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dimanche 1 juillet 2018

‘Otages des lobbies et marionnettes des USA’ : Pour Assad, il n'y a plus d'hommes d'Etat en Occident

Interview de Bachar al-Assad avec la chaîne TV russe NTV, 24 juin 2018.

Source : https://sana.sy/en/?p=140830

Traduction : Sayed Hasan (abonnez-vous au Blog et à la Page Facebook)

Extraits précédents : Bachar al-Assad révèle les véritables raisons de la guerre en Syrie et L'Occident n'aura aucun rôle dans l'avenir de la Syrie 

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Transcription :

[...] Journaliste : L'un des principaux acteurs (du conflit en Syrie) est les États-Unis, et Trump a tenu sa réunion à Singapour avec Kim [Jong-Un]. Récemment, l'Iran a dit qu'ils ne rencontreront jamais Trump, parce que Kim n'est pas musulman [??? Un tel propos sectaire de la part de l'Iran est impossible et absurde] et qu'il ne comprend pas ce qui se passe, ils ne parleront jamais à Trump. Seriez-vous prêt, s'il le faut, à rencontrer Trump directement ou indirectement ? Pensez-vous qu'il vous est nécessaire de parler à Trump ?

Président Assad : Nous pensons que discuter, parlementer ou négocier avec votre adversaire, et bien sûr avec quiconque, est productif, mais dans ce cas, depuis que nous avons eu la première négociation avec les Etats-Unis en 1974, nous n'avons jamais abouti à quoi que ce soit dans le moindre dossier. Le problème avec les Présidents américains, c'est qu'ils sont otages de leurs lobbies, des grands médias, des grandes sociétés, de la finance, du pétrole, de l'armement, etc. Donc, ils peuvent vous dire tout ce que vous voulez entendre, mais ils feront le contraire ; c'est actuellement le cas, et ça devient même de pire en pire, et Trump en est un exemple très frappant. Donc parler et discuter avec les Américains maintenant sans raison, sans rien obtenir, ne serait qu'une perte de temps. Nous ne sommes pas heureux de parler avec les Etats-Unis simplement parce qu'ils sont les Etats-Unis. Nous sommes prêts à discuter avec quiconque pourrait être productif, et nous ne croyons pas que la politique américaine sera différente dans un avenir prévisible. Donc encore une fois, ce serait simplement une perte de temps maintenant.

Journaliste : Chaque fois que je pense à la Syrie, je me rappelle que vous êtes médecin de carrière, que vous avez vécu longtemps à Londres, que vous avez été intégré dans cette société, et que cette société vous considère maintenant comme un symbole du mal sur la terre, et tout le monde y affirme – dans les journaux, les politiciens – que vous empoisonnez les gens avec des armes chimiques, que vous infligez toutes ces choses horribles à vos propres citoyens. Comment vous sentez-vous à ce sujet ? Cela exerce-t-il une pression émotionnelle sur vous, sur vous et votre famille ? Comment leur expliquez-vous ce qui se passe ?

Président Assad : En fait, sur le plan émotionnel, nous vivons avec le désastre en Syrie depuis sept ans. Donc quand vous avez un désastre plus important, vous ne ressentez pas la pression inférieure, vous ne la ressentez même pas. Je veux dire chaque goutte de sang d'un seul syrien qui a été répandue quotidiennement va susciter beaucoup plus d'émotion que leur faux récit. Voilà pour le premier point. 


Deuxièmement, quand vous savez qu'ils mentent, vous ne ressentez rien d'émotionnel. Vous pourriez ressentir quelque chose s'il y avait des critiques crédibles basées sur des faits et des histoires convaincantes, disons. C'est là que vous pourriez ressentir, disons, de la douleur ou de la pression émotionnelle, etc. Le problème avec l'Occident, c'est qu'ils n'ont plus d'hommes d'Etat. Le substitut des hommes d'Etat et de la vraie politique est la fausse politique, et la fausse politique a besoin de fausses histoires, et les histoires chimiques font partie de ces fausses histoires. En fait, la politique occidentale... Je ne parle pas des gens, seulement des politiciens : ils n'ont aucune morale, ils n'ont aucune valeur. Donc lorsque vous faites face à des gens sans valeurs, sans morale, ils n'ont aucune influence sur votre cœur, votre cerveau ou votre esprit.

Journaliste : C'est probablement ma dernière question : chaque fois que nous allons dans la Ghouta occidentale, nous voyons les signes laissés par Daech ou Al-Nosra : « Nous reviendrons ». Pour nous [Russes], c'est effrayant, parce que nous avons dépensé beaucoup d'argent, nous avons perdu beaucoup de vies en soutenant la Syrie dans sa lutte contre le « califat ». Donc pour nous, il est effrayant qu'un jour ce terrorisme puisse revenir. Quelle est votre estimation ?

Président Assad: Tout d'abord, c'est une idéologie, c'est une idéologie sombre qui a été promue pendant les cinquante dernières années, près de cinq décennies – parce qu'elle a commencé à la fin des années 60, et pas seulement dans les années 90 ou après – dans le monde entier par les wahhabites saoudiens, et bien sûr avec le soutien des États-Unis et de l'Occident en général. C'est donc un danger religieux avec un soutien politique, c'est les deux. Donc ce n'est pas quelque chose de spontané. Ils reviendront, bien sûr, parce qu'ils vont être utilisés encore et encore par les puissances occidentales, mais peut-être sous différentes marques. Ces forces étaient en Afghanistan il y a trente ans et Reagan les appelait les « guerriers saints » (moudjahidines), il ne les appelait pas des terroristes. Maintenant, ils sont appelés terroristes, mais ils utilisent quand même ces terroristes. Peut-être que dans dix ans, ils vont être utilisés quelque part dans le monde sous une marque différente ; le même produit, mais avec une nouvelle marque. C'est donc un outil occidental. C'est pourquoi il est correct de poser des questions sur ce sentiment de danger. Voilà pour le premier point.

Deuxièmement, vous avez raison de ressentir cette inquiétude, même en Russie, mais pas parce que vous avez perdu des vies en Syrie. (Plutôt) parce que vous avez le même terrorisme en Russie. Comment est-ce que je vois les choses ? Si ces terroristes étaient victorieux en Russie, je serais en danger : ils viendraient en Syrie et dans d'autres pays, et vice versa. Donc en défendant les Syriens, vous avez défendu les Russes. Vous avez payé un prix en Syrie pour défendre les Syriens, mais vous défendez aussi les Russes, parce que le terrorisme n'a pas de frontières politiques ; pour eux, c'est un même champ de bataille de la Russie à la Syrie, peut-être jusqu'à l'Indonésie, et peut-être jusqu'au Maroc et à l'océan Atlantique.

Journaliste : Comment pouvez-vous mettre fin à l'occupation dans le nord de la Syrie avec cet accord entre les Etats-Unis et la Turquie ? Manbij est sur le sol syrien ?

Président Assad : Nous avons adopté deux voies : la première et la principale est la réconciliation ; elle a réussi. C'est par la réconciliation que nous avons pu ramener (de nombreuses) zones à la normalité, où les gens mènent une vie normale et où le gouvernement contrôle la vie des gens à travers les institutions. L'autre voie est d'attaquer les terroristes chaque fois qu'ils n'abandonnent pas (le combat) et refusent la réconciliation. Nous allons les attaquer et prendre le contrôle par la force, ce qui n'est pas notre voie préférée, mais c'est le seul moyen de reprendre le contrôle du pays.

Journaliste : Mais ils ont fragmenté le territoire, ils l'ont partagé entre eux, je veux dire les Etats-Unis et la Turquie, ils le considèrent comme le territoire qui contrôle le...

Président Assad : Ne croyez pas cela. Les Etats-Unis contrôlent tout, ils contrôlent la Turquie, ce sont les Etats-Unis qui ont envoyé la Turquie, et il y a cinq ans, ce sont les Etats-Unis qui ont retenu la Turquie lorsque Erdogan a voulu envahir la Syrie, ils lui ont dit non. Pourquoi ? Parce qu'à l'époque, les terroristes gagnaient sur le terrain, ils progressaient, alors quel besoin
les Etats-Unis avaient-ils d'Erdogan ? Quand les terroristes ont commencé à battre en retraite, ils ont dit à Erdogan qu'il pouvait interférer maintenant, parce que ça allait mieux pour les Syriens, pour les Russes, pour les Iraniens et pour les groupes qui combattent les terroristes (Hezbollah, etc.), alors vous feriez mieux d'intervenir pour leur compliquer la tâche. C'est ce qui se passe, mais toutes ces zones sont sous le contrôle des États-Unis, et de personne d'autre.

Journaliste : C'est pourquoi ils exercent une telle pression sur l'Iran ? C'est ce que vous voulez dire ?

Président Assad : Exactement, pour différentes raisons, mais en fin de compte, les Etats-Unis contrôlent Daech à l'est, ils soutiennent Daech à l'est, ils soutiennent al-Nusra à Idlib dans le nord-ouest, et ils soutiennent al-Nusra, Daech et d'autres factions dans le sud, mais ils assignent des rôles différents à différents pays. Parfois, ils demandent aux Turcs (d'intervenir), parfois ils le demandent aux Saoudiens, parfois au Qatar, et ainsi de suite, mais tous ces pays, y compris les Français et les Britanniques, sont tous des marionnettes et des satellites américains, pour être très simple et clair.

Journaliste : Merci beaucoup.

Président Assad : Merci.





 

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