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mardi 18 septembre 2018

Iliouchine Il-20 russe abattu en Syrie : Poutine a-t-il plié face à Israël ?

Voir ci-dessous la transcription complète des déclarations du Ministère de la Défense russe et de Vladimir Poutine au sujet de l'incident. 

Par Sayed Hasan

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Suite à un raid sans précédent de 4 avions de chasse israéliens qui a délibérément mis en danger les personnels et installations russes en Syrie, un avion de reconnaissance Il-20 transportant 15 militaires russes a été accidentellement abattu, apparemment par la défense anti-aérienne syrienne. La déclaration du Ministère de la Défense russe, d'une rare fermeté, a clairement identifié Israël comme le seul responsable, se réservant « le droit de répondre en conséquence. »


Cependant, la déclaration subséquente de Vladimir Poutine semble aller dans le sens d'un amenuisement de l'importance de cet incident, et même dédouaner Israël de toute responsabilité, parlant simplement d'une « série de circonstances tragiques. » Comment réconcilier ces deux déclarations ? Et quelles sont les causes et les conséquences prévisibles de cet événement ? 



Rappelons le contexte. Après sept ans d'une guerre hybride mondiale, la Syrie est en phase d'être complètement libérée de la présence terroriste, confinée à la région d'Idlib, ce qui enterrera définitivement le projet de destruction de la Syrie porté par les Etats-Unis, Israël et leurs vassaux d'Europe et du Golfe. Cette victoire permettra aux forces syriennes et à ses alliés de l'Axe de la Résistance de se consacrer pleinement à la lutte contre Israël, qu'ils n'ont jamais perdue de vue. Un véritable cauchemar pour Tel-Aviv, qui, luttant contre le destin, s'efforce de repousser cette échéance inéluctable et de perpétuer les combats en Syrie.

Depuis la libération d'Alep et du sud, les ennemis de la Syrie cherchent désespérément à faire dérailler toute résolution politique ou militaire du conflit. Leur but est sinon de provoquer une conflagration de grande ampleur, du moins de façonner le moindre incident-prétexte qui puisse justifier des frappes qui affaibliront sérieusement l'Armée Arabe Syrienne et le gouvernement de Bachar al-Assad. La veille de cet incident, Israël avait réalisé un acte similaire, frappant un avion-cargo iranien et tuant son copilote. De telles provocations ne révèlent pas une position de force ni même un acteur rationnel, mais bien plutôt un pays aux abois qui ne recule pas devant les actes les plus insensés et les plus lourds de conséquences (entrer en confrontation directe avec l'Iran, puis avec la Russie), si futiles qu'ils soient, car il est impossible d'empêcher la libération finale de la Syrie ou même le transfert d'armes au sein de l'Axe de la Résistance. La France a également participé à l'agression-provocation contre la Syrie, les radars russes ayant enregistré des tirs de missiles depuis la Frégate Auvergne contre des cibles qui restent inconnues. En vain.

La Russie, la Syrie et leurs alliés ne se laisseront pas détourner de leur priorité, à savoir la libération d'Idlib, qu'ils préfèrent retarder plutôt que de permettre des mascarades chimiques ou autres prétextes humanitaires. Ils ne répondront pas aux provocations de manière inconsidérée et ne se laisseront pas entraîner dans une escalade, sachant prendre leur mal en patience et attendre que les circonstances les plus propices soient réunies, à la fois en Syrie et sur la scène internationale – les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, qui se tiendront début novembre, sont une échéance importante, après laquelle des frappes américaines seraient moins probables. L'accord conclu entre la Russie et la Turquie doit également affaiblir les terroristes à Idlib, la Turquie étant chargée d'implémenter une zone démilitarisée qui concentrera les forces hostiles au gouvernement syrien sur un espace plus restreint. En attendant, la Syrie continue à se reconstruire, à se renforcer, et à rallier davantage de combattants à la réconciliation, tout en préparant l'inévitable offensive finale. 2018 sera très certainement la dernière année de présence de Daech/Al-Qaeda, et celle de la libération de tout le territoire syrien.

Contrairement à Israël et aux pays impérialistes, Poutine n'est pas un adepte de la rhétorique des bravaches (rappelons que ni la France ni Israël n'assument leurs frappes) et se soucie peu des apparences. Il préfère avancer ses pions discrètement, quitte à paraître faible, plutôt que de se laisser aller à des réactions épidermiques, de découvrir ses intentions ou de faire le jeu de l'adversaire. Il préfère le prendre à contre-pied, le rassurer faussement avant de le frapper (directement ou indirectement), ou même le menacer pour mieux le rallier. Il suffit de se souvenir de sa réaction particulièrement virulente après l'incident de l'avion russe abattu par la Turquie, qui n'avait pas été suivie d'effets (la Turquie a présenté ses excuses et rejoint, dans une certaine mesure, l'alliance russo-iranienne), ou à l'apparente passivité qui a suivi le coup d'Etat en Ukraine, avant l'intégration de la Crimée à la Fédération de Russie que personne n'avait vue venir – tout comme l'intervention russe en Syrie. Ce n'est que lorsque toutes les pièces sont en place que la Russie passe à l'action, se concentrant sur les champs de bataille et non sur les relations publiques. Il lui suffit de fait preuve de constance dans sa politique extérieure et de fidélité à l'égard de ses alliés.

Il en va de même pour lesdits alliés, qui visent eux aussi le moyen et long terme et savent que le temps joue en leur faveur. A-t-on vu le Hezbollah, l'Iran ou la Syrie riposter aux innombrables provocations d'Israël en frappant l'intérieur de l'entité sioniste ? Très peu (le Hezbollah en janvier 2015 et la Syrie en mai 2018). Mais comme Israël en est bien conscient, l'Axe de la Résistance, aujourd'hui étendu à l'Irak et au Yémen, est plus fort que jamais, et toujours aussi résolu à libérer les territoires occupés, en commençant par le Golan, sur lequel il a déjà les yeux rivés, se préparant activement à la Grande Guerre de Libération de la Palestine.

La Russie est en Syrie pour y mettre fin à la présence terroriste et garantir la stabilité de l'Etat syrien, et n'a aucune envie de prendre part à une guerre régionale ou de provoquer une troisième guerre mondiale. Mais concernant cet incident particulier, Poutine a clairement souligné 1/ qu'il approuve pleinement la déclaration du Ministère de la Défense russe, qui a été coordonnée avec lui ; 2/ qu'il attend les résultats d'une enquête approfondie avant de se prononcer définitivement ; 3/ qu'il y aura un niveau de réaction qui sera immédiatement visible de tous, ce qui sous-entend que d'autres mesures ne seront pas (immédiatement) connues du public. Nul besoin d'imaginer les défenses anti-aériennes russes abattre tout avion israélien qui survolerait la Syrie ou les installations russes ; mais on peut être sûr que les défenses syriennes, qui ont déjà fait leurs preuves, seront grandement renforcées, et que les cieux syriens et libanais se feront toujours plus dangereux pour Israël.

Il est certain que cette tragédie ne sera pas oubliée en Russie, et ne fera que renforcer son alliance avec l'Axe de la Résistance et son éloignement avec Tel-Aviv, tant au niveau des relations diplomatiques que de l'opinion publique russe, légitimement outragée par cet acte criminel odieux – prévenir les forces russes moins d'une minute avant les frappes est un acte de chutzpah typique. Israël ne perd rien pour attendre, bien au contraire, même si son hybris meurtrière – ou plutôt suicidaire – semble pour le moment pardonnée.

Sayed Hasan

Déclaration officielle du Ministère de la Défense russe par son porte-parole Igor Konashenkov

18 septembre 2018

Source : http://www.vesti.ru/doc.html?id=3061734&cid=4441

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.com




Transcription :


Le 17 septembre vers 22h00, quatre F-16 de l'armée de l'air israélienne ont lancé un raid aérien contre des installations syriennes à proximité de Lattaquié. Le ciblage et les frappes ont été réalisés à basse altitude depuis la mer Méditerranée. Les jets israéliens ont délibérément créé une situation dangereuse pour les navires et les avions situés dans cette zone. La frappe a été réalisé à proximité de la frégate française Auvergne et de l'avion russe Il-20 qui était en phase d'atterrissage.

Les pilotes israéliens ont utilisé l’appareil russe comme bouclier contre la défense antimissile syrienne. En conséquence, le Il-20, dont la surface de réflexion effective est supérieure à celle du F-16, a été abattu par un missile antiaérien S-200. Les installations de contrôle aérien israéliennes et les pilotes des F-16 ne pouvaient pas manquer l'avion russe car il descendait depuis une altitude de 16 000 pieds. Pourtant, ils ont délibérément exécuté cette provocation.  
Israël n'a pas prévenu le commandement des forces russes en Syrie de leur opération. Celui-ci a reçu un appel via la hotline moins d'une minute avant la frappe, ce qui l'a empêché de guider l’avion russe vers une zone de sécurité. Une opération de sauvetage est actuellement en cours sur le site du crash de l'Il-20.

Nous considérons ces actes provocatrices d’Israël comme hostiles. Les actions inconsidérées de l'armée israélienne ont tué 15 militaires russes. C'est absolument incompatible avec l'esprit du partenariat russo-israélien. Nous nous réservons le droit de répondre en conséquence.

Conférence de presse de Vladimir Poutine et Viktor Orban suite à des pourparlers russo-hongrois

Kremlin, le 18 septembre 2018.

Source : http://en.kremlin.ru/events/president/news/58586

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.com


Transcription : 

[...] Je voudrais dire quelques mots au sujet de la tragédie que vous avez mentionnée. Lorsque des gens meurent, en particulier dans des circonstances si malheureuses, il s’agit toujours d’une tragédie, une tragédie pour nous tous, pour la nation et pour les familles de nos concitoyens qui ont perdu la vie.

Tout d’abord, je voudrais exprimer mes condoléances aux familles des morts. En ce qui concerne votre comparaison avec notre avion abattu par un avion de chasse turc, la situation était différente. L'avion de chasse turc a délibérément abattu notre avion.

Dans ce cas, il s’agit plutôt d’une série de circonstances tragiques, car ce n'est pas un chasseur israélien qui a abattu notre avion. Il va sans dire que nous devons aller au fond des choses. Notre attitude face à cette tragédie est exposée dans une déclaration de notre ministère de la Défense qui a été entièrement coordonnée avec moi. 

En ce qui concerne nos actions de réciprocité, elles viseront principalement à assurer davantage de sécurité à nos forces armées et à nos installations en République Arabe Syrienne. Ce sont les étapes qui seront vues par tous.

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