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samedi 30 juin 2018

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères

Moscou, 28 juin 2018

Sur le déroulement de la Coupe du Monde de football

La Coupe du Monde de football bat son plein, la phase de groupe prend fin. Nous suivons tous de près la compétition et supportons, avant tout, le beau jeu. A mon avis, tout le monde sait déjà à quel point les sélections, les entraîneurs et ceux qui organisent le travail et le séjour des équipes nationales apprécient l'organisation de la Coupe du Monde en Russie.

Vous avez certainement vu beaucoup de messages en ce sens sur les réseaux sociaux. Le sujet dominant est actuellement l'accueil des visiteurs par les Russes, qui le font traditionnellement avec l'esprit et le cœur ouverts. C'est magnifique. Nous ne nous attendions pas à une telle réaction. Nous constatons que la majorité écrasante des médias étrangers publient des articles objectifs sur les événements relatifs à la Coupe du Monde à Moscou, à Saint-Pétersbourg, à Ekaterinbourg et dans les autres villes qui accueillent cette fête sportive.

Nous constatons avec plaisir que le succès de la Coupe du Monde en Russie est reconnu même pas ceux qui avaient une attitude méfiante envers cet événement et la Russie en général. Ainsi, le Ministre lituanien des Affaires étrangères Linas Linkevičius a souligné qu'il ne constatait aucun effet de l'idée du Ministre ukrainien des Sports Igor Jdanov de boycotter cet événement sportif, idée qui avait été soutenue par le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson et les autorités de certains autres pays.  

Comme nous l'avons déjà souligné, la réalité est le meilleur argument dans la lutte contre la propagande et la volonté de présenter ses rêves comme la réalité. Voilà qui éclaire la question de l'isolement de la Russie. Il vaut mieux ignorer ceux qui affirment que la Russie est isolée. Car ils mentent. Ils auraient bien voulu isoler la Russie, mais ils ont échoué. Notre constat principal d'aujourd'hui réside dans une ligne de partage entre ceux qui voulaient et veulent cet isolement - et tentent toujours de l'obtenir - et les gens normaux et ordinaires qui habitent dans le monde entier, ont leur propres opinions et préférences politiques, comprennent que les concepts tels que la "paix", le "bon voisinage" et le "sport au nom de la paix" sont plus importants que la politisation de ces questions. Ceux qui se sont rendus dans notre pays par le passé peuvent facilement comprendre ce qui est vrai et ce qui est faux. Ils avaient des éléments de comparaison. Beaucoup de personnes se rendaient pourtant pour la première fois en Russie. Malgré les craintes propagées par les médias, elles sont venues en Russie et peuvent voir la situation de leurs propres yeux.

Comme vous le savez, nous accueillons des délégations officielles, des représentants de l'establishment politique de différents pays. Cela concerne notamment la princesse japonaise Hisako de Takamado, qui n'était jamais venue en Russie. Selon le journal australien The Sidney Morning Herald, il s'agit de la première visite d'un membre de la famille royale japonaise en Russie. Le même quotidien cite également les propos de la princesse qui affirme qu'il s'agit d'un «grand honneur» pour elle. Nous sommes heureux que ces informations atteignent l'audience dans d'autres pays.

Les médias polonais, qui sont malheureusement tout sauf russophiles, font eux aussi remarquer que toutes les conditions ont été réunies pour les supporters et que des opportunités uniques leur ont été offertes pour savourer cette fête sportive. Ainsi, selon la première radio polonaise RFM FM, Moscou s'est «parfaitement préparé à la Coupe du Monde».    

Les médias des pays baltes affirmaient initialement - à notre grand regret - que cet événement échouerait et qu'il ne fallait pas s'y rendre car les Russes allaient tout rater. Ils ont pourtant changé de ton pour adopter une position plus amicale. Autrement dit, nous constatons aujourd'hui la victoire de la réalité sur les clichés artificiels qu'on insuffle aux esprits des citoyens.

Ainsi, l'envoyé spécial du journal britannique The Independent Oliver Carroll a publié un article sur la fraternisation des supporters russes et anglais, contenant une rétrospective historique de l'évolution des relations entre les deux pays. On voit beaucoup de publications de ce genre en Europe, en Asie ou en Afrique.

Le quotidien britannique The Daily Telegraph a écrit que le match de la sélection anglaise à Volgograd avait probablement été l'une des rencontres sportives les plus amicales de l'histoire des compétitions de football. C'est très important, car c'est au Royaume-Uni qu'on effrayait les gens en les avertissant de l'agressivité prétendue des fans et des hooligans russes. Tout le monde se rappelle des documentaires horribles et honteux de la BBC diffusés il y a encore 18 mois, selon lesquels il ne fallait pas rendre en Russie parce que les supporters anglais pourraient être la cible de violences.

Dans une interview accordée au Belfast Telegraph, le supporter anglais Billy Grand admet qu'il était encore un peu nerveux quand il descendait de l'avion. Cependant, quand il est arrivé dans la ville et s'est promené dans la fan-zone, les gens l'embrassaient et voulaient se faire photographier avec lui. "Je veux dire à tout le monde: ne croyez pas ce que vous lisez dans les journaux. Venez et persuadez-vous vous-mêmes". On a interrogé un autre supporter anglais pour lui demander s'il faisait encore confiance aux informations négatives sur la Russie présentées par les médias britanniques. Ce fan a répondu qu'il avait tout vu de ses propres yeux et n'y croyait plus.    

Le quotidien norvégien Dagbladet indique que la Russie a fait ses preuves en tant qu'organisatrice de la Coupe du Monde, et que les interlocuteurs de son envoyé spécial sont frappés par l'absence de violence et de troubles lors de la compétition.

Øystein Bogen, journaliste de la chaîne norvégienne TV 2 Norge, décrit ainsi la situation: "Aujourd'hui, je comprends mieux pourquoi tu te sens si bien lors des Coupes du Monde. C'est un divertissement magnifique. C'est la fraternisation qui se répand hors des frontières nationales, un événement impressionnant. Il faut honorer le pays organisateur pour ce qu'il a fait".

Les réactions négatives traditionnelles sont malheureusement présentes elles aussi. Le quotidien américain The Wall Street Journal a publié un article de Joshua Robinson soulignant que les victoires "impressionnantes" de la Russie sur ses deux premiers adversaires soulevaient "beaucoup de questions" compte tenu des scandales de dopage à Sotchi. De quelles questions s'agit-il? Et qui les soulève? Nous avons déjà publié un communiqué sur ce thème. Je voudrais souligner encore une fois que nous appelons tous ceux qui ont des doutes à consulter les conclusions de la commission antidopage et le communiqué du service de presse de la FIFA qui indique que l'enquête sur les joueurs russes inclus sur la liste préliminaire de la Coupe du Monde 2018 a pris fin, et que tous les dossiers ont été fermés.     

Outre les informations propagandistes et peu objectives, il existe des fakes manifestes. Il est visiblement difficile, pour certains, d'accepter que la Russie n'est en aucune façon le pays barbare qu'ils avaient décrit. C'est pourquoi les médias occidentaux ne rechignent pas à publier des fakes. Ainsi, on a partagé sur les réseaux sociaux une photo présentant des dizaines de corps de chiens au milieu d'une route. On affirmait bien sûr que cette photo était relative à la Coupe du Monde de football en Russie. Il s'est pourtant avéré plus tard que cette image avait été prise au Pakistan et pas en Russie. On a même trouvé son auteur: Akhtar Soomro, photographe de l'agence Reuters. Qui plus est, ce cliché a été pris le 4 août 2016 dans la ville de Karachi. On a même présenté la photo originale. Les agences de presse se sont pourtant déjà servies de cette image, notamment l'AFP qui a présenté cette photo dans une publication sur les événements en Russie avant la Coupe du Monde de 2018. On constate donc, malheureusement, des fakes manifestes.

Autre exemple sur la chaîne CNN, selon laquelle Mohamed Salah, attaquant de l'équipe égyptienne et du club de Liverpool, pourrait quitter la sélection nationale car il serait mécontent de la situation en Tchétchénie. Avant de diffuser cela à la télévision, on aurait pu au moins consulter la position officielle de la sélection ou contacter le joueur. Le service de presse de la Fédération égyptienne de football indique qu'il ne sait rien de la volonté prétendue de Mohamed Salah de quitter l'équipe. Certains ont donc recours à des techniques malpropres.

Nous avons souvent entendu dire que la Russie voulait utiliser les compétitions à ses propres fins politiques. Nous constatons pourtant l'utilisation des événements sportifs à des fins politiques dans d'autres pays. Il y a beaucoup d'exemples. Nous soulignons toujours que le sport n'est pas de la politique, que la politisation de ce sujet torpille les événements sportifs et nuit aux athlètes.     

Je ne peux pas ne pas mentionner le fait suivant. Nous avons été choqués par un événement organisé par l'OSCE à Kiev sur "La liberté de la presse", relié à la Coupe du Monde de football pour des raisons qu'on ignore. Y a-t-il des problèmes avec l'accréditation des journalistes ou des interdictions d'accès aux événements? A mon avis, tout est organisé de manière très transparente, claire et logique. Le plus important est que nous n'entendons aucun reproche de la part des journalistes. Nous ne comprenons donc pas comment on peut relier ces deux thèmes. 

Les médias allemands sont allés le plus loin dans la politisation de la Coupe du Monde. Je leur demande pardon, mais c'est absolument impossible à lire. On constate chaque jour, depuis quelques semaines, des appels incessants à ne pas aller en Russie adressés à leurs dirigeants politiques, leurs politiciens et leur opinion publique. Les mêmes articles, tous les jours. Je ne sais pas quelle est leur audience-cible, visiblement pas les Russes. Peut-être les joueurs allemands. Après avoir lu les appels à boycotter les matchs adressés aux dirigeants politiques, la sélection allemande l'a probablement considéré comme une instruction. Les politiciens n'ont donc plus aucune raison de visiter la Russie. Il ne s'agit, bien sûr que d'une supposition personnelle.  

Maintenant, je voudrais citer les propos de participants à la Coupe du Monde qui doivent quitter la compétition après avoir été éliminés en phase de groupe. Ils ont donc formé leur opinion définitive de ce qu'ils avaient vu. Ainsi, la sélection islandaise - elle a d'ailleurs gagné les cœurs de beaucoup de Russes qui sympathisaient, supportaient et se réjouissaient de ses accomplissements ou éprouvaient de la douleur face à ses échecs - a écrit sur sa page Twitter: "Cette Coupe du Monde a été épique. Nous avons laissé absolument tout sur la pelouse et quittons le tournoi la tête haute. Merci aux meilleurs supporters du monde! Merci à la Russie pour cet accueil si chaleureux!" Le gardien de l'équipe marocaine Yassine Bounou a souligné après le match contre l'Espagne que la Russie avait de "bons stades, des citoyens amicaux et de très belles villes". Le milieu de terrain de la sélection nigériane John Obi Mikel, qui a fait des miracles lors de cette Coupe du Monde, a fait ce commentaire à la presse: "Tout le monde nous accueille très bien en Russie et nous soutient. Il n'existe aucune manifestation de racisme. Le niveau de soutien est même surprenant". Il est à noter que le racisme - tout comme les hooligans - était le sujet préféré de beaucoup de médias occidentaux qui déconseillaient aux gens de se rendre en Russie.

Nous continuerons de suivre de près ce sujet et de supporter notre équipe, ainsi qu'un jeu bon, beau et de qualité.       
Sur la visite en Russie d'Ayman Sadafi, Ministre jordanien des Affaires étrangères et des Expatriés

Mercredi 4 juillet est prévue la visite de travail du Ministre jordanien des Affaires étrangères et des Expatriés Ayman Sadafi à Moscou.

Durant l'entretien, les deux chefs de diplomatie échangeront leur avis sur l'agenda régional et international en mettant l'accent sur le processus de paix syrien dans le contexte du fonctionnement, en Syrie, de zones de désescalade avec la participation de la Russie, des USA et de la Jordanie, ainsi que sur le dossier israélo-palestinien. Ils évoqueront également les questions relatives au développement de la coopération bilatérale.

Nous notons que le dialogue politique russo-jordanien se distingue par un niveau de confiance élevé, ainsi que la convergence ou la coïncidence des approches de nos deux pays sur plusieurs problèmes-clés régionaux et internationaux.

Sur la situation actuelle en Syrie

La situation en Syrie reste difficile. Faute de mouvement vers la paix et le règlement politique basé sur la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies de la part de l'opposition radicale syrienne et de ses sponsors, les abcès de la présence des groupes terroristes sur le sol syrien crèvent l'un après l'autre. Le Front al-Nosra et les vestiges de Daech profitent de l'anarchie qui règne sur les territoires incontrôlés par le gouvernement syrien, renforcent leur potentiel opérationnel et passent aux provocations actives.

Malheureusement, la zone de désescalade du sud, mise en place suite à un accord trilatéral entre la Russie, les USA et la Jordanie approuvé par une déclaration des présidents de la Russie et des USA du 11 novembre 2017 et par les décisions prises au format d'Astana, n'a pas fait exception.

En dépit de leurs engagements, nos partenaires n'ont pas réussi à garantir le maintien du cessez-le-feu du côté de l'opposition armée et la poursuite de la lutte contre les groupes extrémistes (Daech, Front al-Nosra/Al-Qaïda, et d'autres reconnus comme tels par le Conseil de sécurité des Nations unies). En fin de compte, l'objectif de garantie de l'absence totale de combattants étrangers dans la zone de désescalade n'a pas été atteint.

Au lieu des processus de réintégration progressive de la zone dans l'espace syrien, dans le cadre des efforts pour le maintien de l'unité et de la souveraineté de la Syrie, l'isolement de la région sud-ouest vis-à-vis du reste du pays se poursuit. La question du rétablissement du contrôle des autorités syriennes officielles sur les postes de contrôle frontaliers et de l'ouverture de la frontière jordano-syrienne pour le passage de cargaisons commerciales et des civils n'a pas été réglée comme le prévoyait le mémorandum russo-américano-jordanien du 8 novembre 2017.

Au lieu de cela, les bombardements se sont poursuivis depuis la zone de désescalade contre les villes de Deraa et de Soueïda. Malheureusement, on déplore des morts parmi les civils.

Le 24 juin les forces gouvernementales syriennes ont lancé au sud-ouest du pays une offensive visant à éliminer les terroristes et à rétablir l'unité du pays.

Le 25 juin, le plateau Al-Lejâh a été nettoyé et la commune de Bosr al-Kharir, dans la province de Deraa, a été libérée. Daech a été repoussé des villages de Kaous Abou Jabal et de Tel Mouguir à l'est de la province voisine de Soueïda.

Une grande partie des groupes armés locaux, indignés par l'oppression incessante de la population civile par Nosra, est passée du côté de l'armée syrienne.

Les militaires russes du Centre de réconciliation des belligérants font tout pour qu'un accord de trêve soit passé entre les autorités syriennes et les groupes d'opposition armée qui ne coopèrent pas avec les terroristes.

La Russie n'a pas quitté les mémorandums convenus avec la participation des USA et de la Jordanie du 7 juillet 2017 et du 8 novembre 2017 sur la zone de désescalade au sud-ouest de la Syrie. Nous réaffirmons la nécessité de remplir leurs termes, notamment sur la lutte contre les terroristes du Front al-Nosra et de Daech et sur l'élimination de leur présence dans cette zone. Ce que font aujourd'hui les militaires syriens avec le soutien de l'aviation russe aurait dû l'être depuis longtemps par nos partenaires américains.

Dans le même temps, la décision prise récemment par l'administration américaine d'allouer 6,6 millions de dollars aux Casques blancs en Syrie soulève à nouveau des doutes sur la sincérité de Washington dans sa volonté d'éradiquer au plus vite le terrorisme, de régler et de stabiliser la situation en Syrie. Beaucoup de choses ont déjà été dites sur l'activité douteuse des Casques blancs, directement impliqués dans la guerre médiatique antisyrienne de l'Occident et notamment dans l'organisation de provocations chimiques retentissantes. En fait, les USA et leur coalition continuent de soutenir les provocateurs agissant de concert avec les terroristes.

Je ne peux pas passer à côté d'un autre sujet qui est une conséquence douloureuse de la longue crise syrienne: les problèmes des réfugiés et des déplacés internes. Le règlement de cette question nécessite non seulement la garantie du niveau de sécurité nécessaire, mais également la reconstruction des sites économiques et sociaux vitaux. Les réfugiés ne peuvent pas revenir dans leur foyer tant que l'électricité, l'eau, les fournitures régulières de nourriture et de produits de première nécessité ne seront pas rétablies, tant que les écoles et les établissements médicaux ne rouvriront pas. En priorité, il faut créer des emplois pour que les hommes puissent nourrir leur famille et élever dignement leurs enfants.

Les militaires russes continuent de nettoyer des explosifs les communes libérées. C'est également une grande contribution à la création des conditions pour un retour volontaire, sûr et digne des milliers de Syriens dans leur foyer.

Nous saluons toute initiative de la communauté internationale visant à apporter une aide à la Syrie et à son peuple, ainsi qu'à contribuer au règlement le plus rapide possible de la situation dans ce pays sur la base solide du droit international, notamment de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Sur le retour des enfants russes du Kurdistan irakien chez eux

Le 29 mai, le Consulat général de Russie à Erbil, en coopération avec les autorités de la Région autonome du Kurdistan irakien, a réussi à rapatrier des enfants russes en bas âge – Sofia Galidova née le 15.12.2013 et Salma Galidova née le 15.07.2015.

Leur père, Gajimourad Galidov, né le 21.08.1990, citoyen russe, et leur mère, T. Gousseïnova, née le 01.02.1993, citoyenne azerbaïdjanaise, sont en cellule de détention provisoire du service kurde de lutte antiterroriste. Ils sont inculpés pour implication dans l'activité terroriste dans les rangs de Daech. La mère des filles, T. Gousseïnova, a décidé de garder avec elle le troisième enfant G. Iou. Gajimouradovitch, né le 06.03.2018, citoyen russe.

Les sœurs Galidov ont été expatriées du Kurdistan irakien par les parents de Gajimourad Galidov, qui ont bénéficié d'une assistance du Consulat général lors de leur arrivée et de leur séjour à Erbil.

Selon l'information des autorités locales, G. Iou. Gajimouradovitch est actuellement le seul citoyen russe mineur se trouvant avec ses parents en détention sur le territoire de l'autonomie kurde de l'Irak.

Via l'Ambassade à Bagdad et le Consulat général à Erbil, le Ministère russe des Affaires étrangères suit de près la situation des personnes ayant supposément la citoyenneté russe et qui se sont retrouvées en Irak sur les territoires auparavant contrôlés par Daech. Toutes les démarches sont prises pour déterminer leur citoyenneté russe afin de garantir une enquête objective sur leur affaire et un éventuel retour au pays.

Sur les résultats de la session spéciale de la Conférence des États parties de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques
 
Jour après jour, sous nos yeux, les représentants de la communauté occidentale détruisent les fondements juridiques internationaux de notre monde, qu'ils affirment pourtant vouloir préserver et défendre. Récemment, nous avons commenté le retrait des USA du Conseil des droits de l'homme (CDH). Cette histoire n'était pas nouvelle ou inattendue pour nous. Nous avons rappelé que, malheureusement, les USA portaient régulièrement atteinte aux organisations du système de l'Onu - le CDH et l'Unesco. C'est une nouvelle salve contre les organisations internationales et le système de l'Onu, contre tout le bloc du droit international.

Mercredi 27 juin s'est achevée la session spéciale de la Conférence des États parties de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC), organisée à l'initiative de plusieurs pays occidentaux - Royaume-Uni en tête. Suite à des manipulations politiques, la corruption directe de plusieurs délégations et un chantage ouvert de Londres et d'autres pseudo-partisans du renforcement de la Convention chimique, a été adopté l'odieux projet de décision attribuant au Secrétariat technique de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) des pouvoirs qui ne lui reviennent pas normalement, lui permettant de désigner les coupables d'usage des armes chimiques en Syrie.

De plus, ce même document charge le Directeur général du Secrétariat technique de l'OIAC de soumettre à l'approbation de la prochaine session régulière de la Conférence, prévue pour novembre 2018, des propositions pour créer un mécanisme d'enquête similaire afin d'apporter une aide technique à d'autres États parties de la Convention à leur demande pour identifier les "exécutants, organisateurs et sponsors" de l'usage de produits chimiques en tant qu'arme dans les frontières d'un État.

Nous pensons que cette décision est illégitime. Force est de constater qu'en l'adoptant, la Conférence des États parties a outrepassé le cadre de son mandat. La Russie qui était à l'origine de la création de la CIAC et a décidé d'adhérer à la Convention faisait partie d'une toute autre organisation. L'OIAC avait des tâches très claires en matière de contribution technique aux programmes nationaux de destruction des arsenaux chimiques. Il existait un mécanisme qui convenait à tout le monde pour apporter, si besoin, des amendements aux aspects concrets de son activité.

On ne peut pas oublier que l'objet et les objectifs de la CIAC sont d'empêcher le développement, la production, l'acquisition, l'accumulation, le stockage et l'usage des armes chimiques, ainsi que l'encouragement ou l'incitation à une activité de ce genre. L'article I de la Convention cite une liste exhaustive des méthodes de mise en œuvre des engagements énumérés – par la réalisation de bonne foi des activités purement techniques visant à détruire physiquement les armes chimiques et les sites pour leur production et stockage, ainsi que l'abandon de l'usage des produits chimiques pour faire face aux troubles, en tant que moyen de guerre. L'OIAC a un rôle concret: apporter aux États parties une contribution technique et professionnelle dans l'accomplissement des tâches énumérées et organiser des procédures de vérification.

Ainsi, la Convention chimique ne contient aucun terme sous-entendant la possibilité de créer un mécanisme spécial pour identifier les coupables de l'usage d'armes chimiques. Nous partons du fait que l'attribution de tels pouvoirs au Secrétariat technique de l'OIAC sans "ouvrir" le texte de la Convention et sans y apporter d'amendements selon la succession prévue par l'article XV de la CIAC est impossible par définition.

Conscients de toutes les tentatives de faire valider légalement de tels amendements qui s'ingèrent de facto dans la compétence du Conseil de sécurité des Nations unies, le Royaume-Uni et les pays solidaires sont allés jusqu'à une substitution cynique des véritables objectifs de la CIAC en imposant une décision illégitime de la Conférence des États parties. Tout en taisant hypocritement que l'un des principaux objectifs de la Convention, qui est la destruction complète des armes chimiques, n'est pas atteint. On dissimule soigneusement que c'est un représentant des pays occidentaux qui transgresse ses engagements dans le cadre de la Convention et qui possède le plus puissant arsenal d'armes chimiques et retarde constamment les délais de leur destruction.

Alors que les initiateurs de cette décision illégitime détournent l'attention vers un tout autre but: désigner les coupables des incidents chimiques supposés. Par des méthodes indécentes, ils ont forcé 82 pays à voter pour le projet britannique et chercheront à présent à imposer leur avis néfaste sur les autres 111 membres bienveillants de la CIAC.

Nous sommes convaincus qu'un abus aussi flagrant des règles de procédure, l'atteinte à l'esprit de consensus inhérent aux mécanismes globaux de désarmement et de non-prolifération et la négligence de la position d'autres États parties de plein droit de la CIAC approfondissent la division au sein de l'OIAC et mettent en péril l'intégrité de la Convention et l'auto-préservation du régime global de désarmement chimique et de non-prolifération des armes chimiques.

Nous remercions tous les États qui, avec la Russie, ont fermement pris la défense du droit international et des principes fondamentaux des relations internationales, et ont voté contre l'odieux projet de décision britannique de la Conférence des États parties de la CIAC, dont nous devrons désormais pallier les conséquences.

Sur les insinuations de Nikki Haley, Représentante permanente des USA auprès des Nations unies, concernant la Conférence des chefs d'organismes antiterroristes des États membres de l'Onu

(New York, 27-28 juin)

A la veille de la Conférence des chefs d'organismes antiterroristes des États membres de l'Onu qui s'est ouverte le 27 juin à New York, la Représentante permanente des USA auprès des Nations unies Nikki Haley a fermement critiqué plusieurs pays dont la Russie, la Syrie, l'Iran, Cuba et le Venezuela qui, selon elle, auraient exercé une pression sur le Bureau de lutte contre le terrorisme des Nations unies afin d'empêcher les ONG de participer à leur activité. Dans le même temps, des médias se référant à des sources anonymes au sein de l'administration américaine ont rapporté que Washington avait décidé de ne pas allouer au Bureau de lutte contre le terrorisme le financement fixé à 2 millions de dollars, et de réduire le niveau de participation à la Conférence. A la question de savoir si cette démarche était liée au fait que le Bureau de lutte contre le terrorisme était dirigé par un Russe (Vladimir Voronkov), il a été dit que "cela avait son importance".

Ce n'est pas la première fois que nos collègues américains mettent tout sens dessus dessous. Cependant, les formes et les méthodes auxquelles ils recourent deviennent de plus en plus vulgaires et odieuses.

Ladite conférence antiterroriste internationale, compte tenu de la sensibilité des questions évoquées, était initialement planifiée uniquement comme un forum des représentants officiel des États qui dirigent des organismes antiterroristes.

A quelques semaines de l'événement, les USA et d'autres pays occidentaux ont commencé à exercer une forte pression sur le Bureau de lutte contre le terrorisme en exigeant, sous la forme d'un ultimatum, la participation de la "société civile".

Le format dans lequel la Conférence a été finalement organisée prévoit le déroulement de sa première journée en régime "clos", pour les responsables des organismes antiterroristes, et de la seconde journée en invitant les ONG.

Maintenant, pendant le déroulement de la Conférence, pour une raison qu'on ignore, Washington en fait un scandale. En sortant du cadre de la décence, la Représentante permanente des USA auprès de l'Onu Nikki Haley ose spéculer sur le fait que la décision de bloquer l'accès aux ONG aurait été prise sous la pression de la Russie.

Nous considérons ces déclarations comme inadmissibles et mensongères.

Le comportement de la représentante américaine, étrange pour un diplomate, s'inscrit, malheureusement, dans la ligne caractéristique de cette délégation de négligence de l'Onu, et témoigne d'une indisposition au dialogue équitable entre les États. Les méthodes de diktat, de menaces et de chantage, et maintenant de soudoiement, de plus en plus pratiquées par les USA vis-à-vis de l'Onu quand quelque chose ne se déroule pas selon leurs consignes, sont complètement contraires aux objectifs et aux tâches de l'Organisation mondiale, aux principes de son travail et à la diplomatie dans l'ensemble.

Nous condamnons fermement cette provocation visant à discréditer la première Conférence des chefs d'organismes antiterroristes des États membres de l'Onu sur le thème primordial pour l'humanité qu'est la lutte contre le terrorisme. Tandis que tout le monde devrait s'unir dans la lutte contre ce mal, Washington continue de poursuivre ses intérêts égoïstes en menant de nouveaux projets géopolitiques basés sur le deux poids deux mesures dans le domaine de la lutte antiterroriste. En réduisant leur niveau de participation à la Conférence des chefs d'organismes antiterroristes, les USA lancent un défi à la coopération multilatérale dans la lutte contre la menace terroriste mondiale, et à certains pays qui mènent une lutte sans compromis contre les terroristes dans différentes régions du monde.

Nous considérons les références de l'administration américaine à l'appartenance nationale du Secrétaire générale adjoint de l'Onu Vladimir Voronkov comme une nouvelle accusation et un signe d'hystérie russophobe qui a étendu ses racines au sein de l'establishment politique américain et prend des formes de plus en plus radicales et paradoxales.

Je voudrais dire que de tels actes continueront de recevoir les appréciations appropriées et seront pris en compte dans le travail à venir.

Sur l'évolution de la situation autour de ladite "affaire Skripal"

 

En dépit de la réticence obstinée des autorités britanniques à entrer en contact avec des représentants russes concernant les questions liées à l'enquête sur l'incident de Salisbury, nous continuons d'insister pour éclaircir tous les aspects de la situation et obtenir un accès consulaire à Sergueï et Ioulia Skripal, compte tenu des préoccupations russes vis-à-vis de l'état de santé et de la situation des Russes qui se sont retrouvés dans cette horrible intrigue et provocation.

Nous ne sommes pas satisfaits par les réponses bureaucratiques du Ministère britannique des Affaires étrangères aux requêtes russes. A nos yeux, la ligne opaque de Londres, qui mène une enquête unilatérale sur l'incident, et l'ignorance des propositions de mettre en place un travail commun sur cette affaire, ne sont pas constructives. Je voudrais souligner une nouvelle fois que le Royaume-Uni a renoncé à toute forme de coopération et d'interaction avec la Russie sur cette affaire, alors qu'une contribution - sous la forme de requêtes - a été apportée plusieurs fois via les canaux diplomatiques.

Cette approche des autorités britanniques, et notamment le fait d'induire en erreur le public concernant les événements de Salisbury, la censure sur ce thème dans l'espace médiatique et l'imposition aux forces de l'ordre de travailler dans un cadre politique fixé, témoigne de la pression politique exercée par le Royaume-Uni sur l'enquête, de laquelle Londres attend manifestement seulement une légitimation des accusations absurdes contre la Russie. Incroyable mais vrai: après plus de trois mois d'enquête, il n'y a même pas de liste de suspects!

Récemment, le Prince de Galles s'est rendu avec son épouse à Salisbury pour voir comment s'y déroulait le processus de normalisation de la vie après l'incident (je répète qu'il est question, selon Londres, d'un usage de substances chimiques toxiques militaires), comment la vie se normalisait à Salisbury après l'usage prétendu de substances chimiques toxiques militaires. A cet égard nous avons une seule question: a-t-on montré les Skripal aux membres de la famille royale? Ils auraient pu montrer ces personnes au Prince de Galles.

Dans les meilleures traditions des polars britanniques, l'"affaire Skripal" est complètement plongée dans la pénombre et le brouillard. Tout ce qui se passe autour de ce cas est aberrant à tel point que même parmi les alliés britanniques grandit le scepticisme et le doute quant à la véracité et à l'objectivité des insinuations antirusses. Les partenaires britanniques, y compris le G7 et l'UE qui n'ont pas cherché à comprendre les circonstances des faits et ont cru Londres sur parole, n'ont toujours pas reçu la moindre preuve à ce sujet hormis les propos que nous avons tous entendus: "highly likely", "aucune autre explication plausible autre que la responsabilité de la Russie". Quand je lisais l'histoire du Moyen Âge, quand des femmes, des scientifiques et des médecins étaient traînés sur le bûcher et quand les gens demandaient pourquoi, l'explication était la même. Il n'y avait pas d'autres explications plausibles à part "sorciers" et "sorcières". C'est une rhétorique moyenâgeuse! Le Moyen Âge peut être un exemple de développement de la culture, de l'architecture, mais aussi d'ignorance totale et surtout de lutte effrénée contre des phénomènes qui ne pouvaient pas être expliqués.

Même certains médias britanniques qui ont depuis longtemps quitté le club des russophiles ont exprimé plusieurs fois les doutes fondés de la société occidentale concernant la prétendue "trace russe". Par exemple, le journal The Independent a publié le 7 mars un article faisant état de nombreuses imprécisions et de banals illogismes dans la ligne officielle de Downing Street. C'était il y a longtemps. De tels articles sont de plus en plus nombreux et pas seulement au Royaume-Uni. De grandes analyses sont publiées dans d'autres pays sur la situation autour des événements qui auraient eu lieu à Salisbury. Nous ne disposons toujours pas du moindre fait un tant soit peu fondé. C'est pourquoi nous devons utiliser des termes comme "prétendu", "nous dit-on", "peut-être".

Je rappelle que c'est également l'avis d'Anni Mashon, ancienne officière du MI5, qui a déclaré sur Talk Radio que la Fédération de Russie n'avait aucun motif pour poursuivre Sergueï Skripal après sa remise au Royaume-Uni étant donné qu'il avait été arrêté encore en 2006 et coopérait activement avec l'enquête. L'ancienne officière du MI5 a également noté que dans l'"affaire Skripal" pouvaient exister des "motifs plus profonds" et que l'incident aurait pu être utilisé pour discréditer la Russie. Nous en avons déjà parlé. Le plus intéressant est que quand des experts le disaient à la télévision russe, les autorités britanniques en retiraient des extraits pour accuser la Russie de désinformation. Cette fois, ce sont des Britanniques qui le disent, et dans les médias britanniques.

Malheureusement, les autorités occidentales maintiennent leur ligne principale et parlent d'une prétendue "solidarité". La solidarité autour de quoi? De cette accusation aberrante moyenâgeuse qui ne peut être expliquée?

Ce 19 juin, le Secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a écrit dans le journal britannique The Guardian que la Russie "ne semblait pas avoir de remords concernant l'usage de substances neuro-paralytiques militaires dans nos rues". Je voudrais rappeler à Jens Stoltenberg que, premièrement, l'enquête est encore en cours et que toutes ses déclarations s'appuient uniquement sur les déclarations politiques des autorités britanniques et, deuxièmement, que l'homme qui dirige non pas un atelier d'amateur de macramé mais l'Alliance de l'Atlantique nord devrait savoir ce qui se passerait réellement dans les rues en cas d'usage de substances neuro-paralytiques militaires et, comme l'affirme Londres, de substances chimiques toxiques militaires. C'est précisément ce que dit Londres et c'est précisément ce avec quoi les pays, notamment de l'Otan, sont solidaires.

En l'absence totale de preuves concrètes, ces déclarations faites par le Secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg sont non professionnelles - car infondées - mais également dangereuses parce qu'elles alimentent les sentiments russophobes destructeurs et ne contribuent pas à l'établissement d'une coopération constructive pour régler le grand nombre de problèmes internationaux vraiment d'actualité.

 

Sur l'attribution du titre de Chevalier Grand-croix de l'Ordre de l'Empire britannique au président de l'Agence mondiale antidopage Craig Reedie

 

Nous avons été très surpris par les informations sur l'attribution du titre de Chevalier Grand-croix de l'Ordre de l'Empire britannique au président de l'Agence mondiale antidopage (AMA) Craig Reedie.

L'AMA, fondée le 10 novembre 1999 dans la ville suisse de Lausanne sur une base paritaire par le Comité international olympique et les gouvernements nationaux, se positionne en tant qu'organisation "internationale indépendante".

Tout cela pose la question légitime de l'aspect moral et éthique de l'attribution-même d'une décoration étatique au chef d'une agence prétendument autonome. Il ne s'agit pas de la décoration en tant que telle. Il est normal que des pays offrent aux ressortissants d'autres États des décorations, par exemple pour leur contribution au développement des relations bilatérales, des liens humains, de la culture, de l'art, des rapports économiques ou financiers, etc. Ici, nous constatons une histoire tout à fait différente.

On souligne que Craig Reedie a reçu ce grand honneur pour ses "mérites dans le domaine du sport". On sait pourtant que cet ordre de chevalerie dont la devise est "Pour Dieu et l'Empire", n'accepte que ceux qui défendent les intérêts du Royaume-Uni.

En ce qui concerne le sport, il faut rappeler que c'est l'administration de l'AMA qui a initié des "scandales de dopage" infondés dont l'objectif était de priver les athlètes et les sportifs paralympiques russes de la participation aux compétitions internationales de grande envergure. Il est difficile d'imaginer un dommage plus considérable pour le sport international.

On constate malheureusement que l'activité de Craig Reedie, persuadé que le "sport sans la politique est un rêve impossible", n'a en aucune façon favorisé le mouvement olympique. Au contraire, il existe aujourd'hui à cause de son travail une tendance inquiétante à la politisation du sport. Cette politisation est sans précédent. On a constaté par le passé des tentatives similaires, mais le sport international n'a jamais, selon moi, subi un tel dommage.

De notre côté, nous nous opposons résolument aux manipulations des compétitions sportives, tenons fermement au principe du sport apolitique et respectons les règles du "fair play".

 

Sur les propos conflictuels des autorités ukrainiennes concernant le projet Nord Stream 2

 

Nous avons pris note des récents propos conflictuels de l'Ukraine concernant le projet Nord Stream 2. Selon nous, ils dépassent les limites de la décence et de la raison. Ces déclarations concernant de prétendues menaces contre l'Ukraine en raison du projet prouvent encore une fois que ce n'est pas la Russie mais les opposants au Nord Stream 2 qui politisent ce sujet et la situation qui l'entoure.

Je voudrais rappeler des faits élémentaires. L'itinéraire du Nord Stream 2 passera par le fond de la mer Baltique et sera environ 2 000 km plus court que celui passant par l'Ukraine. Le coût des livraisons de gaz via le Nord Stream 2 sera considérablement moins important que les tarifs appliqués pour le transit ukrainien. Le Nord Stream 2 est un projet efficace utilisant des technologies très modernes, ce qui constitue une différence notable par rapport au système ukrainien de transport de gaz.

L'apparition de deux nouveaux pipelines passant par le fond de la mer Baltique permettra de diversifier les itinéraires de livraison de combustible aux consommateurs européens. Cela ne torpillera pas mais renforcera la sécurité énergétique de l'Europe, qui devrait être appelée à importer plus de gaz dans les années à venir.

La Russie a répété à plusieurs reprises que le Nord Stream 2 était un projet purement commercial. Il ne prévoit donc pas un renoncement total au transit énergétique via d'autres itinéraires. La question principale est celle de l'intérêt économique et de la fiabilité.

Les propos de Kiev et les actions ukrainiennes nous font pourtant douter de la possibilité d'un transit fiable du gaz russe vers les marchés européens via l'Ukraine.

J'ai également constaté, parallèlement aux propos des autorités ukrainiennes, des déclarations similaires de Washington. On peut même dire que ces déclarations sont jumelles. On comprend désormais clairement qui se trouve derrière les événements à Kiev. L'Ukraine ne peut donc pas se passer de l'opinion de Washington même sur les questions qui concernent directement les affaires européennes. 

 

Sur les sanctions introduites par les autorités ukrainiennes contre des associations russes

 

Comme on le sait, le 22 juin, Journée de la mémoire et du deuil, le Président ukrainien Petro Porochenko a élargi la liste des organisations russes sanctionnées en y ajoutant certaines associations de vétérans telles que l'Association russe de vétérans "Fraternité d'armes" ou l'Association russe "Union russe des vétérans de l'Afghanistan".

Les nouvelles sanctions ukrainiennes visent à limiter l'activité de ces associations sur le territoire ukrainien via le blocage de leurs actifs, l'annulation de leurs licences et d'autres moyens de pression.

Je voudrais souligner le rôle de ces organisations dans l'octroi d'une aide humanitaire aux habitants du Donbass. Dès le début du conflit au sud-est de l'Ukraine, "Fraternité d'armes" a aidé à recueillir et à livrer de la nourriture et d'autres biens nécessaires pour les vétérans, les enfants et d'autres populations particulièrement vulnérables aux répercussions du conflit. Les représentants de l'Union russe des vétérans de l'Afghanistan ont envoyé des tonnes d'aide alimentaire aux enfants du Donbass.

Je voudrais rappeler que le conflit au sud-est de l'Ukraine a tué plus de 10 000 personnes et forcé des certaines de milliers de citoyens ukrainiens à quitter le pays. La Russie est parfaitement au courant. Les habitants du Donbass qui sont restés dans la zone des hostilités font face aux conséquences terribles de la crise humanitaire provoquée par les autorités de Kiev. Le blocus de la région par les structures de force ukrainiennes crée des difficultés considérables pour la population en ce qui concerne l'approvisionnement en nourriture, en médicaments et en biens de première nécessité. Ainsi, l'activité des associations mentionnées joue un rôle important du point de vue de l'amélioration de la situation humanitaire dans le Donbass.

Dans ce contexte, nous considérons les actions de l'Ukraine visant à pousser hors du pays les ONG qui, contrairement aux autorités de Kiev, s'occupent de la sécurité humanitaire des citoyens ukrainiens, comme inacceptables et antihumaines. Nous soulignons également que l'introduction des sanctions pendant la Journée de la mémoire et du deuil reflète la volonté de diviser les peuples russe et ukrainien et constitue un sacrilège par rapport à notre histoire commune.   

 

Sur l'activité propagandiste de la Deutsche Welle et la série animée Zapovednik

 

Pendant la conférence de presse du 15 juin, nous avons évoqué l'activité propagandiste des médias allemands, et notamment de la compagnie médiatique Deutsche Welle. Nous avons cité l'exemple, signalé par des utilisateurs, du contenu diffusé par la Deutsche Welle moyennant de l'argent et présenté sous les apparences d'une actualité. Nous avons également parlé de l'utilisation par ce média d'outils de promotion payante de son contenu sur les réseaux sociaux. Je voudrais dire que la Deutsche Welle, financée par le budget fédéral allemand, a publié une réponse assez rapide aux questions soulevées pendant la dernière conférence de presse. Toutefois, elle n'a pas répondu à nos questions mais aux siennes. Les réponses n'avaient rien à voir avec les questions que nous avions posées.

A en juger par le communiqué de la Deutsche Welle, elle n'est pas d'accord avec notre avis selon lequel ses publications sur Twitter étaient "injurieuses" vis-à-vis de la Russie. Je cite: "Le tweet présenté pendant votre dernière conférence de presse était seulement l'"annonce de l'une des interviews de l'émission en langue russe" et rien de plus". Comme si l'annonce de leurs publications sur les réseaux sociaux était une pratique ordinaire pour les médias.

Nous ne contestons pas le droit des médias à publier des articles critiques sur tout gouvernement, homme politique ou parti politique. Nous parlions d'autre chose. Je voudrais répéter que la copie d'écran du contenu promu pour de l'argent en tant que publicité, qui nous a été envoyé par un utilisateur des réseaux sociaux, ne contient pas seulement des faits ou l'annonce d'un événement. Il contient un jugement vis-à-vis de notre pays. Autrement dit, avec l'argent du gouvernement fédéral allemand, on diffuse largement un avis complètement déplacé sur notre État. Sachant que dans ce tweet, personne ne précise quelle est la position de la Deutsche Welle et du gouvernement fédéral qui la soutient par rapport à ce jugement. Nous ne sommes pas du tout satisfaits par la prétendue réponse de la Deutsche Welle. Nous continuerons de suivre ce thème simplement par intérêt pour la désinformation diffusée sur les réseaux sociaux et pour la propagande. Je ne peux pas dire que c'était de la désinformation - mais c'était clairement de la propagande.

C'est dans cette optique que, ce 18 juin, nous avons publié sur notre page Twitter une demande de partager de nouvelles copies d'écran de telles "annonces" de la Deutsche Welle sous le hashtag #PayéparlaDW. Il faut dire que notre tweet a provoqué sur les réseaux sociaux une réaction assez intéressante: il a été lu par plus de 100.000 utilisateurs, et beaucoup nous ont envoyé des copies d'écran de tweets payés de la Deutsche Welle. Les utilisateurs se plaignent ouvertement de cette organisation allemande et de sa publicité, certains ont inscrit la DW sur liste noire à cause du caractère importun de tels messages payés. Je remercie ceux qui expriment ouvertement leur avis à ce sujet sur les réseaux sociaux, parce que nous pensons qu'en l'occurrence l'avis des utilisateurs a énormément d'importance. Il ne s'agit pas d'un avis politisé de notre part, mais d'une réaction normale à ce que nous écrivent les utilisateurs.

Je voudrais répéter que le tweet présenté la dernière fois n'est pas un exemple isolé. Nous remarquons, malheureusement, que la Deutsche Welle glisse de plus en plus vers la propagande. En voici une autre confirmation. Avec l'argent du contribuable allemand, la Deutsche Welle, qui se positionne comme un média, réalise des dessins animés. Nous n'y sommes pas opposés. Alors pourquoi dire qu'ils sont opposés à la propagande? Réaliser des dessins animés, les diffuser et dépenser énormément d'argent pour cela, y inclure un contenu politique non voilé et des insinuations: c'est de la propagande de front. L'école propagandiste allemande possède de fortes traditions historiques. C'est pourquoi nous continuerons de suivre tout cela. Honnêtement, chaque fois que les médias allemands diront que les médias russes sont des propagandistes, souvenez-vous de la Deutsche Welle. Les exemples sont nombreux. C'est une activité hebdomadaire. Selon vous, quelle serait la réaction si Russia Today faisait la même chose en allemand? Il faut savoir que la série animée est réalisée pour les Russes avec l'argent de l’État allemand. Sachant qu'on nous accuse constamment de propagande et d'ingérence dans les affaires intérieures d'autres pays avec des ressources propagandistes.

Je voudrais souligner une fois de plus qu'il ne s'agit pas d'une ONG ou de l'union des animateurs: il s'agit de la Deutsche Welle.

En 2018, le budget fédéral allemand allouera 14,5 millions d'euros supplémentaires à ce média. D'après Monika Grütters, Déléguée du gouvernement fédéral allemand à la Culture et aux Médias, cet argent devrait servir à renforcer la diffusion en russe, en ukrainien, en arabe et en turc. Autrement dit, il y aura plus de dessins animés. De plus, le site du gouvernement fédéral allemand souligne que la Deutsche Welle est un média allemand de diffusion à l'étranger. En d'autres termes, un média allemand subventionné par l'argent public fait de la pure propagande et promeut un contenu qui n'est pas une information mais une propagande dissimulée pour de l'argent.

Il est indiqué que ces objectifs consistent à "présenter l'Allemagne comme une nation culturelle européenne mûre et un État de droit démocratique et libre. C'est affligeant, bien sûr.

Je voudrais répéter que de notre point de vue, tous les projets mentionnés sont de la propagande non voilée et une influence directe de cette organisation financée par le gouvernement allemand sur le public russe. Tout cela n'a rien à voir avec le journalisme.

Je voudrais profiter de l'occasion pour m'adresser aux collègues de la Douma d’État de l'Assemblée fédérale russe, du Conseil de la Fédération de l'Assemblée fédérale russe et au Service fédéral de supervision des communications, des technologies de l'information et des médias (Roskomnadzor), ainsi qu'aux structures compétentes et à la société civile, pour attirer leur attention sur cette situation afin qu'ils formulent un avis et analysent cette situation du point de vue des normes auxquelles se réfèrent notamment les représentants allemands en analysant la situation autour des médias russes.

 

Sur les approches de l'Union européenne en matière de réglementation du cyberespace

 

L'Union européenne ne cesse de promouvoir la nécessité de réguler le cyberespace et d'élaborer des moyens de lutte contre la désinformation et les fake news.

Lors de la conférence "Les médias et la démocratie en Europe" à Vienne, Věra Jourová, commissaire européenne à la Justice, aux Consommateurs et à l'Égalité des genres, a constaté que les médias web, les réseaux sociaux et les blogueurs gagnaient de plus en plus en popularité au sein du public occidental. Elle a également appelé à appliquer à ces derniers les mêmes règles qu'aux médias traditionnels. La Russie en a parlé il y a encore quelques années. Quand nous disions qu'il était inacceptable de se référer sans cesse aux publications sur les réseaux sociaux sans conférer à ces derniers la responsabilité des médias traditionnels, on nous répondait que nous voulions limiter la liberté de la presse. Aujourd'hui, il s'agit d'une véritable tendance européenne. On a également proposé aux sites internet d'adapter le Code de conduite contre la désinformation présenté par la Commission européenne encore en avril dernier, et de renforcer le contrôle de la publicité politique. Est-ce que la commissaire aux Consommateurs est au courant des contenus de la Deutsche Welle en matière de publicité politique? J'espère qu'elle en prendra connaissance.

Ces propositions ont provoqué des critiques de la part des médias et des défenseurs des droits de l'homme, qui y voient une menace d'introduction de la censure. Après avoir rejeté ces remarques, Věra Jourová a souligné que la liberté d'expression n'était pas absolue en UE, ce qui était, selon elle, un avantage de l'Europe par rapport aux États-Unis.

Quand on examine des initiatives de ce genre en Russie, les représentants de ces structures européennes les condamnent, les considèrent comme antidémocratiques et les présentent comme une tentative de limiter la liberté d'expression. Mais quand les mêmes questions sont à l'ordre du jour de l'Union européenne, Bruxelles inverse sa position et rejette toutes les protestations de la part des ONG, des médias et des journalistes. Ce n'est pas même une politique du "deux poids deux mesures": c'est une absurdité.

Nous appelons nos collègues européens à renoncer à la politique du "deux poids deux mesures" dans l'examen des fake news et des désinformations, ainsi qu'à ne pas les utiliser pour justifier une limitation éventuelle des activités des médias alternatifs, car cela serait un coup dur contre la liberté d'expression.

Nous sommes absolument convaincus que ce travail très fin, qui touche aux intérêts de la société civile, des ONG et des journalistes, doit être ouvert et impliquer toutes les parties intéressées.

 

Sur le profil Instagram du Ministre

 

Nous poursuivons notre travail visant à élargir notre présence sur les réseaux sociaux. Nous ne le faisons pas que de manière officielle, car il y a chez nous des collaborateurs qui aiment le faire pendant leur temps libre. Compte tenu de l'intérêt croisant envers la situation en Russie et à l'étranger parmi les jeunes et nos collègues diplomates, on a créé sur Instagram une page dédiée au Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, menée ou modérée par le Conseil des jeunes diplomates.

Nous recevons un grand nombre de questions et de demandes de diffuser des photos. Vous pouvez trouver beaucoup de photos officielles sur nos pages officielles sur Flickr ou Instagram, et des images informelles que les utilisateurs nous demandent souvent de partager apparaissent déjà sur la page @s.v.lavrov. Cette dernière gagne en popularité. Ces informations sont également disponibles sur le site du Conseil des jeunes diplomates.

Abonnez-vous, cela sera intéressant.

 

Sur la visite d'une délégation du Congrès américain en Russie

 

Je voudrais répondre à plusieurs questions qui nous sont parvenues avant la conférence de presse. On nous a notamment demandé de commenter la visite éventuelle d'une délégation du Congrès américain en Russie.

Je peux confirmer aujourd'hui qu'une délégation parlementaire américaine envisage en effet de se rendre en Russie dans les jours à venir (du 30 juin au 5 juillet). Elle devrait réunir des parlementaires des deux chambres du Congrès, c'est-à-dire du Sénat et de la Chambre des représentants. La délégation sera menée par le sénateur Richard Shelby.

Le programme prévoit une visite de Saint-Pétersbourg et de Moscou, et notamment des rencontres (le 3 juillet) au Conseil de la Fédération de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie et à la Douma d'État de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie, ainsi qu'avec d'autres responsables russes. Nous serons évidemment ravis et heureux de voir et d'accueillir les Américains au Ministère russe des Affaires étrangères.

Nous espérons que la venue de la délégation favorisera le rétablissement complet des échanges interparlementaires qui avaient été "gelés" par les congressistes américains. De notre côté, nous soulignons que le dialogue au niveau des législateurs est appelé à jouer un rôle utile dans les relations, à favoriser l'amélioration de leur climat et l'établissement d'une compréhension mutuelle sur des questions très différentes.

Nous vous transmettrons plus tard des informations supplémentaires sur le format de la rencontre au Ministère russe des Affaires étrangères.

 

Sur l'éventuelle réunion russo-japonaise au format "2+2"

 

Des journalistes japonais nous ont demandé de commenter l'éventuelle organisation d'une réunion russo-japonaise au format "2+2", c'est-à-dire entre les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des deux pays.

La date d'une telle réunion est à l'étude. A l'étape actuelle, je ne peux pas en dire plus. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a dit le 26 mai, pendant une conférence de presse conjointe avec le Président russe Vladimir Poutine, que la troisième réunion au format "2+2" était prévue pour le second semestre de l'année. Je voulais simplement le rappeler. Nous communiquerons la date concrète quand elle sera fixée.

 

Sur la participation des délégations étrangères au Forum économique oriental de Vladivostok 2018

 

On m'a également posé une question concernant la participation des délégations étrangères au Forum économique oriental de Vladivostok 2018. Les détails du déroulement du Sommet économique oriental, qui se tiendra du 11 au 13 septembre, sont à l'étude. Je ne peux pas pour l'instant préciser l'information concernant la participation des délégations étrangères. Nous reviendrons plus en détail sur ce sujet en août.

 

Réponses aux questions:

Question: L'Azerbaïdjan assume la présidence de l'Organisation de coopération économique de la mer Noire (OCEMN) à compter du 1er juillet. Le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Pankine a participé hier à la réunion du CMAE de l'Organisation. Que peut dire le Ministère des Affaires étrangères au sujet de la future présidence de l'Azerbaïdjan? Quelles tâches d'actualité la Russie identifie-t-elle, en tant que membre de l'OCEMN, pour cette période?

Réponse: Cela a été dit pendant la réunion. De mon côté, je peux souhaiter à la nouvelle présidence et au nouveau président du succès dans leur travail. Pour notre part, nous apporterons une contribution constructive afin que ce travail soit efficace. J'en reparlerai avec plaisir en conférence de presse, ou nous publierons sur le site du Ministère les approches russes de l'activité de cette Organisation pour mettre à jour cette information.

Question: Récemment, le Ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a annoncé une rencontre imminente entre les chefs de la diplomatie de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie. Je voudrais connaître la position de la Russie vis-à-vis de cette réunion.

Réponse: Nous considérons traditionnellement que la rencontre entre deux pays doit être commentée par les représentants de ces deux pays. Si cette réunion était convenue et avait lieu, nous souhaiterions à ses participants des résultats efficaces et une bonne atmosphère. Selon nous, à l'heure actuelle, c'est particulièrement nécessaire pour régler les problèmes à l'ordre du jour, notamment pour ces deux États.

Question: Le Président de la Douma d’État de l'Assemblée fédérale russe Viatcheslav Volodine s'est récemment rendu à Bakou. En évoquant le processus de paix du Haut-Karabagh, il a notamment déclaré: "Faisons tout dans ce sens et partons du fait que ceux qui prônent l'exacerbation des relations suivent évidemment la voie de la tension. Sur ce dossier, l'Azerbaïdjan a toujours affiché une position juste et constructive. Nous comptons sur le maintien de cette attitude à l'avenir". Que pouvez-vous dire sur la position "constructive et juste" de l'Azerbaïdjan au vu des menaces permanentes de régler le problème par la force militaire, et ce à tous les niveaux du pouvoir azerbaïdjanais? Est-ce que ces propos de Viatcheslav Volodine signifient que l'autre partie, l'Arménie, n'a pas de position constructive par rapport au processus de paix, contrairement à l'Azerbaïdjan?

Réponse: Je voudrais une nouvelle fois appeler les représentants des médias de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie à être constructifs dans leur travail. Nous savons parfaitement que chaque mot prononcé sur le dossier du Haut-Karabagh ou vis-à-vis de l'un des États concernés suscite un vif intérêt. Mais je répète que le plus important, si l'on tente de comprendre de quoi il était question, est qu'une position constructive prédomine, et que tout cela ne se transforme pas en provocations, en création de nouvelles difficultés là où il faut au contraire faire preuve de sagesse orientée sur l'objectif principal: régler toutes les questions à l'ordre du jour. Vous le savez, je m'adresse à tous les journalistes indépendamment du pays ou du média qu'ils représentent.

Vous connaissez notre approche traditionnelle des relations avec l'Azerbaïdjan et l'Arménie, du processus de paix du Haut-Karabagh. Ce point de vue officiel n'a pas changé, il est fondamental. Nous travaillons avec les deux pays précisément pour obtenir un résultat. Nous ne comparons pas notre rôle avec Bakou et avec Erevan, mais ce thème fait partie des priorités de l'agenda international. Il est dans notre intérêt de normaliser la situation sur la base des accords fixés et des positions convenues entre les deux pays et du respect mutuel. L'approche de base de la Russie en tant qu’État sur ce dossier n'a pas changé.

On entend un très grand nombre de déclarations de la part des politiciens, des députés de différents niveaux, des historiens et des journalistes. Vous connaissez bien la position officielle à ce sujet. Mon conseil: demandez toujours des précisions directement à ceux qui s'expriment pour savoir ce qu'ils veulent dire concrètement. En l'occurrence, je ne trouve pas utile de comparer les citations, ce qui a été dit et comment cela a été dit. Nous pensons effectivement que la rhétorique de confrontation ne mène qu'à la poursuite de la confrontation. Bien sûr, des déclarations qui, de notre point de vue, n'apportent rien au règlement du problème principal ont été prononcées de différents côtés. A quoi bon les prendre en compte? Le principal est de faire en sorte que les déclarations non constructives n'empêchent pas l'objectif global. Elles sont prononcées par différents représentants, dans différents formats. Malheureusement, beaucoup de choses ne correspondent pas aux déclarations faites en réalité, les citations sont modifiées, coupées, sorties de leur contexte, etc.

Dans cette situation, sur cet exemple et sur l'exemple des discussions qui ont eu lieu dans cette salle il y a une semaine ou deux, je voudrais répéter: référons-nous aux points de vue officiels. Vous les connaissez bien, la position de la Russie à ce sujet n'a pas changé. Soyons vraiment très méticuleux avec les citations et n'essayons pas de compliquer cette situation déjà difficile. Je vous appelle, dans la mesure du possible, à être vraiment constructifs.

Question: Que pensez-vous du voyage du Secrétaire d’État américain Mike Pompeo en Amérique latine, où il a appelé à boycotter toutes les actions entreprises par les gouvernements du Venezuela et du Nicaragua?

Réponse: Ces déclarations n'auraient probablement rien d'extraordinaire si nous ne les avions pas entendues de la part des représentants américains il y a 5-7 ans déjà. Je pense que les représentants des pays latino-américains sont déjà habitués à ce genre de déclarations des USA. Les noms des pays changent, les situations changent, mais Washington tient toujours de tels propos vis-à-vis de cette région.

Mais il y a une nuance. En ce moment-même, aujourd'hui, les principaux débats aux États-Unis ont lieu autour de l'ingérence ou de la non-ingérence dans les affaires des États souverains. D'après ce que nous comprenons des déclarations des politiciens et des médias américains, qui transmettent l'avis général, les USA réagissent très douloureusement à la possibilité théorique d'ingérence d'un État souverain dans les affaires d'un autre. On ignore comment il est possible d'unir ces deux déclarations parallèles. Si les autorités s'opposent à l'ingérence, pourquoi parler de la nécessité de boycotter les actions du Venezuela et du Nicaragua? C'est une ingérence flagrante, premièrement, dans les affaires de ces deux pays et, deuxièmement, dans la vie de la région latino-américaine dans l'ensemble. Je n'ai pas entendu les représentants de l'Amérique latine dire qu'ils étaient emballés par les actions des USA sur le territoire du Venezuela et du Nicaragua, et de la région dans l'ensemble. Il me semble que l'Amérique latine n'avait pas chargé les USA de s'occuper du règlement des relations en son sein. Les pays latino-américains n'ont pas attribué de telle fonction au Département d’État américain, à la Maison blanche ou à toute autre structure américaine.

Je répète que la question reste la même. Soit on ne peut pas s'ingérer dans la vie des autres États et régions et il faut respecter les processus qui s'y déroulent, même si le gouvernement de ces États n'est pas apprécié, même quand on n'est pas d'accord avec sa vision politique, soit l'ingérence est admise. Je pense que Washington devrait se décider. Parce qu'à tous les niveaux, depuis des années, nous entendons parler du caractère inadmissible d'une ingérence dans les processus intérieurs tout en voyant la brutalité avec laquelle les États-Unis agissent en Amérique latine en utilisant tout l'arsenal des moyens et des capacités précisément pour s'ingérer dans les affaires intérieures. C'est un non-sens, c'est absurde. Il faut se décider.

Question: Des journalistes russes n'ont pas été admis à participer à une conférence de l'OSCE sur la liberté d'expression à Kiev. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: En effet, nous avons appris l'organisation d'une conférence intitulée "La liberté de la presse, la liberté des médias de masse et le travail des journalistes dans les situations de conflit" au niveau de l'OSCE à Kiev. Immédiatement, au niveau du Ministère des Affaires étrangères, les experts chargés de cette problématique ont exprimé leur souhait d'y participer. Ce n'est pas un secret mais je crois que nous n'en avons pas encore parlé: je peux vous dire que nous n'avons pas constaté l'aspiration de l'OSCE à rendre cette conférence réellement ouverte pour tous, nous n'avons pas vu de mouvement pour rendre la conversation constructive avec la participation de tous ceux qui le souhaitaient. Sachant que la partie russe était intéressée. Il me semble que c'était clair, parce que nous avions parfaitement conscience du fait que cela se pourrait se transformer en nouveau rassemblement russophobe déchaînant les passions en Ukraine. Pour apporter une part de dialogue constructif à cet événement, il a été décidé d'y envoyer le chef du Département de l'information et de la presse. Des médias ont également exprimé leur intérêt pour y participer dans le cadre de l'OSCE. Nous avons transmis tout cela via les canaux diplomatiques, comme il se doit.

Je voudrais vous reprendre sur une seule chose. Vous avez dit "journalistes russes". En anglais et en espagnol, cela sonne pareil, mais pas en russe. Je voudrais préciser qu'il est question de journalistes russes, mais qui n'ont pas seulement des passeports russes. En particulier, Evgueni Primakov est citoyen russe, mais la représentante de Russia Today possède un passeport britannique. Au moment où la conférence sur la liberté des médias s'ouvrait, les journalistes de Russia Today et de VGTRK ont été arrêtés à l'aéroport de Kiev pour un interrogatoire. Puis il leur a été prescrit de quitter le territoire ukrainien, et ils se sont vus interdire d'entrée en Ukraine pour 5 ans. Tout cela a duré quelques heures. Des choses absolument absurdes ont été écrites - que ces individus menaçaient pratiquement la sécurité de l'Ukraine et s'ingéraient dans les affaires intérieures. En quoi? On l'ignore. Des rumeurs ont été répandues, selon lesquelles il s'agirait d'une provocation russe intentionnelle parce que ces journalistes s'étaient rendus en Crimée et savaient qu'ils ne seraient pas autorisés à entrer, mais sont venus quand même. J'ai immédiatement contacté Evgueni Primakov pour lui demander s'il s'était rendu en Crimée, ce à quoi il a répondu que non, c'est pourquoi il ne pouvait faire l'objet d'aucun reproche de la part des autorités ukrainiennes. Il m'a dit également qu'il avait demandé des précisions pour savoir s'il était interdit d'entrée: il s'est avéré que non. Il a été interdit directement quand il est arrivé en Ukraine. Tout cela en plein débat sur la liberté des médias à Kiev!

Mais c'est absurde! Malheureusement, cette absurdité domine actuellement en Ukraine. A notre plus grand regret, l'OSCE y participe. Voilà toute l'histoire. Nous continuerons de réfléchir à ce sujet. Nous enverrons des courriers à l'OSCE en exposant entièrement ce qui a été reproché aux journalistes russes, quel comportement complètement inapproprié envers les normes de l'OSCE nous avons constaté de la part des organisateurs de cet événement, qui n'ont pas réussi à garantir la présence de tous les participants.

Le plus terrible est la discussion qui s'est déroulée au sein de l'espace médiatique ukrainien, de la communauté médiatique, quand certaines personnes qui se disent journalistes ont déclaré qu'il fallait arrêter les journalistes russes, les mettre en prison pour les échanger ensuite. Ces gens qui se font passer pour des journalistes s'expriment ainsi le jour où Kiev accueille la conférence de l'OSCE sur la liberté des médias. C'est simplement de la folie. Le plus terrible est que les représentants de l'OSCE ne peuvent rien y faire et montrent une impuissance et un dysfonctionnement absolus.

Question: Le ministre lituanien des Affaires étrangères Linas Linkevičius a déclaré, pendant une réunion avec ses collègues européens à Luxembourg, que la source principale de menace hybride pour l'UE était la Fédération de Russie. Il a proposé d'élaborer tout un plan.

Réponse: Il me semble que de telles déclarations proviennent de gens dotés d'une conscience hybride. Il n'y a rien d'autre à dire. C'est vraiment devenu un mème. Ces gens ne comprennent pas qu'ils lancent un mème quand ils disent que la principale menace hybride émane de la Russie. C'est stupide et étrange. C'est tout ce que je peux dire.

Question: Y a-t-il un risque pour les chaînes russes présentes dans les pays baltes, et notamment en Lituanie?

Réponse: Malheureusement, nous constatons cette tendance depuis longtemps. Cela ne date pas d'aujourd'hui, cela est arrivé bien avant. D'ailleurs, quand on commence à dire que c'est une menace hybride, que les événements en Ukraine en 2013-2014 ont servi de ligne de démarcation, c'est faux.

En ce qui concerne les pays baltes, la même chose avait été constatée autour de la langue russe dans ces pays. Après tout, l'évincement de cette langue, l'absence de droits pour les gens qui voulaient l'utiliser, ont commencé il y a dix ans. Cela n'était aucunement lié à la situation en Ukraine. Tout cela suivait son cours, nous en avons parlé à de multiples reprises. Il est également question de la restriction des médias russophones, de la possibilité de dispenser un enseignement en russe. Ces discussions ont lieu depuis des décennies. Et que dire de la notion de non-citoyens et de non-citoyenneté? En quoi est-ce mieux? N'est-ce pas la manifestation de la même chose que ce qui se produit actuellement avec les médias, à savoir une approche discriminatoire des groupes qui sont considérés comme les porteurs d'une prétendue dissidence, qui plus est d'une dissidence qui n'est pas au profit d'un tiers? Ils ont simplement leur point de vue et leur histoire qu'ils veulent développer.

Je pense qu'il faut le voir globalement. C'est une question qui ne date pas d'aujourd'hui et certainement pas de 2013-2014, comme tout le monde l'insinue en parlant de "menace hybride". Tout a commencé il y a longtemps et, pour cette raison, s'est répandu au sein de la société, et aujourd'hui s'étend aux médias et aux journalistes.

Question: Attendez-vous une percée de la prochaine rencontre entre le Président russe Vladimir Poutine et le Président américain Donald Trump? Par exemple, certains médias américains, notamment la chaîne CNBC, admettent que les Américains suggéreront d'adhérer à la pression sur l'Iran en échange de l'assouplissement des sanctions.

Connaît-on l'ordre du jour de la rencontre du Secrétaire d’État américain Mike Pompeo avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov? Y mentionnera-t-on la question très importante, parfois ignorée par les médias, qu'est le problème de la Palestine et des bombardements de la bande de Gaza?

Réponse: Vous le savez, nous ne commentons pas les sommets en raison de la répartition des rôles. Cette question doit être adressée à l'Administration présidentielle.

Je vous suggère de ne pas employer des termes tels que "réunions de percée", les "percées", etc. Je propose d'aborder ces rencontres de manière pragmatique et réaliste. Les relations russo-américaines sont prêtes depuis longtemps pour plusieurs réunions à différents niveaux. L'agenda bilatéral l'exige. Par "agenda bilatéral", je sous-entends avant tout les intérêts des citoyens des deux pays. Un grand nombre de problèmes se sont accumulés et nous en parlons constamment. C'est pourquoi il faut construire ses attentes de manière réaliste en comprenant quelles questions sont à l'ordre du jour (nous le disons constamment).

En ce qui concerne la rencontre entre les deux chefs de diplomatie, nous n'avons encore rien de concret parce qu'elle est à l'étude. Nous partagerons avec vous la date ou le format concret dès que ce sera fixé. Les thèmes qui pourraient être abordés lors d'une telle rencontre sont nombreux: les relations bilatérales avec tous les problèmes actuels, l'agenda international, la Syrie, tous les problèmes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, y compris le processus israélo-palestinien dans le contexte que nous observons malheureusement aujourd'hui. Dans d'autres régions: c'est la situation en Ukraine, le terrorisme international et bien d'autres questions qui nous sont traditionnellement posées dans différents formats. Tous ces thèmes sont évoqués d'une manière ou d'une autre avec les Américains dans différents formats. Si une telle rencontre avait lieu, ces thèmes pourraient être mentionnés.

Question: Récemment, la Secrétaire d’État assistante Alice Wells a déclaré que Washington comptait sur un renforcement du soutien apporté par Moscou à Kaboul. Que pensez-vous de cette déclaration?

A-t-on évoqué la coopération entre la Russie et les USA dans la lutte contre le terrorisme en Afghanistan pendant la visite à Moscou du conseiller du Président américain à la sécurité national John Bolton?

Réponse: Le conseiller du Président Iouri Ouchakov a fait hier un commentaire détaillé sur votre seconde question.

En ce qui concerne la première, je ne comprends pas très bien de quelle coopération il s'agit?

Question: La Secrétaire d’État assistante Alice Wells a déclaré que Washington comptait sur un renforcement du soutien apporté par Moscou à Kaboul.

Réponse: Moscou doit davantage soutenir Kaboul? Nous sommes en mesure de décider nous-mêmes de la manière dont nous construisons les relations entre la Russie et l'Afghanistan. Merci aux collègues américains pour leurs commentaires, mais les déclarations et les actions entreprises par la Russie vis-à-vis de l'Afghanistan témoignent de notre volonté de développer nos relations bilatérales avec ce pays et de régler les questions régionales telles que la lutte contre le terrorisme, la coopération au niveau des organisations internationales et bien d'autres.

Question: Ce 26 juin, le Secrétaire d’État assistant pour l'Europe et l'Eurasie Wess Mitchell a déclaré que les USA comptaient augmenter le volume des fournitures d'armes en Ukraine et en Géorgie. Permettez-moi une citation: "Nous apportons une aide militaire à l'Ukraine et à la Géorgie, qui ont été récemment menacées par la Russie d'usage de la force militaire". Cette déclaration est-elle une rhétorique conflictuelle, une provocation et une ingérence dans les affaires intérieures de deux États souverains? Peut-on considérer cette déclaration comme une violation des principes et des normes internationales en matière de droits de l'homme dans la mesure où les autorités ukrainiennes ne respectent pas le cessez-le-feu sur une certaine partie du territoire ukrainien? Pourquoi livrer davantage d'armes?

Réponse: C'est une question que nous posons habituellement: si tout le monde prône tant la paix, notamment en Ukraine, aux USA et au Canada, et appelle à remplir les Accords de Minsk, qu'est-ce que les armes ont à voir là-dedans? Les Accords de Minsk parlent de mesures complètement différentes à entreprendre par chacune des parties, qui ont pris certains engagements. Malheureusement, nous constatons une situation différente: d'une part l'inaccomplissement par Kiev des engagements dans le cadre des Accords de Minsk (l'inaccomplissement total et global des Accords de Minsk depuis des années), et, de l'autre, les fournitures d'armes, leur annonce et la prise de décisions en ce sens par certains pays occidentaux. Je pense que vous comprenez parfaitement l'effet de soutien apporté à la fameuse rhétorique belliqueuse en Ukraine et qui, malheureusement, est sortie depuis longtemps du cadre du dialogue (des activités militaires actives se déroulent).

Surtout, un appui a été apporté à la partie de l'establishment politique ukrainien qui disait qu'il fallait régler la situation par la force et qui affirmait que les Accords de Minsk étaient inutiles. Je rappelle que quand le Président ukrainien Petro Porochenko est revenu après la signature des Accords de Minsk, cette partie de l'establishment politique l'avait pratiquement accusé de trahison.

Tout cela joue en faveur de la partie de l'establishment politique en Ukraine et des personnes sur lesquelles il s'appuie et qui professent l'idéologie nationaliste. Tout cela s'inscrit dans le cadre de ces idées. Nous voyons avec vous le résultat: le monde entier, y compris les pays éloignés de l'Ukraine, suivent cette situation en retenant leur souffle. Certains y ont apporté leur capital politique, notamment la Chancelière allemande Angela Merkel qui a personnellement participé à l'élaboration de ces accords, a donné ses idées, etc. Ils ont effectivement apporté leur capital politique. Tout cela est balayé par deux facteurs – l'inaccomplissement par Kiev de l'engagement qui est soutenu par certains politiciens et représentants officiels en Occident, et la fourniture d'armes en tant que signal indiquant que le recours à la force serait juste.

Tout cela, toutes ces actions, sont au bord de la catastrophe parce que le plan concret, efficace et appliqué durant une certaine période, les Accords de Minsk, pouvait être mis en œuvre. Le monde a soutenu plusieurs fois à tous les niveaux la pertinence et l'absence d'alternative à ces textes. Ces derniers peuvent être mis en œuvre au profit de l'Ukraine et du peuple ukrainien, et non au profit de quelqu'un d'autre. Mais ces actions tirent un trait sur tout ce qu'ils stipulent et sur tous les efforts entrepris par la communauté internationale pour élaborer et essayer de réaliser ces accords en influençant d'une manière ou d'une autre la partie qui a pris cet engagement.

Question: Dans quelques heures commenceront à Bruxelles les pourparlers entre les dirigeants de l'UE, pendant lesquels sera prise la décision de prolonger ou non les sanctions contre la Russie. C'est une réunion ordinaire, qui est organisée tous les six mois, mais cette fois on s'attend à ce que l'Italie exprime la volonté de lever ces sanctions. Je sais que le Ministère russe des Affaires étrangères préfère ne pas dialoguer avec les pays européens concernant la levée des sanctions en disant qu'en soi, ces mesures sont illégales et infondées. N'est-ce pas le moment d'entamer un tel dialogue puisque l'Europe commence à "se réveiller"?

Réponse: Comment concevez-vous le début d'un tel dialogue? Est-ce que quelqu'un a lancé le dialogue avec nous quand ces sanctions ont été décrétées? C'était une décision des pays de l'Union européenne, prise sous la pression des USA. D'ailleurs, vous allez rire mais récemment j'ai rencontré en France des experts des relations internationales et des représentants du mouvement Jeune génération. La plupart ignoraient qu'il ne s'agissait pas d'une décision souveraine de la France et correspondant aux intérêts nationaux. Ils ignoraient même toute l'histoire de la pression exercée par Washington et Bruxelles. Ils étaient persuadés que c'était bien une décision souveraine de la France. Quand j'ai cité les faits, c'était une découverte pour eux. Comment peut-on ouvrir un dialogue sur une décision prise sans aucun dialogue? Après tout, ce sont leurs décisions intérieures, qu'ils sont les seuls à pouvoir prendre. Comment peut-on en parler?

Aujourd'hui, nous avons reçu une lettre d'un fermier français qui a raconté comment son exploitation n'avait pas seulement subi un coup, mais avait été poussée au seuil de la survie à cause des actions du gouvernement. Il a décrit tout cela et nous a envoyé ce message en disant qu'il nous comprenait, mais qu'il ne comprenait pas les Français.

C'est une lettre concrète que je peux montrer. Vous pensez que la population française ne le comprend pas? Je pense que les autorités doivent parler avec la population. Nous partons du fait que les dirigeants prennent des décisions au nom de leur peuple. Or leur peuple nous écrit pour nous dire qu'il est au seuil de la faillite à cause de ces actions. Ils ne se plaignent même pas. J'ignore pourquoi cette lettre a été écrite, c'est simplement un cri de la raison.

Question: Avez-vous transféré cette lettre au Ministère des Affaires étrangères français?

Réponse: Je pense que cette personne avait la possibilité de le faire si elle le souhaitait. Ce n'est qu'une lettre parmi l'immense nombre de commentaires, de lettres et d'articles à ce sujet.

Durant une conversation à Paris, j'ai dit à mon interlocutrice qu'ils savaient parfaitement que cette décision était avant tout défavorable pour eux. Elle l'a reconnu, tout en disant qu'ils ne pouvaient pas ne pas réagir à la "violation du droit international par la Russie". J'ai suggéré de ne pas entrer dans l'histoire du problème en demandant, d'après leur logique, s'ils estimaient que si la Russie avait enfreint le droit international et que les sanctions avaient été décrétées pour cette raison, y aurait-il des sanctions contre les USA, par exemple, à cause de l'Irak? Ou contre un groupe de pays à cause du Yémen? Ou contre eux-mêmes dans le contexte de l'intervention libyenne? Elle est restée bouche bée.

Mais cette logique est absurde! Comment mener un dialogue? Dire que cela leur est défavorable – ils le savent; qu'ils subissent des pressions – c'est douloureux et désagréable à entendre. C'est ce que l'on m'a dit. Mais parfois la vérité est désagréable. Ils savent parfaitement tout cela, c'est leur décision. De la même manière qu'ils ont pris la décision des sanctions, ils doivent visiblement réfléchir aux conséquences.

La Fédération de Russie n'a pas élaboré tout ce concept, mais vu ce qui s'est passé elle a profité de la situation en en tirant un certain avantage. Vous le savez également.

Question: Il y a quelques jours, le Secrétaire général du Conseil de l'Europe a déclaré que le 30 juin était le dernier jour pour que la Russie verse sa cotisation au budget du Conseil de l'Europe. Est-ce que la position russe change (il reste littéralement 2 jours)?

Réponse: Vous savez, il y a une bonne expression: "Celui qui commande la musique paie". Nous n'avons pas commandé la musique – que devons-nous payer? Il y aura de l'argent quand il y aura de la musique. C'est une image, mais en parlant concrètement, ce sont des adultes – ne savaient-ils pas et ne comprennent-ils pas que sans rétablir le statut de membre de plein droit de la Russie au sein de cette organisation, sur la base des documents et des chartes qui sont déjà élaborés, il n'y aura aucune évolution? C'était évident et nous en avons parlé à de nombreuses reprises. Que peut-on déclarer aujourd'hui? Quels ultimatums fixer?

Question: Permettez-moi une question sur le football. Vous avez certainement visité la rue Nikolskaïa?

Réponse: Non. Premièrement, j'étais en congés les premières semaines. Ensuite, il y a eu un travail très intense lié notamment à la Coupe du monde. Mais je me suis rendue à Samara, j'ai visité toutes les ruelles et rencontré énormément de supporters, le quai (j'ai publié des photos sur ma page Facebook). J'ai été impressionnée par ce que j'ai vu: les supporters, une ville entièrement prête, la place centrale mise à disposition des supporters. Il y avait des scènes, des cafés, des postes médicaux, dont un m'a été présenté en expliquant quels cas avaient été admis impliquant des étrangers et comment ils avaient été réglés. Mais j'ai surtout apprécié le quai. C'est une vue étonnante – la couleur bleue profonde de la Volga, le sable brillant, des plages magnifiques, j'ai surtout été impressionnée par les dispositifs spéciaux de descente pour les personnes handicapées (ce qu'on appelle les "plages accessibles").

Tout cela n'a pas été fait uniquement pour le Mondial, mais c'est lui qui a permis de profiter de toutes ces possibilités car différentes personnes viennent désormais en ville, y compris à mobilité réduite. Nous avons visité toute la ville, l'atmosphère était fantastique. J'ai également des choses à partager avec vous. Quand j'irai rue Nikolskaïa je vous en parlerai, mais la fête se ressent partout, pas besoin d'aller dans une rue particulière.

Question: Lors de la récente visite du Président de la Douma d’État de l'Assemblée fédérale russe Viatcheslav Volodine à Bakou a notamment été évoquée l'attention portée par l'Azerbaïdjan à la langue russe. Viatcheslav Volodine a remercié le gouvernement azerbaïdjanais pour le respect vis-à-vis du russe au niveau de l’État, tout en soulignant qu'il n'existait aucun autre pays avec un nombre aussi grand d'écoles russophones. D'après vous, quel rôle joue, dans l'entretien de relations constructives entre la Russie et ses voisins, l'attitude de ces derniers envers le russe?

Réponse: La question du russe et des possibilités des gens qui sont russophones et ont vécu dans un même grand pays, l'URSS, et qui se sont retrouvés ensuite sur le territoire de pays souverains, est un facteur important pour la Russie. Le gouvernement russe et plusieurs organisations compétentes en ont parlé à de nombreuses occasions – le Ministère des Affaires étrangères, Rossotroudnitchestvo, d'autres ministères et services fédéraux chargés de ces questions. C'est très important pour nous. Nous nous souvenons très bien (même si aujourd'hui, malheureusement, certains l'on oublié) des résultats du référendum pour décider du sort de l'URSS. A l'époque, les gens souhaitaient que l'union reste en place. Mais la vie en a décidé autrement. Contre la volonté générale, ils se sont retrouvés sur le territoire d'autres pays, sachant qu'ils ont accepté ces États et ont commencé à travailler à leur profit. Du point de vue des gens de la fin du XXe-début du XXIe siècle, il est normal de soutenir ceux qui aiment et respectent leur propre culture, leurs racines. Du moins, la Russie construit sa politique nationale et étrangère sur la plateforme des organisations internationales compétentes à partir de cette position, sur cette base. C'est une question très importante pour nous.

A chaque fois, nous constatons les acquis dans différents pays. Bien sûr, l'Azerbaïdjan respect les droits de la population russophone. Cette médaille a un autre revers qui n'est pas du tout opposé. Au contraire (je me permets d'exprimer un point de vue personnel), il est question de ce qui est bénéfique pour les pays, selon moi. Plus une personne connaît de langues, plus elle a de possibilités de se réaliser dans ce monde, qui plus est quand il est question de pays voisins. Car cela profite avant tout aux pays qui offrent aux gens la possibilité d'apprendre une langue, de la parler et de l'utiliser dans leur travail. Cela ouvre des opportunités pour exercer une activité financière, économique et culturelle – trouver un travail, élargir les liens, etc. C'est un processus permettant d'enrichir sa population et les gens qui parlent plusieurs langues, qui plus est, je le souligne, quand il est question d'un État voisin qui offre de grandes opportunités pour la coopération et des projets communs.

Question: Le conseiller du Président américain à la sécurité nationale John Bolton est connu ici comme un fervent russophobe et partisan d'un monde unipolaire…

Réponse: Où ici? Connu de vous?

Question: Non.

Réponse: Alors pourquoi dites-vous des choses que vous ne connaissez pas? Excusez-moi, mais si vous dites qu'il est "connu ici", alors dites où et de qui. Vous avez lu quelque chose de John Bolton? Lisez. J'ai beaucoup aimé son livre Surrender is not an option. C'est intéressant. Pourquoi poser une question si vous la lisez simplement sans savoir de quoi vous parlez?

La rencontre a été constructive. Il y a matière pour les contacts à venir. Elle était consacrée au dialogue sur les relations bilatérales. Il faut l'évaluer à partir de cette position.

Question: Une élection présidentielle importante a eu lieu en Turquie, après laquelle le pays change de forme et devient une république présidentielle. Quelles relations doit attendre la Russie avec la nouvelle Turquie présidentielle dirigée par Recep Tayyip Erdogan?

Réponse: Avec la nouvelle Turquie sous la direction de Recep Tayyip Erdogan, nous construisons des relations respectueuses et mutuellement bénéfiques sur les principes fixés dans les documents bilatéraux.

A suivre…

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