vendredi 22 septembre 2017

Michael Chetkof : le déjeuner à 30 000 dollars (par Norman Finkelstein)



Voici un extrait d’un article à venir (qui sera publié en octobre 2017) exposant le coup monté, le chantage et le plumage en règle d’un ancien brillant étudiant, le Dr Baldeo, immigrant musulman guyanais, médecin et humanitaire. L’avocat Michael Chetkof a reçu une copie de l’extrait. Il ne s’est pas opposé à son contenu factuel. Si vous souhaitez soutenir mes efforts pour obtenir justice, signez la pétition et dites aux avocats Allyson Burger et Michael Chetkof d’Arrêter leur chantage ! 


Contactez-les par courriel (scrlaw@scrllp.com) ou téléphone (1-516-873-0683) pour exprimer votre indignation.

Norman Finkelstein

***


LE DÉJEUNER A 30 000 DOLLARS

« Signez ! Signez !! Signez !!! »

4 août 2017

Les vautours avaient plané en cercle tout au long de la matinée.

À 14h, ils ont amorcé leur piqué pour la mise à mort. Leur proie, le Dr Baldeo, était dans une salle de conférence à Mineola, au Tribunal des Affaires Familiales de Long Island [New York]. Lui, son père, ses deux avocats et moi étions assis autour de la table.

La veille au soir, ses avocats, Dennis Wrong et Betti Sachs, avaient négocié avec leurs adversaires pendant plusieurs heures. J’ai reçu une copie du nouvel accord proposé (le terme technique est « Stipulation ») par courrier électronique. Il était douloureusement évident que le Dr Baldeo avait tout perdu. Le lendemain matin, j’ai décidé de renoncer aux circonlocutions.

« Vous n’avez rien [obtenu pour votre client] », ai-je craché. Wrong pouvait voir que j’étais déterminé, alors lui aussi (pour changer) a décidé de renoncer au baratin.

« C’est vrai, nous n’avons rien [obtenu]. »

« Alors en toute conscience, je ne peux pas recommander que le Dr Baldeo signe l’accord. »

La veille, le Dr Baldeo et moi avions réduit les points de discorde à cinq. J’espérais gagner sur quelques points symboliques, totalisant 30 000 dollars, afin de permettre à Baldeo de sauver la face et de ne pas sortir un homme brisé. Il avait déjà perdu plus d’un million de dollars en liquidités ainsi que sa maison, toutes les économies de sa vie.

Les avocats de la partie civile [qui porte plainte], Azimoon [ex-femme du Dr Baldeo lui intentant un procès pour des sévices imaginaires après 27 ans de mariage], ont concédé quelques-uns des points symboliques, mais ils ont augmenté leurs nouveaux honoraires d’avocat de 30 000 dollars. De mes propres oreilles, et directement de la bouche du principal concerné, j’avais entendu Michael Chetkof, le partenaire principal représentant Azimoon, fixant les nouveaux honoraires d’avocat à 50 000 dollars. Mais quand il est rentré du déjeuner une heure plus tard, Chetkof a demandé 80 000 dollars.

Il facturait 30 000 dollars de l’heure pour sa pause déjeuner !

Après avoir informé les avocats de Baldeo que je ne permettrais aucune pression morale sur lui, les avocats des deux parties se sont engagés dans une autre série de négociations. Les avocats de Baldeo sont sortis de la salle une heure plus tard, abattus.

Derrière eux, Chetkof marchait. « Vous êtes passé de 50 000 dollars à 80 000 dollars en un clin d’œil », ai-je crié. « Vous êtes un goniff ! » [crapule en yiddish ; Finkelstein et les avocats de la partie adverse sont Juifs]. Visiblement ébranlé, Chetkof a promptement battu en retraite. Quelques instants plus tard, il a réduit les nouveaux frais d’avocats de 5 000 dollars.


Première leçon : Un éclat éphémère guidé par laser sur la personne publique de « M. Goniff » a obtenu plus, bien que cela reste misérable, que les avocats de Baldeo pendant des heures de négociations fastidieuses.

Mais les signes de la tragédie à venir étaient manifestes. Les honoraires des avocats s’accumulaient. En vertu du droit matrimonial actuel, le « conjoint à revenu inférieur » ne paie pas de frais d’avocat. En somme, le Dr Baldeo a dû payer la facture de quatre avocats, les siens et ceux d’Azimoon.

La « logique » derrière cette loi est d’équilibrer le terrain de jeu légal entre les parties. Mais le résultat pratique était que les avocats n’avaient aucune raison de parvenir à un accord. Plus les discussions étaient prolongées, plus ils gagnaient gros, d’autant plus que Baldeo était médecin : c’est-à-dire, une vache à lait.

Chetkof et Burger facturaient 950 dollars de l’heure ; les avocats du Dr Baldeo 500 dollars de l’heure. Après chaque jour à la Cour, Baldeo était plus pauvre de 10 000 dollars. Si l’affaire continuait quelques jours de plus, il se retrouverait dans la prison des débiteurs.

Si Chetkof et Burger ont fini par parvenir à un accord, c’était parce que – savourant le lucre, léchant leurs côtelettes, avides de chair fraiche – ils voulaient leurs honoraires maintenant, pas plus tard.

Chaque fois que Chetkof entendait « honoraires d’avocat », ses yeux s’illuminaient comme des feux de joie. Wrong l’a surnommé « Mr Check-Talk » (Chetkof-le-parleur).

Après des menaces et des intimidations implacables, aggravées par l’augmentation des honoraires des avocats, le Dr Baldeo a finalement succombé.

Il n’a jamais eu de journée de défense à la Cour. Il n’a même pas réussi à contre-interroger le premier témoin. Le procès était terminé avant qu’il ne commence.

« Il faut en finir », soupira Baldeo résigné, un sourire mortifié sur le visage.

Juste avant la signature de l’accord, Chetkof s’approcha du Dr Baldeo.

« Je veux que vous sachiez que je vous respecte. »

Chetkof et Burger avaient allégué dans des centaines de pages de documents de la Cour que le Dr Baldeo était un monstre sadique.

Mais maintenant, Chetkof dit : « Je vous respecte ».

Chetkof, bien sûr, ne croyait pas un mot figurant dans les documents de la Cour. Il savait bien que ce n’étaient que des mensonges.

Sinon, comment pourrait-il « respecter » le docteur Baldeo ? Est-ce que le procureur « respectait » Jack l’Éventreur ?

Mais la vérité n’a pas empêché Chetkof de piéger et de faire chanter le Dr Baldeo.

De le torturer.

« Mon travail consiste à faire tout ce qu’il faut pour gagner », a crachoté Chetkof juste avant le dénouement ; « Baldeo est stupide de ne pas signer. Il va être détruit. »

Les quatre premiers jours à la Cour, Chetkof a creusé profondément dans son sac de vils procédés afin que le docteur Baldeo se torde dans une déchirante agonie.

Mais tout comme l’agent de Gestapo qui augmente l’ampérage sur les testicules de « l’accusé », il n’y avait rien là de personnel.

Les mots ont coulé si simplement des lèvres de Chetkof : « Je vous respecte. »

Blasé et évidé par dessiccation de toute morale par des décennies d’administration des électrodes, Chetkof n’a même pas remarqué l’ironie dans son éloge.

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