salle, qui était bondé, ils pouvaient bien sûr tricher un peu, applaudir moins souvent, moins vigoureusement, avec moins d'empressement, mais là-haut avec le présidium où tout le monde pouvait les voir ? Le directeur de la fabrique de papier locale, homme solide et indépendant, était debout à la tribune et applaudissait, tout en comprenant à quel point la situation était fausse et sans issue. Il continuait à applaudir pour la neuvième minute consécutive ! La dixième ! Avec angoisse, il regarda le secrétaire du Comité du Parti du district, mais celui-ci n'osait pas s'arrêter. C'était de la folie ! De la folie collective ! Jusqu’au dernier homme ! Avec un enthousiasme feint sur leurs visages, en se regardant les uns les autres avec un pâle espoir, les dirigeants du district allaient simplement continuer à applaudir jusqu'à ce qu'ils s'écroulent sur place, jusqu'à ce qu'ils soient transportés hors de la salle sur des brancards ! Et même alors, ceux qui resteraient debout ne faibliraient pas... Puis, à la onzième minute, le directeur de la fabrique prit un air sérieux et s’assit à sa place. Et, oh, un miracle se produisit ! Où était passé cet enthousiasme universel, expansif, indescriptible ? Tous s'arrêtèrent comme un seul homme et s'assirent à leur tour. Ils avaient été sauvés ! L'écureuil avait été assez intelligent pour sauter hors de sa cage tournante. 

Seulement, c'était de cette façon-là, justement, qu'ils repéraient les esprits indépendants. Et c'est comme cela qu'ils les traquaient et les éliminaient. La nuit même, le directeur de la fabrique fut arrêté. Ils n'eurent pas de mal à lui coller dix ans pour un tout autre motif. Mais après la signature du procès-verbal de l'instruction, son interrogateur lui rappela :

‘Et ne soyez jamais le premier à vous arrêter d'applaudir !’ »

(Et que sommes-nous censés faire au juste? Comment sommes-nous censés nous arrêter?)

Voilà ce qu'est la sélection naturelle de Darwin. Et c'est également le moyen d'assommer les gens de bêtise. »

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