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vendredi 8 juin 2018

Hassan Nasrallah sur les sanctions US : la Résistance au Liban et en Palestine n'est pas à vendre

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 25 mai 2018, à l'occasion de la commémoration du 18e anniversaire de la Libération du Liban.

Traduction : Sayed Hasan (Abonnez-vous au blog, à la chaine Vimeo & à la page Facebook)  



Transcription : 

[...] (Premièrement, nous faisons donc face à) des pressions sur notre base populaire pour la punir (de son soutien au Hezbollah), des pressions psychologiques, morales, financières, économiques, visant à la disloquer, à la diminuer, à l'affaiblir.

Deuxièmement, (des pressions sont exercées sur) nos amis et nos alliés pour leur faire peur et qu'ils commencent à prendre leurs distances (avec le Hezbollah), du fait des craintes (de sanctions).


Troisièmement, et c'est là l'objectif fondamental et le plus important, (ces sanctions visent à) couper nos sources de financement, ce qu'ils désignent comme l'assèchement des sources de financement du Hezbollah, de la Résistance au Liban et des mouvements de Résistance dans la région. Mais ce n'est pas quelque chose de nouveau, ils y œuvrent depuis les années 1990. Nous sommes inscrits sur la liste des organisations terroristes depuis les années 1990. C'est dans le but d'assécher nos sources de financement que s'inscrivent les pressions continues contre la République Islamique d'Iran, qui est notre principal soutien. Et c'est là une marque d'honneur pour la République Islamique d'Iran, cela lui confère un rang et un statut élevé.

Aujourd'hui, quel est le problème des Etats-Unis avec l'Iran ? Vous avez vu les 12 exigences du Secrétaire d'Etat américain (Mike Pompeo) pour qu'ils puissent reconsidérer leurs relations avec l'Iran ? Que veulent-il vraiment de l'Iran ? Qu'il devienne un pays faible, dépourvu de missiles, sans puissance nucléaire civile, exclu (des affaires) de la région, qu'il n'assume aucune responsabilité et n'ait aucune influence au niveau régional, qu'il soit, comme beaucoup de pays, un pays asservi. Que si (Washigton) lui exige 100 milliards, (l'Iran) les paie comptant. Que si (Washington) veut déposer ou mettre en place tel Président, tel roi ou tel prince, (l'Iran) s'exécute. Voilà ce qu'ils veulent de l'Iran. Voilà ce qu'ils faisaient en Iran à l'époque du Shah.

Quoi qu'il en soit, parmi les exigences, il y a l'arrêt du soutien aux mouvements de Résistance, que (Washington) caractérise comme terroristes. Et (Pompeo) a mentionné le Hezbollah et les mouvements de Résistance palestiniens. Ainsi, l'une des raisons de ces pressions contre l'Iran est le fait qu'elle assume (cette responsabilité à l'égard de la Résistance à Israël).

De même, (ces sanctions) exercent des pressions contre tout contributeur ou bienfaiteur qui peut apporter de l'argent ou des dons à cette Résistance, à ses organisations, à ses (familles de) martyrs, à ses blessés, à ses orphelins, à ses Résistants, à son infrastructure, à ses capacités... Tel est leur objectif (assécher tout soutien financier au Hezbollah).

Cela fait partie de la lutte. Je n'en parle pas simplement pour en décrire les aspects, mais également pour déterminer notre responsabilité (face à ces mesures). Elles font partie de la confrontation, de la bataille actuelle. Et nous devons, sur le plan psychologique, comprendre (les visées de) notre ennemi et prendre conscience que cela fait partie de la lutte actuelle.

Il va de soi que lorsque la Résistance au Liban se dresse depuis 1982 et proclame son refus du maintien de l'occupation israélienne au Liban –qui est également une occupation américaine–, son rejet du projet américano-sioniste au Liban, que ce soit sous la forme d'une occupation, de l'imposition d'une tutelle politique, d'une direction politique ou d'accords de paix avec l'ennemi, (lorsque) nous refusons tout cela et luttons, combattons et nous sacrifions, et que nous infligeons une défaite à cet ennemi... Lorsque Israël est le projet primordial pour les Etats-Unis, et la base militaire avancée des Etats-Unis dans la région, et que vous vous mettez en travers de leur chemin, que vous les confrontez et que vous vainquez l'armée (réputée) invincible, que vous l'humiliez et l'expulsez de votre territoire, humiliée, vaincue, fuyarde... Lorsque vous réalisez un tournant stratégique dans la lutte israélo-arabe du fait de ce qui s'est passé en 2000, avec ses répercussions à l'intérieur de la Palestine occupée et le lancement de l'Intifada... Lorsque vous êtes à l'origine d'une transformation culturelle colossale dans la région... Lorsque vous faites face au projet américain, comme cela s'est également produit en 2006, le projet de nouveau Moyen-Orient qui, selon Condolezza Rice, était en train de naître sous nos yeux... Lorsque vous vous dressez face aux projets américano-israéliens et que vous contribuez à les faire effondrer –je ne prétends pas que nous les avons faits tomber à nous seuls, mais nous avons contribué à les faire tomber dans une certaine mesure, selon les lieux, les champs de bataille et les pays... Lorsque vous êtes une force qui refuse l'hégémonie américaine et israélienne sur la Palestine, sur le Liban et sur les pays de la région... Lorsque vous êtes une force qui exigez vos droits en matière de souveraineté, la souveraineté authentique, et non pas la souveraineté en tant que slogan (sans réalité)... Chaque jour, l'ennemi israélien viole notre espace aérien. Hier encore, il a frappé la Syrie depuis les cieux libanais. Où sont donc les (pseudo) souverainistes ? (Je parle de) la souveraineté (authentique) ! Lorsque vous êtes une force qui exige et œuvre véritablement pour la souveraineté, la liberté, la libération (de votre territoire), sa décision indépendante, la non-soumission aux Etats-Unis ou à quiconque dans ce monde, (lorsque vous revendiquez) que le peuple de chaque pays soit souverain chez soi, qu'il prenne lui-même les décisions dans son pays... Lorsque vous ne permettez ni aux Etats-Unis ni à Israël de mettre la main sur (ne serait-ce) qu'un pouce de votre territoire à la frontière, ni sur un (seul) mètre cube de vos eaux (territoriales), ni sur une (seule) goutte de votre pétrole, il est naturel que cet ennemi voie la menace (que vous représentez pour lui), pour ses projets, pour son hégémonie, pour ses intérêts, (car vous êtes) une force qui défend votre peuple, votre nation et votre Communauté, et il ne va pas rester les bras croisés face à vous. Il va (s'efforcer de) vous combattre, de vous tuer, de lancer des guerres contre vous, il va comploter contre vous, etc., etc., etc. Puis, de là, il va vous soumettre à un blocus économique et financier, (vous inscrire sur) la liste des organisations terroristes, assécher vos sources de financement, etc. Cela fait donc (pleinement) partie de la lutte.

Et ceux d'entre nos frères, parmi nos nobles familles, les commerçants, les entreprises, les organisations, les associations, qui sont touchés par (ces sanctions), ils doivent considérer ces dommages comme faisant partie intégrante de la lutte. C'est exactement la même chose que pour la famille qui offre un martyr, qui a un blessé ou un paralysé partiel ou total, qui voit sa maison bombardée durant la guerre et qui se retrouve dans un campement. Au même titre, cela fait partie des sacrifices requis par cette bataille, de même que ceux qui sont touchés et handicapés (par ces sanctions et inscriptions sur la liste des organisations terroristes) doivent considérer ces dommages, premièrement au niveau personnel et psychologique, comme faisant partie des sacrifices (demandés), nous devons considérer cela comme faisant partie des sacrifices sur la voie (de Résistance) que nous avons empruntée, nous devons considérer que cela fait partie de la bataille et y faire face.

Comment y faire face ? Pour y faire face, la question essentielle, comme nous l'avons dit dans certaines batailles, est de faire échouer l'objectif (de ces sanctions). Nous ne pouvons pas riposter à ces inscriptions sur la liste des organisations terroristes (et aux sanctions qui en découlent) par des mesures de même nature, car nous n'avons ni banques, ni devises américaines, ni change du dollar, de l'euro ou autre. Mais nous devons faire échouer leur objectif. Quel est-il ? Leur objectif est d'ébranler notre détermination, la détermination de notre peuple et de notre base populaire. Ils veulent entamer notre volonté, notre détermination et notre résolution, notre persévérance et notre persistance sur cette voie, sur cette ligne et sur cette position. Tant que nous restons résolus, déterminés et endurants, (leurs sanctions) n'ont aucun poids. Et que Dieu en fasse advenir le meilleur. Certes, on subira des dégâts, des pertes, mais cela fait partie des sacrifices requis, tout comme les martyrs, les blessés, les maisons démolies et les usines qui ont été détruites pendant la guerre. Après, Dieu le Très-Haut et l'Exalté a compensé, l'entraide internationale a permis de reconstruire, l'Etat assume sa part de responsabilités, nous assumons nos responsabilités, mais cela fait partie de la voie (de Résistance que nous avons choisie).

Jusqu'à présent, l'expérience leur a montré que la mort, l'assassinat, les guerres, les massacres, les destructions, les réfugiés, et tout ce qui nous a été infligé, à nous et à notre peuple au Liban, n'a aucunement diminué notre volonté, notre résolution et notre détermination. Et par conséquent, dès maintenant, j'affirme que ces mesures ne mèneront à aucun résultat. Elles ne retarderont ni n'accélèreront rien. Qu'elles causent des dégâts, cela est naturel. Comme je l'ai dit, c'est comme pour tous les autres sacrifices : lorsqu'un martyr tombe, le père, la mère et l'épouse sont endeuillés, la femme devient veuve, la mère devient *** (mot sans équivalent désignant la mère qui a perdu son enfant), les enfants deviennent orphelins. Nous sommes des êtres humains, nous avons des sentiments, mais cela fait partie de la lutte. Nous endurons, nous nous appuyons dessus pour aller de l'avant, et nous façonnons des victoires sur ces pertes. Nous ne nous arrêtons pas, nous ne sommes pas apeurés, nous ne reculons pas.

Maintenant, je veux revenir au point que j'ai évoqué au début, j'ai dit que j'allais y revenir. Avant 2000, les capacités de la Résistance étaient très modestes. Et maintenant, il est vrai que les capacités de la Résistance sont très grandes, et elle a besoin d'argent, sans aucun doute. Mais dans le pire des cas, dans le pire des cas, admettons que cette mesure d'inscription sur la liste des organisations terroristes et ce siège financier et économique parviennent à couper une grande partie de cet argent, ou même la totalité de cet argent. Je déclare aux Etats-Unis, à leurs alliés dans la région et à l'ennemi israélien : vous vous trompez lourdement dans la compréhension de cette Résistance et de ce peuple. Où réside cette erreur ? Elle découle de leur culture. C'est qu'ils ne voient leurs amis (alliés) et les gens en général que comme des mercenaires. Tout homme, tout individu, pour les Etats-Unis et leurs alliés ou instruments, n'est pas considéré comme un homme. Ils le considèrent, comme on a dit précédemment pour plaisanter, comme un S avec deux barres (symbole du dollar). De l'argent. Combien d'argent tu vaux ? Combien faut-il débourser pour acheter ta voix (aux élections) ? 100 dollars ? 1000 dollars ? 3000 dollars ? Ou est-ce que (au contraire), ta voix n'est pas à vendre ? Est-ce que ta position peut être renversée avec de l'argent, avec des valises (de billets) ? Si on t'apporte des valises, vas-tu évoluer d'une position à une autre ? Ou est-ce que (au contraire) ta position ne s'achète pas, qu'elle n'est pas à vendre ? Ils ne voient le monde qu'à travers le prisme de l'argent. Ils ne croient pas en les principes. Si on leur dit que telles personnes sont des gens de principe, des patriotes, ils vous demanderont de leur expliquer la signification des termes 'principe', 'patriote', 'humaniste'. Ces concepts
(qu'ils méconnaissent et sont incapables de comprendre) n'ont aucune existence pour eux. Ce qui compte, pour eux, c'est le travail, l'argent, le commerce d'armes, combien tu as d'argent, combien de yachts, combien de banques, que vaut ton pétrole, combien de crédit tu as dans les banques, etc. Telle est ta valeur. Ta valeur n'est pas tes bonnes actions, comme nous dit la tradition prophétique : 'La valeur d'un homme réside dans ses bonnes actions'. Ta valeur est le solde de ton compte en banque.

Leur erreur est de considérer cette Résistance comme des mercenaires de l'Iran, par exemple. Puisque l'Iran donne de l'argent au Hezbollah, ainsi que la Syrie, ils croient que nous sommes des mercenaires, que nous combattons en mercenaires, et que si on nous prive de notre argent, nous cesserons de combattre et changerons de position. Telle est leur erreur fondamentale. Cette Résistance au Liban, en Palestine et dans la région, ces gens qui manifestent chaque vendredi à Gaza ne sont les mercenaires de personne. Ce sont des défenseurs d'une cause. Ces Résistants, ainsi que leur peuple, leurs gens, leur famille, leur base populaire et tous ceux qui sont avec eux, (Washington et ses alliés) doivent savoir que ce sont des gens de principe, des humanistes, des patriotes, défenseurs d'une cause en laquelle ils croient (ardemment), et pour laquelle ils luttent et sont prêts à se sacrifier, et à sacrifier leurs êtres les plus chers et leurs enfants. Ils sont prêts à vivre toute leur existence dans les pires conditions pour que leur cause triomphe. De telles personnes ne peuvent pas être vaincues, ni par des listes d'organisations terroristes, ni par des sanctions, ni par un siège financier, ni par un assèchement de leurs sources d'argent.

Lorsque vous confrontez, au Liban et en Palestine, face à l'ennemi israélien, une volonté populaire, une Résistance populaire et une culture populaire, il vous est impossible de leur infliger une défaite, quels que soient les moyens que vous puissiez mettre en œuvre. C'est pourquoi leur bataille (économique contre nous) est perdue d'avance. Mais à la condition, comme pour la guerre militaire, comme pour toutes les confrontations précédentes, que nous prenions conscience de l'essence de cette guerre (économique), que nous en comprenions l'arrière-pensée et les objectifs, que nous endurions et que nous fassions échouer ses objectifs. Et cela est facile. Car si nous préservons notre détermination, notre résolution et notre volonté, ils ne pourront rien faire du tout. [...]

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