Abonnez-vous à la page Facebook et à la chaîne Vimeo Follow me on Facebook and the Unz Review

mercredi 31 mai 2017

Il faut rechercher le véritable Islam dans le passé, et non chez Daech



Par Robert Fisk




L’Emir Abdelkader était un musulman, un soufi, un Cheikh, un humaniste, protecteur de son peuple contre la barbarie occidentale, protecteur des chrétiens contre la barbarie musulmane, si noble qu’Abe Lincoln lui avait envoyé une paire de pistolets Colt.

Après le massacre de Manchester... oui, et après Nice et Paris, Mossoul et Abu Ghraib, le 7 juillet [2005 à Londres] et le massacre de Haditha – vous rappelez-vous de ces 28 civils, y compris des enfants, tués par les Marines américains, quatre de plus qu’à Manchester, mais pas une minute de silence pour eux ? Et bien sûr, le 11 septembre...

Rééquilibrer la réalité de la cruauté n’est pas une réponse, bien sûr. Juste un rappel. Tant que nous bombarderons le Moyen-Orient au lieu d’y rechercher la justice, nous serons nous aussi attaqués. Mais ce sur quoi nous devons nous concentrer, selon le monstrueux Trump, est le terrorisme, le terrorisme, le terrorisme, le terrorisme, le terrorisme. Et la peur. Et la sécurité. Ce que nous n’aurons pas tant que nous promouvons la mort dans le monde musulman et vendons des armes à ses dictateurs. Croyez au « terrorisme » et Daech gagne. Croyez en la justice et Daech est vaincu.

Je pense donc qu’il est temps de convoquer les mânes d’un homme connu sous le nom de l’Emir Abdelkader – musulman, soufi, Cheikh, guerrier redoutable, humaniste, mystique, protecteur de son peuple contre la barbarie occidentale, protecteur des chrétiens contre la barbarie musulmane, tellement courageux que l’Etat algérien a insisté pour que ses restes soient rapatriés au pays depuis sa bien-aimée Damas, si noble qu’Abe Lincoln lui a envoyé une paire de pistolets Colt et que les Français lui ont accordé la Grande Croix de la Légion d’honneur. Il aimait l’éducation, il admirait les philosophes grecs, il interdisait à ses combattants de détruire les livres, il adorait une religion qui croyait – considérait-il – aux droits de l’homme. Mais que tous les [rares] lecteurs qui connaissent le nom d’Abdelkader lèvent la main.

Nous devrions penser à lui maintenant plus que jamais. Il n’était pas un « modéré » parce qu’il a résisté sauvagement contre l’occupation française de sa terre. Il n’était pas un extrémiste car, durant son emprisonnement au château d’Amboise, il a décrit les chrétiens et les musulmans comme des frères. Il a été soutenu par Victor Hugo et Lord Londonderry et a gagné le respect de Louis-Napoléon Bonaparte (plus tard Napoléon III), et l’Etat français lui a versé une pension de 100 000 francs. Il la méritait.

Lorsque les Français ont envahi l’Algérie, Abdelkader Ibn Muhiedin al-Juzairi (Abdelkader, fils de Muhiedin, l’Algérien, 1808-1883, pour ceux qui aiment les obituaires) s’est engagé dans une guerre de guérilla victorieuse contre l’une des armées les mieux équipées du monde occidental – et il a gagné. Il a mis en place son propre État dans l’ouest de l’Algérie – musulman mais employant des conseillers chrétiens et juifs – et a créé des départements distincts (défense, éducation, etc.) qui s’étendaient jusqu’à la frontière marocaine. Elle avait même sa propre monnaie, la « muhamediya ». Il a fait la paix avec les Français – une trêve que les Français ont violée en envahissant encore son territoire. Abdelkader a exigé un prêtre au service de ses prisonniers français, leur rendant même la liberté quand il n’avait pas de quoi les nourrir. Les Français ont pillé les villes algériennes qu’ils ont capturées, (l’équivalent de) cent Haditha pour réprimer la résistance d’Abdelkader. Lorsqu’il fut finalement vaincu, il se rendit honorablement – livrant son cheval comme un guerrier – sur la promesse d’un exil à Alexandrie ou à Acre. Encore une fois, les Français le trahirent, l’emmenant en prison à Toulon puis à l’intérieur de la France.

Pourtant, dans son exil français, il a prêché la paix et la fraternité, a étudié le français, et a parlé de la sagesse de Platon et de Socrate, d’Aristote, de Ptolémée et d’Averroès. Il a plus tard écrit un livre intitulé Appel à l’Intelligent, qui devrait être disponible sur toutes les plateformes de médias sociaux. Il a du reste également écrit un livre sur les chevaux qui prouve qu’il a toujours été un arabe en selle. Mais son courage a encore été démontré à Damas en 1860, où il a vécu comme un exilé honoré. La guerre civile entre chrétiens et druzes au Liban s’est propagée à Damas où la population chrétienne s’est trouvée entourée par les Druzes musulmans qui sont arrivés avec une cruauté comparable à celle de Daech, brandissant des épées et des couteaux pour massacrer leurs adversaires.

Abdelkader a envoyé ses gardes musulmans algériens – sa milice personnelle – pour fendre la foule et escorter plus de 10 000 chrétiens dans son domaine. Et quand la foule aux couteaux est arrivée à sa porte, il l’a accueillie avec un discours qui est encore récité au Moyen-Orient (quoique totalement ignoré ces jours-ci en Occident). « Créatures pitoyables,  s’écria-t-il. Est-ce la manière dont vous honorez le Prophète ? Que Dieu vous punisse ! Honte à vous, honte à vous ! Le jour viendra où vous payerez pour ça... Je ne vous livrerai pas un seul chrétien. Ils sont mes frères. Sortez d’ici ou je lancerai mes gardes contre vous. »

Les historiens musulmans affirment qu’Abdelkader a sauvé 15 000 chrétiens, ce qui est peut-être un peu exagéré. Mais c’était un homme à imiter pour les musulmans et à admirer pour les Occidentaux. Il a exprimé sa révolte par des mots qui auraient sûrement été utilisés aujourd’hui contre les bourreaux fanatiques de Daech. Bien sûr, l’Occident « chrétien » l’honora à l’époque (bien qu’il ait reçu, de manière intéressante, une lettre d’éloges du leader musulman de la Tchétchénie alors largement indépendante). C’était un homme du « dialogue interreligieux » fait pour plaire au Pape Francis.

Abdelkader a été invité à Paris. Une ville américaine a été nommée après lui – Elkader dans le comté de Clayton, en Iowa, et elle est toujours là, 1 273 habitants. Fondée au milieu du 19ème siècle, lorsqu’il était naturel de nommer votre lieu de résidence d’après un homme qui, n’est-ce pas, faisait honneur aux Droits de l’homme de l’Indépendance américaine et de la Révolution française ? Abdelkader aurait flirté avec la franc-maçonnerie – la plupart des spécialistes considèrent qu’il n’y est pas entré – et aimait la science au point qu’il a accepté une invitation à l’ouverture du canal de Suez, qui était sûrement un projet impérial plutôt que scientifique. Abdelkader a rencontré De Lesseps. Il se considérait, pense-t-on, comme l’homme de la Renaissance de l’Islam, un homme pour toutes les saisons, le musulman pour tous, un exemple plutôt qu’un saint, un philosophe plutôt qu’un prêtre.

Mais bien sûr, l’Algérie natale d’Abdelkader est voisine de la Libye d’où est venue la famille de Salman Abedi, et Abdelkader est mort en Syrie, dont l’assaut par l’aviation américaine – selon la sœur d’Abedi – fut la raison pour laquelle il a massacré les innocents de Manchester. Ainsi, la géographie se contracte et l’histoire se dissipe, et le crime d’Abedi est, pour l’instant, plus important que toute la vie, l’enseignement et l’exemple d’Abdelkader. Donc, pour les Mancuniens, qu’ils se tatouent des abeilles ou qu’ils achètent simplement des fleurs, pourquoi ne pas aller à la bibliothèque centrale de Manchester au square St Pierre et demander Le Combattant compatissant d’Elsa Marsten ou Le Commandeur des croyants de John Kiser ou, publié il y a quelques mois, L’Emir Abdelkader: Apotre de la fraternité de Mustapha Sherif ?

Ce ne sont pas des antidotes pour le chagrin ou le deuil. Mais ils prouvent que Daech ne représente pas l’Islam et qu’un musulman peut gagner respect et honneur auprès du monde entier.

mardi 30 mai 2017

Sayed Khamenei : la fin des Saoud est inéluctable

Discours prononcé le 27 mai 2017 à l’occasion du premier jour du mois de Ramadan

Source : http://english.khamenei.ir/news/4866/The-Saudis-are-certainly-going-to-perish-Ayatollah-Khamenei

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr


Le premier jour du Ramadan, le mois béni de la révélation du Saint Coran, une cérémonie de liaison avec le Saint Coran a été tenue à la Husseinia de l'Imam Khomeini (ra), en présence de l'Ayatollah Khamenei, le Leader de la Révolution Islamique.

En accueillant le premier jour du Ramadan, parmi un groupe d'érudits coraniques (spécialistes de la récitation), le chef de la révolution islamique a déclaré : « Dans le vaste jardin qu’est l'Iran, partout, des fleurs représentant le Coran fleurissent : une par une, elles se révèlent. Ainsi, les graines de notre Saint Coran ont été répandues sur ces terres. C'est l'art de la Révolution. »

L'ayatollah Khamenei a annoncé : « Nous sommes encore loin en termes de liens et de bénéfices du Saint Coran. Ces réunions sont des étapes initiales [vers la consolidation du lien]. Si nous réfléchissons sur le Coran, les réponses correctes aux nombreuses questions de la vie apparaitront. »

lundi 29 mai 2017

Hassan Nasrallah on Donald Trump's visit to Saudi Arabia

Speech by Hezbollah Secretary General Sayed Hassan Nasrallah on May 25, 2017, on the occasion of the seventeenth anniversary of the Liberation of Southern Lebanon



Transcript :

Let's evoke the summit (of Riyadh). First, it was said that it was a triple [American-Arab-Muslim] summit, when in fact there was only one summit, Saudi Arabia and the United States, that is, between President Trump and King Salman, and the accompanying delegations.

The summit between the United States and the Gulf countries was nothing but a meeting of courtesy, a presentation, a ceremony. The (alleged) US-Arab-Islamic summit, bringing together 55 or 56 countries, was but a standing ovation to President Trump, and it was not a summit or conference. There were no preparatory committees, no material distributed to participants, no preliminary meeting of foreign ministries or ministries of defense..., neither draft declaration, nor debate, nor negotiations, nor exchanges, nor nothing all.

They brought together the Presidents of all the places of the [world]... most of the Arab and Islamic countries, then the King Salman gave a speech, President Trump gave a speech and then two or three words and that’s it, it was over. Even the rest of the statements were not made, because the King was then tired – at least that is what they have said in the media. And it was over. And everyone went home. This is the true description (of what happened). Everyone has returned to their country. There are even some delegations who have complained that no one took care to accompany them at the airport, “No one has taken leave of us.” And they were then all surprised to hear of what was called the Riyadh Declaration.

Here is the Riyadh Declaration (in my hands). This is only a US-Saudi statement. Of the 55 Arab countries, most were unaware of the existence of the Declaration and its content. And in itself, this is a scandal. Look, for example, on the text in the Declaration, it says that “The leaders present debated...”, “The leaders have confirmed...”, “The leaders stressed...”, “The leaders welcomed...”, “The leaders decided...”, etc. Whereas in reality the leaders have not debated, nor welcomed, nor underlined, they knew nothing, they did not hear anything, and there were even those who were sleeping...

Well afterwards, they became aware of the Declaration through the media. They learned about the statement through the media. The Riyadh Declaration is an American-Saudi Declaration, period. And of course, this is an outrage, and demonstrates a position of weakness, and of the farce that these (pseudo) summits and conferences constitute. Things do not happen like that anywhere in the world. And anyway, it has precedents in Saudi Arabia. Such a thing already happened before a year or two, in front of the resistance of Yemen and the Yemeni people, the Saudi Foreign Minister went out to raise the morals of his supporters and announced an Islamic Military Alliance of some 30 countries. And some countries have had the courage to say “Wallah, we are not aware, nobody told us or asked, we heard that in the media.” Imagine, then, a world Islamic military alliance is being formed (supposedly) with some countries some of which are not even aware of it! And they are informed by the media. It is not new for Saudi Arabia and (it is in accordance with) its (usual) processes. Therefore, the true summit is the bipartite summit (United States / Saudi Arabia).

So much for the background. What needs to be looked at closely, critically and debated is the bipartite agreement and what has been offered to the United States, what the United States has pledged in return and the consequences of this on the region, this is what is really serious. Everything else is speeches, words, stances, dinner, ceremonies, supper, fashion show, everything you want.

samedi 27 mai 2017

Donald Trump essaie de s'en tenir au script – mais il est sur le point de causer de gros dégâts au Moyen-Orient

Par Robert Fisk

À Riyad, Trump ne pouvait pas mentionner l'origine de la plupart des pirates de l'air du 11 septembre ou quelle culte ou croyance sunnite était l'inspiration de Daech, ni quel pays coupait les têtes avec le même engouement que Daech. (Réponse : l’Arabie Saoudite). Et quand il est arrivé en Israël lundi, Trump a été confronté à un nouveau protocole de censure : ne mentionnez pas qui occupait les propriétés de qui en Cisjordanie ou quel pays volait scandaleusement et incessamment des terres – légalement détenues par des Arabes – pour les Juifs et les Juifs seulement. (Réponse : Israël).


Donc bingo, dans la plus grande alliance du Moyen-Orient jamais créée dans l'histoire, les Saoudiens, les autres dictateurs arabes sunnites, le Président américain fêlé et le cynique Premier ministre israélien sont tous d'accord sur l'identité du pays diabolique qu'ils peuvent tous maudire d'une seule voix, qui a inspiré la « terreur mondiale», instigateur de l'instabilité du Moyen-Orient, la plus grande menace pour la paix mondiale : l'Iran chiite.

Donc quelques minutes après l'atterrissage à l'aéroport de Tel-Aviv, dont une partie des pistes se trouve de fait sur des terres possédées légalement par des Arabes palestiniens il y a 60 ans –, les rédacteurs de discours de Trump (parce que Trump ne peut certainement pas écrire ça) ont encore une fois débité leur haine de l'Iran, du « terrorisme » de l'Iran, des complots de l'Iran, du désir continu de l'Iran de construire une bombe nucléaire. Et tout cela alors que l'Iran vient de réélire un Président sain d’esprit qui a de fait signé l'accord nucléaire il y a deux ans, ce qui a considérablement réduit la menace stratégique que représente l'Iran pour Israël, les Arabes et l'Amérique.

« Il ne faut jamais permettre à l'Iran de posséder une arme nucléaire », a déclaré le Commandant en chef des États-Unis. L'Iran « doit cesser son financement, sa formation et son équipement mortels [sic] de terroristes et de milices ». Un martien qui aurait également atterri à Tel-Aviv en même temps conclurait sans doute que l'Iran était le créateur de Daech et qu'Israël était déjà en train de bombarder les cultistes cruels et violents du califat islamique. Et les martiens – sûrement plus intelligents que le Président des États-Unis – seraient donc vraiment abasourdis de découvrir qu'Israël a bombardé les Iraniens et les Syriens et leurs milices, mais n'a jamais bombardé Daech – pas une seule fois.

Pas étonnant que Trump ait essayé de s'en tenir à son script préparé. Sinon, il aurait pu faire quelque chose de sain d'esprit. Comme féliciter le nouveau Président de l'Iran pour sa victoire électorale et pour sa promesse de respecter l'accord nucléaire ; comme exiger la fin de l'occupation israélienne et de la colonisation israélienne des terres arabes ; comme dire aux dictateurs et princes du monde arabe vieux et croulants que la seule façon de se débarrasser – et de débarrasser l'Amérique – de la « terreur » est de traiter leurs peuples avec dignité et de préserver leurs droits de l'homme. Mais non, c'est trop sensible, trop juste et trop moral, et bien trop compliqué, pour un homme qui, depuis longtemps, a perdu pied avec la réalité et est entré dans le monde de Twitter. Et il parlait donc du « deal ultime » entre Israël et les Palestiniens – comme si la paix n'était qu'une marchandise à acheter ou à vendre. Tout comme le marché qu'il venait de conclure en Arabie Saoudite : des armes contre du pétrole et des dollars.

Mais ensuite, assis à côté de Netanyahu, l'homme est sorti du script. Au soulagement de tous, il est revenu sur les horreurs de l'accord nucléaire avec l'Iran, l’accord qui était « incroyable », une chose « terrible » dans laquelle s'étaient fourrés les États-Unis. « Nous leur avons donné une bouée de sauvetage – et nous leur avons également donné la possibilité de continuer la terreur ». La menace de l'Iran, a-t-il dit à Netanyahu, « a forcé les gens [sic] à s'unir d'une manière très positive ».

C'était vraiment « incroyable ». Trump, dans son innocence étrange, croit que le désir du monde musulman sunnite de détruire les l'Iran chiite et ses alliés est la clé de la paix israélo-arabe. Peut-être que c'est ce qu'il voulait dire, s'il voulait dire quoi que ce soit, quand il a déclaré que sa visite marquait « une occasion rare d'apporter la sécurité et la paix à cette région, à son peuple, de vaincre le terrorisme et de créer de l'harmonie et de la paix futures » (ce passage était dans le script, en passant, dans ce qu'il a appelé « cette terre ancienne et sacrée »). Il parlait d'Israël, mais il a utilisé la même phrase pour l'Arabie saoudite et le fera sans aucun doute à propos de la Suisse, du Lesotho, ou, pourquoi pas, de la Corée du Nord si cela lui apportait un quelconque bénéfice. Ou de l'Iran, d'ailleurs.

Qui sait si Trump va pouvoir faire face aux questions de la colonisation juive, du vol de terre et du petit dictateur palestinien lorsqu'il rencontrera Mahmoud Abbas mardi. Ou des droits de l'homme. Ou de la justice. Son discours au musée d'Israël sera phénoménal s'il sort du script. Mais les paris sont fermés sur le contenu : l'unité des Arabes sunnites dans la haine de l'Iran chiite (il laissera gracieusement les termes « sunnites » et « chiites » de côté pour ne pas trahir son jeu), les relations plus étroites entre les dictateurs du Golfe et leurs princes avec Israël-qui-accapare-les-terres, la nécessité pour les Palestiniens de mettre fin à la « terreur » contre leurs occupants (le mot « occupant » doit également être laissé de côté, bien sûr), et l'amour éternel, sans fin et sacré de l'Amérique pour Israël, quoi qu'ils fassent et en toutes circonstances, et quelles que soient les conséquences.

Dimanche, CNN a fait les titres avec le terme de « réinitialisation » avec les Arabes. Lundi, la BBC a titré une « réinitialisation » avec Israël. Ce qu'ils voulaient tous les deux dire, mais n'osaient pas exprimer, est que Trump pense qu'il peut amener les Arabes et Israël à détruire le pouvoir de l'Iran après les horribles années morales d'Obama. Cela signifie « la guerre », de préférence entre musulmans. Le « deal ultime », en effet.

vendredi 26 mai 2017

Hassan Nasrallah sur la visite de Donald Trump en Arabie Saoudite

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 25 mai 2017, à l'occasion du dix-septième anniversaire de la Libération du Sud-Liban

Source : http://almanar.com.lb/2088414

Traduction : sayed7asan.blogspot.com




Transcription :

Venons-en au sommet (de Riyad). Premièrement, il a été dit qu'il s'agissait d'un triple sommet [américano-arabo-musulman], alors qu'en vérité, il n'y avait qu'un seul sommet, à savoir le sommet bipartite entre l'Arabie Saoudite et les Etats-Unis, c'est-à-dire entre le Président Trump et le Roi Salmane, et les délégations qui les accompagnaient.

jeudi 25 mai 2017

Hassan Nasrallah on the hunger strike of Palestinian prisoners and international hypocrisy

Speech by Hezbollah Secretary General Sayed Hassan Nasrallah on May 2, 2017, on the occasion of the Day of the Wounded

This day in honor of the wounded of war, civilians and combatants, is commemorated on the 4th day of the Islamic month of Cha'ban, which saw the birth of Abu Fadhl al-Abbas b. 'Ali, mutilated and killed during the Battle of Karbala in defending Imam Hussein.

“We live in a world of wolves. There is no international law, there is only the law of the jungle. The strong eats the weak. If we are weak, we shall be eaten. If we are stronger, the world will respect us.”


Transcript:

[...] Two words on the general situation (in the Middle East).

The first thing to be said about the general situation in the region concerns the struggle for freedom and dignity that 1500 Palestinian prisoners are leading and... we are today on the 16th day of their hunger strike, with a supportive response from the Palestinian street, inside (occupied Palestine) and outside, towards this movement.

mercredi 24 mai 2017

Face aux attentats terroristes, où sont les « musulmans modérés » ?

SHAFAQNA - Après chaque nouvelle attaque terroriste en Occident, faussement commise au nom de l’Islam par des hérétiques ou des mercenaires, des politiciens tentent de profiter de la tragédie en faisant de tous les musulmans des boucs émissaires et en diabolisant toute une religion mondiale, alors même que plus de 90% des victimes de Daech sont des musulmans, qu'ils sont en première ligne pour les combattre et que les crimes commis par l'Occident ou Israël, principaux soutiens du takfirisme et du wahhabisme, ne sont (légitimement) pas imputés au christianisme ou au judaïsme. Le Dr John Andrew Morrow présente des faits avérés sur l’Islam et les musulmans.

Images intégrées 1


Traduction : fr.shafaqna.com

Selon le Pew Research Center, 93% du monde islamique est composé de sunnites, chiites et soufis. Ce sont les musulmans orthodoxes. 7% du monde islamique sont composés de Salafistes, Wahhabis et Takfiris. Ce ne sont pas des musulmans orthodoxes. Ce sont des hérétiques. Ce sont les personnes désignées en Occident comme des islamistes, des jihadistes et des islamo-fascistes. En termes statistiques, il n’y a absolument aucun doute que l’écrasante majorité des musulmans sont tout aussi respectueux des lois que les membres de toute autre foi monothéiste. Quiconque prétend autre chose est malhonnête et trompeur...

[Ceux qui stigmatisent les musulmans] invoquent le fait que de nombreux musulmans du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud soutiennent la peine de mort pour l’apostasie. Cependant, ils ignorent commodément l’image plus large. 71% de musulmans tunisiens, 73% de musulmans thaïlandais, 78% de musulmans tadjiks, 83% de musulmans turcs, 82% de musulmans indonésiens, 85% de musulmans de Bosnie et de Russie, 89% de musulmans du Kosovo, 92% de musulmans albanais et 96% des musulmans kazakhs s’opposent à la peine de mort pour les personnes qui quittent l’Islam...

Plus de 60% des musulmans soutiennent la démocratie. Si cela semble faible pour certains, c’est parce que les musulmans ont été victimes de fausses démocraties depuis la fin de l’époque coloniale. Si 40% s’opposent à la démocratie, c’est la « démocratie » des dictateurs et des monarques militaires à laquelle ils s’opposent, ainsi que la « démocratie » de l’invasion et de l’occupation occidentales. Interrogés sur la liberté religieuse, 92,6% des musulmans ont affirmé que c’était une bonne chose. Comme le confirme le Pew Research Center, la majorité des musulmans s’opposent à l’extrémisme, au terrorisme et aux attentats suicide...

Dénoncer les islamistes radicaux et les djihadistes n’est pas un acte islamophobe. Je le fais tout le temps et je suis un musulman pratiquant. Mettre tous les musulmans dans le même sac, les peindre grossièrement, falsifier les faits et essayer de convaincre les gens que même les femmes musulmanes éduquées, non voilées et sans accent sont des extrémistes, c’est l’exemple même de l’islamophobie. Il est également islamophobe de prétendre que les musulmans ne se mobilisent pas pour dénoncer la terreur islamiste parce qu’ils ont secrètement une sympathie pour les terroristes. Faux ! Ils le dénoncent tout le temps, par millions. Les voix musulmanes, cependant, sont systématiquement censurées par les médias dominants.

Combien de personnes ont entendu parler du Code d’honneur musulman de l’ISNA (Société Islamique d’Amérique du Nord)? Il dénonce l’extrémisme et la violence.

mardi 23 mai 2017

Le discours de Donald Trump au monde musulman était plein d’hypocrisie et de condescendance



Par Robert Fisk



Bien qu’il ait prétendu qu’il ne donnerait pas de leçons, le Président a fait exactement cela, affichant un parti pris anti-iranien flagrant visant à apaiser la nation avec qui il venait de signer un accord d’armes de plusieurs milliards de dollars aux dépens de la vérité.


Ainsi, après avoir inventé les « fake news » (fausses informations), ce dimanche, le Président fou de l’Amérique a adressé aux musulmans du monde un faux discours. Donald Trump a déclaré qu’il n’était pas en Arabie Saoudite pour « donner des leçons » mais a ensuite dit aux prédicateurs islamiques du monde ce qu’ils devaient dire, a condamné le « terrorisme islamiste » comme si la violence était un phénomène exclusivement musulman et a enfin annoncé, tel un Prophète de l’Ancien Testament, qu’il était engagé dans « une bataille entre le bien et le mal. » Il n’y eut aucun mot de compassion, aucun mot de pitié, absolument aucun mot d’excuses pour ses discours racistes et anti-musulmans de l’année dernière.

Encore plus incroyable, il a reproché à l’Iran – plutôt qu’à Daech – d’avoir « alimenté la violence sectaire », exprimé de la pitié pour le « désespoir » du peuple iranien un jour après qu’il ait librement élu un réformateur libéral [Hassan Rohani] pour Président et exigé davantage d’isolement contre le plus grand pays chiite du Moyen-Orient. Le régime responsable de « tant d’instabilité » est l’Iran. Le Hezbollah chiite a été condamné. De même pour les Yéménites chiites. Les hôtes saoudiens sunnites de Trump ont rayonné de bonheur face à une telle sagesse.

Et cela a été résumé par CNN comme un discours de « réinitialisation » avec le monde musulman. Pour « réinitialisation », lisez « réparation », mais la diatribe de Trump dimanche à Riyad n’était en fait ni une « réinitialisation » ni une « réparation ». C’était la leçon qu’il avait assuré qu’il ne donnerait pas.

« Chaque fois qu’un terroriste tue un homme innocent et invoque faussement le nom de Dieu, ce devrait être une insulte pour toute personne de foi », a-t-il annoncé, ignorant royalement – comme il le devait – le fait que l’Arabie Saoudite, et non l’Iran, est la source même de l’extrémisme très salafiste et wahhabite dont les « terroristes » assassinent des « innocents ».

Il a tenté d’éviter son ancien mantra raciste de « l’extrémiste islamique radical » et a tenté de le remplacer par « l’extrémisme islamiste », mais il s’est apparemment emmêlé les pinceaux et a également dit « islamique ». La distinction subtile qu’il essayait de faire en anglais n’était donc pour les musulmans pas plus qu’une variation sur un thème : les terroristes sont musulmans.

Tout cela, rappelons-nous, est venu après que Trump ait encore concocté un autre accord de vente d’armes avec les Saoudiens (110 milliards de dollars ou 84,4 milliards de Livres Sterling) et l’achat proposé par le Qatar de ce que Trump a qualifié de manière obscène de « beaucoup de beaux équipements militaires. » Il semble presque fantastique qu’il fasse une telle remarque seulement deux jours avant de rencontrer le Pape qui, deux semaines auparavant au Caire, a pesté avec le Cheikh musulman d’Al-Azhar contre le mal causé par les marchands d’armes.

« Nous adoptons un réalisme de principes, ancré dans des valeurs communes et des intérêts partagés », a déclaré Trump aux Saoudiens et aux dirigeants d’une cinquantaine de pays musulmans dimanche. Mais quelles sont donc ces valeurs ? Quelles valeurs les Américains partagent-ils avec les Saoudiens coupeurs de têtes, misogynes, antidémocratiques, dictatoriaux, autres que les ventes d’armes et le pétrole ?

Et quand Trump a déclaré que « nos amis ne remettront jamais en question notre soutien, et nos ennemis ne douteront jamais de notre détermination », est-ce que ses amis étaient censés être les Saoudiens ? Ou le « monde islamique », qui devrait certainement inclure l’Iran, la Syrie et le Yémen – et les milices belligérantes de Libye ? En ce qui concerne les « ennemis », parlait-il de Daech ? De la Russie ? De la Syrie ? Ou de l’Iran, dont le Président nouvellement élu veut sûrement la paix avec l’Amérique ? Ou bien, comme une partie du monde musulman le déduira avec de bonnes raisons, déclarait-il son amitié avec les musulmans sunnites du monde et son inimitié envers les musulmans chiites ?

Car c’est de cela, en fin de compte, qu’il s’agissait à cette fête-des-discours de Riyad. Prenez cette petite citation : « Nous allons prendre des décisions basées sur des résultats réels et pas sur une idéologie inflexible. Nous serons guidés par les leçons de l’expérience, et non par les limites de la pensée rigide. Et, chaque fois que ce sera possible, nous chercherons des réformes progressives et pas une intervention soudaine. » Examinons maintenant cette petite horreur. Les « décisions basées sur des résultats réels » signifient un pragmatisme brutal. Les « réformes progressives » indiquent que les États-Unis ne feront rien pour les droits de l’homme et ne prendront aucune mesure pour empêcher les crimes contre l’humanité – à moins qu’ils ne soient commis par l’Iran, la Syrie, les chiites irakiens, le Hezbollah libanais chiite ou les Houthis yéménites chiites.

Il s’agissait de « partenariat », devions-nous croire. Il s’agissait d’une « coalition ». Vous pouvez le pariez. Car l’Amérique ne va pas saigner comme elle l’a fait en Irak et en Afghanistan. Ce sont les Arabes qui doivent saigner en se battant les uns contre les autres, encouragés par leur plus grand fournisseur d’armes. Ainsi, Trump leur a donné des leçons sur leur besoin d’assumer « leur part du fardeau ». Les Arabes seront « unis et forts » en tant que « forces du bien ». Si la bataille se déroule entre des « personnes décentes de toutes les religions » et des « criminels barbares » (« entre le bien et le mal »), comme Trump a conclu, il était significatif, n’est-ce pas, que cette bataille ait dû commencer dans le « pays sacré » de l’Arabie Saoudite sunnite.

Au moment où Trump a atteint la partie de son discours dans laquelle il a menacé les méchants – « si vous choisissez la voie de la terreur, votre vie sera vide, votre vie sera brève et votre âme sera damnée » –, il avait l’air d’un auteur de discours pour Daech. Apparemment – et sans surprise, peut-être – le discours de Trump était en partie le travail de l’homme même qui a écrit sa tentative juridique très ridiculisée (et qui a échoué) de bannir des États-Unis les musulmans de sept nations. Dans l’ensemble, tout à fait une « réinitialisation ». Trump a parlé de la paix mais préparait les Arabes à une guerre sunnites-chiites. Les dirigeants serviles du monde musulman, inutile de le dire, ont applaudi lorsque le Président fou de l’Amérique a fini de parler. Mais ont-ils compris ce que ses mots présageaient vraiment ?